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« J’étais fou, j’avais la manie de la grandeur ; mais, en revanche, toujours content, j’avais du courage, j’étais heureux, intéressant, original. Maintenant je suis devenu sage, raisonnable, mais à quoi cela me sert-il, puisque me voici comme tout le monde ? »

J’ai passé les derniers mois avec, comme livres de chevet, des classiques russes. J’avais prévu depuis longtemps de consacrer l’une de mes conversations littéraires à Tolstoï, à Gogol ou au Moine noir de Tchekhov, dont la lecture m’a particulièrement frappée. On se doute que la guerre en Ukraine et la politique actuelle d’éviction massive de la culture russe m’ont donné à réfléchir sur la pertinence de mon choix. Une récupération des événements tragiques que l’on connaît serait odieuse ; mais contourner simplement le problème est-il préférable, si l’idée que je défends dans cette rubrique est celle du rôle effectif que peut jouer la littérature dans nos vies ? Ce serait assurément plus commode, trop commode. Je crois plus honnête de partager ma lecture du Moine noir et de dire quelle résonance cette nouvelle de Tchekhov me semble avoir dans le contexte actuel …

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