« Lapidiales 2023 » : des sculpteurs océaniens œuvrent pour la Galaxie des pierres levées

Inauguré le 24 juin dernier, dans le sud-ouest de la France, le champ de mégalithes est une œuvre monumentale et collective entamée il y a une vingtaine d’années, qui célèbre les cinq continents. Les Lapidiales, une association loi de 1901, met cette année les cultures de l’Océanie à l’honneur. Deux Polynésiens, Jonathan Mencarelli (Moorea) et Paulin Tamarii (Marquises), et deux Néo-Zélandais font notamment partie des huit artistes internationaux en résidence pour cet événement grandiose.
(Photo mise en avant : Fronton taillé par l’artiste maori Paora Toi-Te-Rangiuaia pendant trois sessions)

Jonathan Mencarelli, devant sa sculpture en cours de réalisation

Depuis plus de 20 ans, les Lapidiales, une association fondée en 2000 par Alain Tenenbaum, accueille des sculpteurs sur pierre en résidence dans le village de Port-d’Envaux, une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime. Les artistes étaient d’abord invités à sculpter sur les fronts de taille des anciennes carrières d’extraction, puis faute de place sur des mégalithes de 2,3 mètres de hauteur x 0,80. Au fil du temps, le projet artistique a évolué et les réalisations vont intégrer cette année l’œuvre unique de la Galaxie des pierres levées, champ de sculptures composé de 360 sculptures qui matérialisent les cultures des cinq continents.

Cette ancienne carrière, qui n’est plus exploitée, est devenue un lieu de sculpture réputé grâce à un homme, Alain Tenenbaum.

Dès 2005, l’organisateur de ce projet artistique grandiose, un sculpteur âgé aujourd’hui de 74 ans, a eu l’idée d’organiser les œuvres en spirale, telle une galaxie. Au centre, dans une agora, se tiennent cinq pierres mères représentant les cinq continents. Et chacune se prolonge ainsi d’œuvres réalisées lors des résidences d’été. Cette année, une soixantaine de nouveaux mégalithes poursuivront donc le labyrinthe culturel, qui se construit collectivement depuis plusieurs décennies.

Les œuvres sont organisées en spirale, telle une galaxie…

L’Océanie à l’honneur

Après avoir accueilli des artistes originaires de la zone Caraïbe en 2021, puis de la zone de la mer Baltique en 2022, les Lapidiales met en valeur cette fois les cultures d’Océanie. « Destination Océanie » est d’ailleurs le thème retenu pour cette édition 2023.

Parmi les huit artistes internationaux invités, chacun durant un mois et demi, deux Polynésiens participent à cette œuvre monumentale. En résidence depuis le 1er juin, Jonathan Mencarelli (Moorea) est notamment présent pour cet événement grandiose (lire interview ci-dessous). Il sera rejoint par Paulin Tamarii (Marquises) le 1er juillet. Deux Néo-Zélandais sont également sur place : Paora Toi-Te-Rangiuaia, déjà venu, et James Webster.

« Fabriquer un espace de liberté ouvert à tous, où, par la sculpture et par la vie partagée, les imaginaires des peuples de la terre se rencontrent et s’enrichissent les uns les autres », telle est l’ambition du père des Lapidiales, devenu un haut lieu culturel et touristique rassemblant 200 000 visiteurs par an.

L’œuvre de Jonathan Mencarelli, après un mois de travail

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INTERVIEW

Jonathan Mencarelli : « Un endroit atypique pour les amoureux de la pierre et de la sculpture »

Comment as-tu été sélectionné ?

« Pour ma part, j’ai été sélectionné par le jury des Lapidiales, sur dossier et projets. J’ai été contacté grâce à la Direction de la Culture et du Patrimoine de Polynésie. Je suis leur événement depuis à peu près dix ans sur le Net, et j’avais vraiment envie d’y participer. C’est un endroit atypique et très attrayant pour les amoureux de la pierre et de la sculpture. »

Quelle réalisation fais-tu ?

« Ma sculpture n’est pas terminée, elle est en cours de réalisation. Cela fait un mois que je suis dessus, et il me reste 15 jours. Entièrement faite à la main, sans électricité, ni pneumatique, c’est du calcaire, pierre de Migné banc royal, dimensions 240 x 80 x 80 cm. »

Peux-tu expliquer ta démarche artistique ?

« Mon projet sélectionné représente une femme avec une tête de Tiki. Elle est digne et nonchalante, fière et décontractée. Sa posture est intéressante à sculpter. »

L’artiste Sylvie Berry (France)

Quel est le feeling avec les autres artistes ?

Je m’entends très bien avec le Polynésien Paulin Tamarii qui vient d’arriver et Sylvie Berry (France) qui a commencé sa pierre un peu avant moi. Il y a aussi Paora Toi-Te-Rangiuaia, de Nouvelle-Zélande, avec qui j’ai un bon feeling, et l’on échange autour de discussions sur l’art et la philosophie. Nous avons des connaissances en commun, des sculpteurs maoris, que j’ai rencontrés à New Plymouth – Taranaki, lors du Te Kupenga Hard Stone Symposium en 2012, cela fait plaisir d’avoir de leurs nouvelles. »

Quels sont tes prochains projets après cette belle aventure ?

« Après cette belle aventure, j’irai à la résidence internationale des artistes à Paris. Cela fera deux événements internationaux en France cette année auxquels j’ai été sélectionné après concours. »

Propos recueillis par Dominique Schmitt

Sculpture non achevée de l’artiste de Moorea, vue de dos

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Lire aussi ci-dessous le dossier de presse :