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Jour après jour, bruits sur un Tavini diversifié, voire divisé, distillant sourire et colère, querelle des « anciens » et des « modernes » ; sur une opposition décimée ; sur notre donjon olympique oscillant, en métal ou en bois ; sur la rentrée des classes visant l’apprentissage des langues salvatrices, sans un livre, avec des enseignantes-apprenties d’un « reo tahiti » qu’elles devront transmettre ! (Crédit photo : Présidence)

On rêve ? Non ! Aux Marquises, par contre, on avance depuis deux ou trois ans, grâce au travail patient des pédagogues. On y crée les outils de base, les méthodes, les progressions, pour l’apprentissage de la langue de l’archipel, sous la houlette de l’inspectrice. La transmission de l’héritage culturel et linguistique, première fonction d’une école, devient possible. Et l’inspectrice n’occulte pas les multiples difficultés de l’affaire. Aux autres archipels d’en faire autant, dans leurs langues. Trêve de baratin : des actes !

C’est ainsi que s’amorce vraiment le travail d’élaboration d’une « identité » dont on devra, tout de même, savoir si elle sera « māʻohi », « océanienne » ou « polynésienne ». Il faudra par ailleurs décider d’un type de société. Celle des Communautés ? Celle d’une République ? Celle des « aito » performants – du corps ou de l’esprit ? – créateurs des richesses censées « ruisseler » sur les moins fortunés ? Et il faudra, le jour venu, voter pour le statut assurant au « pays » la pleine gestion des richesses qu’il aura su produire. Vaste entreprise… pour une génération !

Des choix de société et de vie

Ces choix de société et de vie, nous devons le savoir, seront déterminants pour élaborer une école, dès le primaire, en privilégiant, par exemple, coopération ou compétition, le groupe ou l’individu, la réflexion ou l’action, l’invention ou l’exécution.

On analysera alors, j’espère, les mérites de l’école « coloniale », ses limites et ses carences, avec maintien de la langue française, des mathématiques et de l’éveil de l’esprit scientifique sans lequel on continuera de confondre mythe et réalité, prière et démonstration.

Il s’agira, amis-lecteurs, de réunir les briques d’une vraie souveraineté, de mettre ensemble des créateurs et des gestionnaires car, pour l’instant, soyons clairs, nous n’avons plus d’école pour tous, en dépit des salles de classe. La « coloniale » a vécu, celle de l’Hexagone est à terre, la nôtre est encore à bâtir. Il est à craindre que le « staff » actuel ne soit en mesure, sauf la force de l’habitude et les images publicitaires, de faire face. Qui pilote l’avion au jour le jour et pour plus tard ?

La pratique des « orero », l’« immersion » dans une piscine sans eau, les invocations des passés… ne sont pas « opérationnelles ».  

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