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En ce début d’année 2025, le monde semble toujours vaciller sous le poids des crises successives. Entre les catastrophes naturelles, les tensions géopolitiques et les défis économiques, chaque coin du globe se trouve confronté à ses propres vulnérabilités. Pourtant, dans les territoires insulaires, ces fragilités prennent une ampleur particulière. Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, Mayotte : des îles distantes les unes des autres mais unies par une même quête de résilience face aux aléas d’un monde toujours plus incertain.
Les récents événements survenus dans le Pacifique témoignent de cette précarité. Un séisme de magnitude 7,3 au Vanuatu et le passage du cyclone Chido à Mayotte ont rappelé combien les petites économies insulaires sont exposées aux risques naturels majeurs. Outre le coût humain et matériel, c’est le tissu économique même de ces territoires qui se retrouve brutalement fragilisé. Mais il ne s’agit pas uniquement de risques climatiques. L’insularité, la faible diversification économique et les tensions sociales internes amplifient cette vulnérabilité. Pour ces territoires, l’enjeu est donc double : se reconstruire après chaque crise et anticiper les prochaines en misant sur la prévention et la diversification économique. Lire le dossier de Christian Montet : « Vanuatu, Mayotte, Nouvelle-Calédonie : multiples facettes de la vulnérabilité des petites économies insulaires«
En Polynésie française, un autre combat se livre sur le front fiscal. L’absence d’impôt sur le revenu, longtemps considérée comme un atout économique, a montré ses limites. La fiscalité indirecte, qui repose largement sur la consommation, creuse les inégalités et pèse lourdement sur les ménages les plus modestes. Depuis les années 1980, les dirigeants polynésiens ont tenté d’équilibrer ce système en introduisant des réformes comme la Contribution de solidarité territoriale (CST) ou la Protection sociale généralisée (PSG). Toutefois, le débat sur une fiscalité plus juste reste ouvert, et il s’agit là d’un levier indispensable pour renforcer la résilience de l’économie polynésienne. Lire le dossier de Jean-Marc Regnault : « L’éternel problème de la fiscalité en Polynésie«
Dans ce paysage marqué par les incertitudes, une lueur d’espoir réside dans le potentiel humain. Le sport, par exemple, peut jouer un rôle central dans la construction d’un avenir plus inclusif. Pourtant, la médiatisation des athlètes féminines en Polynésie demeure inégale. Si des figures comme Vahine Fierro ou Iloha Eychenne commencent à se faire un nom à l’international, leur visibilité reste trop souvent marginalisée sur la scène locale. Cette sous-représentation n’est pas sans conséquence : sans modèles féminins visibles, le développement du sport féminin reste entravé. La Polynésie devra donc redoubler d’efforts pour valoriser ses sportives, que ce soit dans les médias ou lors des prochaines compétitions internationales, comme les Jeux du Pacifique en 2027. Lire le dossier de Cécile Do Huu : « Médiatisation des athlètes féminines en Polynésie : pas vues, pas prises ?«

Alors que nous venons de tourner la page de cette année 2024 tumultueuse, une chose est certaine : les défis qui attendent nos territoires insulaires sont nombreux. Mais ils ne sont pas insurmontables. En investissant dans la résilience économique, sociale et environnementale, en misant sur le capital humain et en promouvant une meilleure visibilité des femmes dans tous les secteurs, nous pouvons espérer un avenir plus serein.
Au Fenua comme ailleurs, l’année 2025 devra être celle de l’espoir et du renouveau. Toute la rédaction de PPM souhaite à ses lecteurs une bonne et heureuse année 2025. Puisse-t-elle être marquée par la solidarité, l’innovation et la persévérance face aux défis d’un monde en constante mutation.
Ensemble, faisons bouger les lignes… pour un vent de liberté !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt
