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Derrière le hublot se dessine Otemanu, pic dressé au milieu du lagon et d’une symphonie de bleus. Vingt-deux heures de voyage pour traverser la carte, de droite à gauche, et pour mettre à mal les fuseaux horaires. Les longitudes se confondent.

Vingt-deux heures dérisoires à se laisser porter vers l’île du jour d’avant. A attendre que mon corps, mû par une force extérieure, se laisse déplacer à l’autre bout du globe. Sans effort.
Voyager n’a plus rien d’épique. Exit la lutte contre les éléments. Au pire, quelques turbulences au-dessus de Tahiti. Exit la survie sur le bateau. L’on pestera seulement contre le petit snack qui fait payer 1 000 Fcfp le sandwich et 500 francs le coca. Nuls, la découverte et l’accomplissement personnel. L’île est toujours déjà découverte et les photos-type carte postale ont déjà fuité. Je voyage avec ma représentation préconstruite. Dépitée de ne rien découvrir à l’issue d’un voyage assisté, trivial, tout-sauf-épique, je descends sur le tarmac. Et fatiguée, d’avoir mal dormi dans trois avions, je blâme le jet-lag, nouveau mal du siècle …

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