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La Chambre territoriale des comptes (CTC) a procédé au contrôle des comptes et de la gestion sur les exercices 2019 et suivants de l’établissement public industriel et commercial – ÉPIC – Vanille de Tahiti, dénommé communément l’EVT. Et de recommander la fermeture pure et simple de l’établissement. Une suggestion qui n’est pas au goût du ministre de l’Agriculture qui s’y oppose clairement. En effet, Taivini Teai envisage plutôt la création d’une société d’économie mixte (SEM), qui pourrait également être en charge d’autres « plantes à haute valeur ajoutée ».

Cela fait maintenant deux ans que notre rédaction a été alertée sur le climat anxiogène qui plane au-dessus de l’EVT, pointé du doigt aussi pour ces dysfonctionnements. En avril 2023, nous avons publié un premier article : Plaintes pour « harcèlement moral » et « détournements de fonds publics » : ça ne sent pas bon à l’EPIC Vanille de Tahiti… Puis un second papier est sorti en juillet 2023 dans PPM, intitulé EPIC Vanille de Tahiti : nomination d’une nouvelle directrice, à l’heure de la recrudescence des trafics « d’or noir ».

Aujourd’hui, dans un long rapport d’une centaine de pages, la CTC épingle l’EVT et ne formule qu’une seule recommandation : la suppression de l’établissement, ce qui notamment en cas de reprise de la mission par le Pays, ne pénaliserait pas les professionnels de la filière.

Un dispositif de soutien inefficace

L’Établissement public industriel et commercial vanille de Tahiti (EVT), créé en 2003 par la collectivité de Polynésie française, avait pour ambition de relancer la production et l’exportation de la vanille locale.

Cependant, plus de vingt ans après sa mise en place, un rapport de la Chambre territoriale des comptes dresse un bilan accablant de son fonctionnement et de son efficacité. Alors que la production visée était de 100 tonnes de vanille mûre en 2020, seuls 40 tonnes ont été récoltés, malgré d’importants financements publics.

Une gestion critiquée et une autonomie illusoire

Doté de prérogatives allant de la recherche à la commercialisation en passant par la distribution d’aides aux exploitants, l’EVT est un organisme unique en son genre en Polynésie. Toutefois, sa gestion est jugée inefficace et marquée par des lacunes dans le suivi des subventions.

Son financement repose majoritairement sur des fonds publics, alors qu’en tant qu’ÉPIC, il aurait dû atteindre une autonomie financière. De plus, les tensions internes et les problèmes de gouvernance pèsent sur l’efficacité de l’établissement.

Une production en déclin et des professionnels peu impliqués

Malgré la mise en place de divers programmes de soutien, la production de vanille en Polynésie française est en net recul depuis les années 1960. Si la vanille tahitienne jouit d’une réputation de qualité, elle ne dispose toujours pas d’une indication géographique protégée (IGP), ce qui fragilise sa position sur le marché international.

En outre, l’implication des professionnels de la filière reste insuffisante, démontrant un manque d’appropriation des outils mis en place par l’EVT.

Une dissolution recommandée

Face à ce constat d’échec, la Chambre territoriale des comptes recommande la fermeture pure et simple de l’EVT. Cette dissolution permettrait une restructuration de la filière, avec un redéploiement des compétences vers d’autres organismes et une responsabilisation accrue des producteurs.

Alors que le gouvernement prévoyait d’intégrer certaines activités de l’EVT à un nouvel office de développement agroécologique, cette mesure tarde à se concrétiser. L’avenir de la vanille de Tahiti dépendra donc de la capacité des autorités et des acteurs de la filière à repenser en profondeur son mode d’organisation.

Lire le rapport complet ci-dessous :

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