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Vous ne le savez sans doute pas, mais depuis le 22 janvier 2024, il est possible de faire un arrêt de travail dématérialisé. Comment ça marche ? Ou plutôt comment ça ne marche pas… Lisez la suite !

Il était question depuis longtemps de dématérialiser les arrêts de travail, ce qui paraissait être une bonne idée ! Moins de papiers et d’administratif pour tout le monde, je valide à 100 %. Oui mais voilà, ce n’est pas tout à fait comme ça que le procédé s’est mis en place.

Le médecin qui veut faire un arrêt de travail doit informer le patient de la procédure :

« – Taote comment ça marche alors ?

– Tu dois télécharger une application qui s’appelle A Turu et valider ton arrêt de travail dans les 48h. Moi je transmets directement à la CPS par le site des professionnels de santé. »

Les réactions des patients sont alors mitigées :

  • Iiiiaaaaa taote, c’est trop compliqué moi je préfère le papier je suis nul en informatique.
  • Trop cool ! Ça m’évite d’aller déposer mon arrêt chez mon employeur parce qu’il ne prend que l’original ! Je télécharge l’application de suite !

Et puis il y a les autres, qui téléchargent l’application mais qui n’arrivent pas à se connecter (la connexion nécessite d’avoir activé son compte Tatou). L’application leur dit « problème technique, rapprochez-vous de votre antenne CPS ». Sauf que dans ce cas, ils ne vont bien sûr pas aller à la CPS qui est déjà fermée depuis longtemps, mais ils vont nous rappeler au milieu d’une consultation pour nous demander de refaire l’arrêt de travail en papier (« s’il-te-plé taote »). Je pense que ça m’arrive environ une fois sur deux, et ça m’énerve encore plus de devoir refaire un truc que j’ai fait plus tôt dans la journée, de devoir l’insérer au milieu des autres tâches administratives qui s’accumulent à la fin de la journée.

Et enfin, il y a un autre problème : celui du malade qui vient te voir le lendemain du début de sa maladie. Il est parti du travail dans l’après-midi parce qu’il a eu la gastro mais il était trop K.-O et gêné pour venir au cabinet médical. Du coup, il vient le lendemain mais il demande un arrêt de travail depuis la veille. Eh bien figure-toi que je ne peux pas mettre la date de la veille sur le site de la CPS.

Alors moi, j’aurais plein de questions à poser à la CPS sur le sujet comme : pourquoi ne pas pouvoir dater l’arrêt de la veille (comme en Métropole d’ailleurs) ? pourquoi créer une nouvelle application alors qu’il existe un site dédié pour chaque partie concernée (le patient, le professionnel de santé et l’employeur) ? On ne pouvait pas pei relier les trois ? Le procédé a-t-il été testé par des médecins ? Non mais parce que franchement, depuis un mois, je dois faire 95 % d’arrêts papiers et 5 % d’arrêts dématérialisés, soit parce que ça ne marche pas et que le patient revient, soit parce que le patient n’a pas envie de télécharger l’application.

En somme, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? C’est peut-être comme ça qu’ils y ont réfléchi à la CPS…

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