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Les 5, 6 et 7 juin derniers, Tahiti est devenue pour quelques jours, à l’instar de New York, de Dubai ou de Paris, la capitale de la blockchain, en accueillant le Polynesian Islands Crypto Summit, un événement d’envergure internationale selon la présentation des organisateurs (lire notre interview d’Hellmouth Banner ici). Trois jours de conférences par une quinzaine de spécialistes, ont permis aux participants de s’informer sur le metaverse, le Web-3, les crypto-monnaies et autres « tokens » (jetons en français), dont certains non fongibles (NFT). Au-delà de l’information sur les écosystèmes des monnaies et autres actifs certifiés via la blockchain, le sommet souhaitait démontrer « les potentiels de croissance, de développement et d’emploi offerts par le secteur, au bénéfice de la Polynésie française et des Polynésiens ». Connaissant le rôle essentiel de l’innovation, du dynamisme entrepreneurial, on ne peut qu’applaudir devant cette initiative et souhaiter qu’une contribution à la croissance de l’économie et des emplois puisse effectivement résulter du développement de ce secteur. Et pourquoi pas en Polynésie française ?

Au cœur du système, se trouve la blockchain, mécanisme décentralisé de transmission et de stockage des données permettant une sécurisation des échanges et des actifs qui y sont enregistrés. Pour les monnaies, ce n’est évidemment pas la dématérialisation qui est révolutionnaire. On connaît cela depuis longtemps avec la monnaie dite « scripturale », dont les échanges sont enregistrés sur nos comptes bancaires. Même la monnaie en pièces ou billets, dite fiduciaire (du latin fiducia, « confiance »), implique la confiance en l’État qui en impose l’usage, car la valeur intrinsèque des pièces ou des bouts de papier que sont les billets est largement inférieure à leur valeur nominale. Confiance, réputation, contrôle, sont des ingrédients essentiels d’un système monétaire et financier. La révolution due à la technologie de la blockchain réside dans le fait que le grand livre dans lequel sont enregistrées et certifiées les transactions est contrôlé par un mécanisme de cryptographie confié à la communauté des « mineurs » d’information. L’utilité de l’innovation réside ainsi dans la possibilité de transactions sécurisées sans avoir à confier leur authentification et la sécurité du système à des organismes tiers comme les banques, ou autres institutions contrôlées de façon ultime par les États …

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