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Ce mois-ci, Maeva Takin nous propose un billet tristement drôle (lire ici), au détour d’un long entretien avec Macron, dont voici un extrait :
– Maeva, réguler l’immigration, est-ce de gauche ou de droite ?
– J’entends dire qu’à droite on préfèrerait rester entre Français et qu’à gauche on est prêt à accueillir tous ceux qui fuient la misère ou la persécution.
– Oui, mais si une immigration mal contrôlée amène de l’insécurité ? Protéger les Français est-ce de droite ou de gauche ?
– Je m’y perds un peu, Emmanuel. Vous savez, chez nous, les trois députés prétendent qu’il faudrait limiter l’arrivée des Farani. Donc, ils sont de droite ?
– Dis comme ça, sûrement !
– Oui mais, à l’Assemblée nationale, ils ont voté comme une seule femme contre votre loi restrictive sur l’immigration. Donc, à Paris, ils sont de gauche ?
– J’avoue que ça demande réflexion.

Maeva révèle ainsi que nos trois députés sont de droite à Papeete (lutte contre l’immigration) mais de gauche à Paris (ils ont voté contre la loi restreignant l’immigration en France). Une fois de plus, notre « plume taquine » voit les choses avant les autres. Irrévérencieuse à souhait, la jeune femme avoue également dans sa chronique pourquoi elle a changé de profil sur son journal Web : « En fait, c’est le coach qui gère mon blog qui a voulu narguer certains politiciens qui se plaignent du blanchissement de la population polynésienne ». Un profil « blanchi » pour être dans l’air du temps… quelle audace !
On salue avec force son ironie tranchante tant les propos récents des élus du Tavini, Mitema Tapati et Ronny Teriipaia, sont déroutants et pour le moins borderline ; Édouard Fritch a d’ailleurs saisi la procureure de la République considérant qu’ils sont « assimilables à un délit de provocation de discrimination raciale ». En effet, on ne peut qu’inviter ces politicards bleus qui voient rouge dès qu’ils croisent un popa’ā à regarder la société polynésienne de plus près : elle est métissée aujourd’hui, ne leur en déplaise. Il y a des Blancs, des Noirs, des Chinois, il y a des demis. Et c’est tant mieux ! D’ailleurs, parmi eux se cachent peut-être leurs futur gendre ou belle-fille ? Où est le message de paix et d’unité dans tout ça ? Quel manque d’ouverture d’esprit, c’est affligeant.

Aller chercher l’Azerbaïdjan pour défendre l’indépendance de la Polynésie face à la France, il fallait oser !

Par ailleurs, il y a de quoi désespérer quand on constate la dérive sans retour du Tavini qui ne s’offusque pas de ses bonnes relations avec un dirigeant azerbaïdjanais dictateur et génocidaire. Aller chercher l’Azerbaïdjan pour défendre l’indépendance de la Polynésie face à la France, il fallait oser ! Michel Audiard avait bien raison…
Et sinon, à part vomir des inepties, concrètement, on en est où ? on va où ? Au lendemain du Budget, rien n’a été mis en place pour lutter contre la vie chère. Ces belles promesses de campagne électorale semblent n’avoir été que du vent. Aussi, la valse des chefs de service (plus d’une trentaine à ce jour) continue, alors que l’on nous avait assuré qu’il n’y aurait pas de chasse aux sorcières. Quant à la guerre interne de plus en plus ouverte entre Géros et Brotherson, modérée modérément par Temaru, elle risque bien de faire couler la pirogue s’ils ne rament pas dans le même sens… Il ne peut pas y avoir deux capitaines sur un bateau, bien que le choix de Moetai d’une direction à deux têtes pour la chaîne du Pays illustre cette incohérence qui semble pourtant assumée.
Enfin, miser, par exemple, sur Google ou sur le tourisme (dans la mesure du raisonnable) afin de relancer la machine économique et créer des emplois, pourquoi pas, mais quid de l’autonomie alimentaire, du pouvoir d’achat et des logements accessibles pour la population, sans oublier la réforme de la PSG ? Les leçons du Covid n’ont-elles servi à rien ? Président Moetai, toi le fan de Goldorak, « ton peuple » attend que tu te serves de ton astérohache et de ton fulguropoing, et que tu passes à l’action avant que le Pays n’aille droit dans le mur.

Ensemble, faisons bouger les lignes… pour un vent de liberté !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt

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1 réflexion au sujet de « L’ÉDITO PPM #24 – Le Tavini à la dérive ? »

  1. Excellent édito,je pense qu’il est temps que l’on se rende compte de la duplicité de nos politiques au pouvoir!
    En cyclisme sur piste,le surplace est une stratégie,là ! Le tavini n’a pas encore démarré : on étudie ,on pose des jalons,on réfléchit…on va vite arrivé à de nouvelles élections !

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