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Un article de « Science et Vie » rappelle l’importance de l’atoll de Clipperton, l’île de la Passion, dans la course mondiale vers les nodules polymétalliques, ces concrétions minérales présentées comme la clé d’un futur « vert » pour une planète électrique peuplée de licornes et de fées bienveillantes. Le texte montre que la France n’est pas en retard. Elle avance avec une approche plus réfléchie, plus écologique, alors que d’autres pays et entreprises poursuivent des profits rapides au détriment d’un écosystème que nous commençons à peine à comprendre.

Science et Vie : l’article, mon résumé 

Clipperton, longtemps oublié, redevient un point stratégique. Peut-être ancien repaire de pirates et refuge du corsaire anglais John Clipperton au XVIIIe siècle, l’île, en forme d’anneau corallien, se trouve à plus de mille kilomètres des côtes mexicaines. Isolée, battue par les vents, elle a longtemps été un simple point perdu dans le Pacifique. Aujourd’hui, elle reprend sens : non plus comme vestige colonial, mais comme atout juridique et scientifique pour la France.

Le jour de sa démission, le 18 mars 1986, M. Bergovoy, ministre des Finances, signe un arrêté classant l’atoll dans le domaine public, sous tutelle des DOM-TOM, au centre de l’eldorado théorique du XXIe siècle.

Sous souveraineté française, Clipperton offre un droit exclusif sur une large zone économique, riche en ressources minérales. Ce territoire n’est pas qu’un symbole : il donne à la France un levier légal et logistique dans l’exploration des grands fonds. Autour de l’atoll, les plaines abyssales abritent ces « boules de pétanque » polymétalliques formées sur des millions d’années, entre quatre et six mille mètres de profondeur. Elles contiennent du manganèse, du nickel, du cuivre et du cobalt — des métaux essentiels à la transition énergétique, aux batteries et aux éoliennes. Les grands fonds deviennent une nouvelle frontière, immense et complexe, que la technologie seule rend accessible.

Mais Clipperton reste difficile d’accès. Pas de port, pas d’infrastructure, un sol plat exposé aux tempêtes. L’isolement rend toute opération coûteuse et risquée. Les planificateurs français ont donc redéfini son rôle : non pas une base, mais un point d’ancrage légal pour les activités menées dans la zone Clarion-Clipperton, vaste plaine abyssale entre Hawaï et le Mexique, parmi les plus riches en nodules du monde. Clipperton se trouve à l’extrémité est, mais son statut permet à la France de conduire des recherches dans les eaux voisines.

L’article décrit une série de missions scientifiques, de campagnes de cartographie et de tests. Les navires français sondent les fonds à l’aide de sonars et de robots sous-marins, en coordination avec l’Autorité internationale des fonds marins. Pour collecter les nodules, un robot expérimental a été conçu : le FLA, porteur libre autonome. Cet engin articulé, muni de bras d’aspiration et de capteurs, fonctionnera seul sur le fond marin. Il rampera, franchira les reliefs, prélèvera et transmettra ses données en temps réel.

Avant son envoi dans le Pacifique, une maquette du PLA a été testé à Toulon. Pression, manœuvrabilité, contrôle des sédiments : tout a été vérifié. Une coupe schématique montre le futur : un navire à la surface et, cinq mille mètres plus bas, le robot progressant lentement sur le plancher océanique. L’image souligne la profondeur, la complexité du terrain et la précision nécessaire.

L’exploitation des grands fonds reste coûteuse. Elle dépend de la profondeur, de la consommation d’énergie, du taux de récupération, du prix des métaux et des exigences environnementales. La France mise sur des systèmes autonomes pour réduire ces coûts. Mais tout dépendra des avancées techniques et du cadre international. La prudence domine.

Les autres nations avancent aussi. Les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et d’anciennes puissances soviétiques développent leurs propres engins. La compétition est scientifique, économique et géopolitique. Maîtriser les ressources des abysses, c’est garantir l’accès futur aux métaux stratégiques. Grâce à son statut souverain, la France détient un avantage : sa zone économique exclusive lui permet d’explorer sans ingérence. Certains y voient une carte au trésor que d’autres ne peuvent légalement toucher.

Au-delà de ces zones, l’exploitation est régie par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et par l’Autorité internationale des fonds marins. Mais le contrôle reste limité, et les inquiétudes écologiques augmentent. Les chercheurs alertent : perturber ces milieux peut détruire des habitats jamais étudiés, des coraux lents à croître, des écosystèmes microbiens rares. Le PLA est conçu pour limiter les perturbations, mais les effets à long terme restent inconnus. L’article appelle à poursuivre la recherche, à renforcer la coopération internationale, et à concilier intérêts économiques et respect du vivant.

Les risques sont bien réels. L’extraction pourrait soulever des nuages de sédiments capables d’étouffer les écosystèmes, de rompre les chaînes alimentaires, d’effacer des espèces encore inconnues. Ces panaches peuvent se propager sur des centaines de kilomètres. Dans les abysses, la vie évolue lentement ; une perturbation, même faible, peut durer des décennies. Les conséquences seraient multiples : stratégiques, économiques, sociales.

Clipperton n’est plus un confetti oublié. Il devient un miroir de notre temps, symbole des dilemmes du XXIe siècle. Son fond marin représente autant une promesse qu’un avertissement. Stratégiquement, il renforce la présence maritime française. Économiquement, il ouvre la voie à de nouvelles ressources. Socialement, il pose la question de la responsabilité collective face aux biens communs de la planète.

L’article se conclut sur une idée simple : Clipperton, longtemps effacée, retrouve une place centrale. Une plage vide, un robot glissant vers les profondeurs, une carte reliant l’atoll au Mexique : autant d’images qui racontent une redécouverte. Celle d’un territoire isolé devenu acteur de l’exploration du futur.

(Crédits : Illustrations et photos Science et Vie)

J’ai mal à la France !

Ce texte de Science et Vie souligne une approche environnementale lucide et une avance technologique indéniable. Il fait écho à une France des années 1970-1980, audacieuse, inventive, où la recherche et la conscience écologique marchaient ensemble. C’était aussi l’époque du TGV, du Concorde, du Minitel, des fusées Ariane, du paquebot France. C’était une France qui croyait au progrès, sans renoncer à la mesure. Une France qui travaillait, tirait vers le haut, refusait la médiocrité, se faisait respecter, une France que j’aime plus de loin que quand j’y retourne. C’était « ma France », celle de mon enfance dans les années 60, un Général à la télé, noir et blanc, la Marseillaise après un discours, celle du respect de la famille, du travail, des valeurs, des anciens, des institutions, du curé, des enseignants, du docteur, du militaire, du policier, et la discipline, la loi, le service national ; Celle des PTT, de la SNCF, de l’EDF-GDF, des services publiques qui servaient , bien avant d’avoir appris à se servir… Aaaargh… les Beauf sont au pouvoir, les Beaufs sont dans la rue… j’ai mal à ma France !

Dès les années 1970, Cette France explorait déjà les abysses, identifiait les nodules, testait ses premiers robots et mesurait les risques. En 1986, Science et Vie mettait déjà en garde contre une exploitation aveugle des fonds marins. Alors que le monde rêvait d’un futur « vert », la France savait déjà que la conquête du progrès exigerait plus que des promesses.

Oui, vous avez bien lu : cet article résumé ici date de 1986 ! Le texte, les photos, les graphiques sont toujours d’actualité ce qui prouve mon propos. Il y a quarante ans, la France était largement en avance, et maintenant ? Après avoir découvert ce magazine, j’ai même contacté l’Ifremer pour commentaires, pour en apprendre plus sur le projet, les maquettes, le destin de cette aventure en avance sur son temps. Réponse : « Pouvez-vous nous en envoyer une copie, on n’a rien trouvé chez nous » !

Clipperton aussi a mal à la France !

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