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Bien que cet article se propose de parler de l’écrivain Jimmy M. Ly, il est indispensable dans sa biographie d’évoquer ses nombreux engagements associatifs qui ont précédé l’écriture afin que les lecteurs comprennent sa démarche. Pour information, nous écrivons Jimmy Ly quand nous parlons de la personne et Jimmy M. Ly quand nous le citons comme auteur. Notre portrait a été rédigé après de nombreuses lectures et d’écoutes d’interviews de cette personnalité incontournable de la communauté hakka en Polynésie, dont la maman n’était autre que la fameuse couturière Marie Ah You. Invité à l’occasion des festivités du Nouvel an chinois du Lièvre d’eau, Jimmy M. Ly sera présent avec ses livres au Temple Kanti de Mamao, dimanche 29 janvier, à partir de 8 heures.
Photo de Une : Jimmy M. Ly, dans le magasin de sa maman Marie Ah You (avec la gracieuse autorisation de Julien Gué)

LA BIOGRAPHIE

Né le 1er janvier 1941 à Papeete dans une famille hakka, descendant de la 3e génération, Jimmy M. Ly eut la particularité, tout en étant hakka, de naître avec la peau très blanche, les yeux bridés mais verts, et les cheveux blonds à l’époque, ce qui l’a sûrement prédisposé très tôt à se poser la question de l’identité. Il vécut une enfance très heureuse à Papeete auprès de sa famille : sa maman n’était autre que la fameuse couturière très connue Marie Ah You, son père, ses oncles et tantes l’entouraient. Il était, dit-il dans une interview, « le roi de la famille ». Baptisé catholique, il suivit une très brillante scolarité à l’école des Frères où il apprit, non sans souffrances, confie-t-il, le français qui n’était pas sa langue maternelle. Ses grands succès scolaires sanctionnés par la réussite du Brevet conduisirent ses parents à vouloir le pousser le plus loin possible dans les études qui s’arrêtaient au BEPC à Tahiti, ce qui nécessitait un départ pour la France pour l’obtention d’abord d’un Baccalauréat, puis pour entreprendre des études supérieures (ce qui paraissait aux Chinois de Polynésie, avant le CEP, la meilleure façon d’obtenir une bonne situation).  Le « boom économique » de l’après-CEP n’avait pas encore eu lieu, donc le commerce ou travailler la terre ne garantissait pas forcément des revenus très satisfaisants. Ainsi donc, « le rêve s’est déchiré »…&nbsp …

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