Retour

Avec le dérèglement climatique, Makatea, l’unique île des Tuamotu surplombant un archipel d’atolls au ras de l’eau, maintiendrait-elle son statut de refuge pour les frères pa’umotu ? Ou serait-ce pure vue de l’esprit ? L’épisode de sa splendeur industrielle (1906-1966) lui ménagerait-elle une place d’avenir ?

Dans les mémoires, peut-être… comme si le temps pouvait rétrograder, quand les souvenirs d’enfance s’accrochent à un passé florissant — enjolivé sans doute —, ponctué par la fanfare des jours de paye et de fête pour les familles au salaire confortable, de par leur qualification… Quant à la réalité 2024, elle est plus que mitigée pour qui débarque sur l’île « exondée » pour la première fois. D’une part, une centrale électrique solaire d’avant-garde, de l’autre, un bâti local majoritairement en bois, un réseau vicinal insuffisant et rudimentaire… Et surtout, les vestiges d’une époque dont l’activité aurait été figée par un brutal cataclysme qui l’aurait vidée de toute chair ! L’impression d’étrangeté qui en découle suffirait à attirer le voyageur qui se trouve pétrifié à l’instar du paysage qui le saisit, là, dans l’instant. Atout touristique ?

Le choc ! pour qui revient, à la retraite, renouer avec son enfance : le natif de Makatea, ayant grandi sur le site, presqu’une dizaine d’années, vers la fin de l’exploitation, avant que les parents n’enchaînent vers un emploi pas moins exposé à Moruroa. L’enfant du pays se trouve décontenancé et ne pourra y finir sa vie, tant la douleur se ravive.

Comme si, le vivant avait peine à s’extraire du socle défoncé s’étalant sur 43 % de la superficie de l’île avec ses millions de trous, de cratères, de crevasses et d’entonnoirs qui s’enfoncent à pas moins de 40 mètres. Sensation flippante assurée !

Tout visiteur, arpentant la désolation du plateau, se trouve chaperonner par un couple de sternes tourbillonnant à ras de tête. L’espoir pourrait renaître ?

« Makatea se mérite ! »

Le proverbe court sur les lèvres des passagers « avertis » de la petite vedette communale qui nous prend à Rangiroa : « Makatea se mérite ! ». Pas seulement la minuscule darse qu’il faut viser entre les affleurements rocheux, mais la houle… Et à 1m50, rien n’assure que le canot se rangera à quai sans dommage dans l’unique port : Temao ! Le capitaine nous dépose avec la vague rugissante sans rien casser : un exploit dont il ne tire gloire, tant la navigation est dans le sang des Polynésiens. Les passagers applaudissent, exprimant leur reconnaissance. Le capitaine du Tamarii Rairoa, la navette, est un « vieux loup de mer », comme on dit, bien que jeune mais déjà aguerri.

Sur l’île, l’épreuve commence. Parvenir à la seule localité du plateau : c’est 50 mètres de dénivelé pour atteindre Vaitepaua.  La pente est rude. « Makatea se mérite ! » encore une fois… Et la circulation s’effectue par alternance, car, remblayer les excavations constitue un travail de titans, et pour élargir la voie faudrait-il des matériaux de remblai considérables et totalement inexistants sur l’île, ainsi que des moyens gigantesques insuffisants pour réparer l’ampleur des dégâts.

Surpeuplée un temps, en raison d’une main-d’œuvre importée, originaire du territoire ou du continent asiatique, excavée à ciel ouvert pendant 60 ans d’exploitation minière au siècle dernier, ses paysages endommagés demeurant encore inhospitaliers. L’île subit toujours les séquelles d’une incurie aberrante à la cessation de la concession.

Sérieusement et sanitairement, l’enfant du pays peut-il envisager de revenir vivre sur une « friche industrielle », sachant toutes les nocivités insoupçonnables qui généralement en découlent : corrosion du matériel, élimination des huiles de vidange et autres produits toxiques ? C’est que, sur les 7 000 habitants que comptait l’île au plus fort de l’exploitation du phosphate, il n’en reste que 73, en majorité les descendants directs des pionniers du phosphate.

Qui pourrait penser retourner aux statuts que les ouvriers étaient obligés d’endosser et aux exigences qu’ils enduraient ? Un hébergement en dortoirs collectifs, une seule chambre pour les couples… Le confort vital minimal et sanitaire ne s’attribuait qu’aux contremaîtres et autres qualifiés. « Makatea se mérite ! ». Qui envisagerait de supporter encore des conditions extrêmes de travail, de respirer les poussières de phosphate, responsables d’affections respiratoires, de troubles nerveux et de dysfonctionnements comportementaux — pour soi, employé, comme pour les plus petits — ? La pollution de l’air n’a pas été quantifiée à l’époque, mais l’exploitation de phosphate à Nauru (Pacifique aussi), quelque 20 ans plus tard, nous renseigne sur le taux d’insalubrité de l’air qui règne durant le fonctionnement, stagne et subsiste après cessation d’activité ?

Qui, de nos jours, signerait un contrat où tu es rémunéré à la brouette que tu pousses pieds nus sur une planche de 30 cm de large, à une trentaine de mètres de hauteur (même à 2 mètres, personne n’accepterait plus !) ? Obligations d’acrobate non-déclarées : la survie était à ce prix !

Quelle mère consentirait actuellement à s’infliger ce taux de mortalité néo-natale à répétition à force d’inhaler quotidiennement les poussières de phosphate ? « Le phosphate, par des effets à la fois directs et indirects, est capable d’accélérer le processus de calcification vasculaire, d’induire une dysfonction endothéliale (…), contribuant ainsi au risque cardiovasculaire. » « Une classe d’additifs, les phosphates, pourrait augmenter significativement le risque de mort prématurée. » qui a endeuillé tant de familles ?

« Désastre pour les enfants, l’overdose en phosphates entraîne hyperactivité, agressivité, instabilité émotionnelle, difficulté de concentration en classe, incapacité à s’adapter et s’intégrer, distraction permanente, morosité, susceptibilité exagérée, difficultés de langage et troubles du sommeil majeurs. »

Saccagé à la fin de l’exploitation, le village panse ses plaies. Entre les habitations actuelles, reconstruites ou aménagées sur les anciennes, abîmes sur abîmes, creux sur creux, légués, par les exploitants pressés d’extraire le maximum avant leur départ, défonçant l’espace vital de la seule aire habitable ! Vaitepaua colmate comme il peut le chaos gigantesque laissé par les industriels de la Compagnie française des phosphates de l’Océanie (CFPO) peu scrupuleux. Faute de moyens appropriés et financiers pour remédier la dévastation du site d’extraction à ciel ouvert, la population locale restreinte aux seuls descendants qui n’ont pu accéder à des emplois (rentables) lucratifs, car il n’en existe que dans les services publics, réinvestit au mieux son cadre de vie.

Le socle du plateau reste encore défiguré. Et la promenade n’est pas sans risque. Le chemin étroit progresse entre des anfractuosités vertigineuses. La Nature, culturellement réputée comme propice, cacherait des dangers invisibles dans ses entrailles. Ce qui ne laisse aucune marge de sécurité pour les enfants et supprime de leurs jeux toute propension à la découverte et à l’aventure. « Les enfants ne le mériteraient pas ? »

Citadelle ou dépotoir ?

Ses voisins pa’umotu rapportent de Makatea que l’île était imprenable.  Son allure de citadelle, avec ses promontoires et ses tours de guet naturelles, semble avérer les légendes d’un refuge, dans la façade rocheuse, occupé par une princesse espagnole. Colportées par les vaisseaux à voile, ces chroniques d’antan relatent l’existence d’un trésor introuvable enfoui aussi dans ses grottes.

Ce qui paraît explicable : existences fabuleuses, survies inexplicables, transcrites sur le journal de bord des équipages ou les comptines folkloriques qui se mêleront aux coutumes. « La baleine annonce la mort des hauts dignitaires », leur sépulture reste tabu, « le pirimato a-t-il des ailes ? », pour porter les corps en sépulture à la crête des falaises. Makatea repose sur l’océan comme le phare d’un archipel d’îles basses semées dans le Pacifique Sud. Une réelle sécurité quasi-naturelle, entachée de mystères.

Chamboulement au siècle dernier : l’ère industrielle ébranle la sérénité des lieux. La forteresse naturelle se hérisse de toute une infrastructure de pylônes, de béton, de machines reliant le sous-sol à l’air libre, d’engrenages, d’arbres de transmission, de roues de chaînes, de treuils, de rails,  et d’une sauterelle de métal, agitant la poussière du précieux phosphate sur fond de raclements, de moteurs, de souffleries, de concasseuses, de roulements de chariots, de cliquètements presque permanents… Un brouhaha assourdissant, un rythme forgé sur la mécanisation se taillent la part belle dans l’équilibre social typique à la Polynésie. L’île et ses habitants passent de la convivialité mythique à la lutte pour la survie, le papier-monnaie, la concurrence, sous un soleil implacable et avec un matériel plus que rudimentaire (pelle, brouette, planches, sans masque) déboulant sur des monstres d’acier, des treuils puissants et lourds.

Ces modalités plus que précaires qui touchent les travailleurs de base confèrent à l’ensemble de cette société artificielle des conditions de vie méconnaissables. L’atmosphère insulaire et ses rythmes de petits exploitants maraîchers, et agricoles d’antan, balayés, dévorés par l’économie paternaliste qu’impose la concession industrielle. Encore faut-il réussir à s’adapter ! Pas un pan du quotidien qui ne soit régulé en termes de grande consommation : imposant son propre abattoir, ses chambres froides, mais sans véritable égalité de sort. La Compagnie paie d’une main et récupère de l’autre avec ses magasins, ses cantines, tout en maintenant une hiérarchie infondée sur le coût des denrées. Les meilleurs morceaux pour le haut du pavé !

L’équilibre vital s’en trouve bouleversé. En résulte un contexte où l’intime, la relation avec le moindre brin d’herbe et la faune endémique sont éradiqués, noyés dans le vacarme perturbant et anonyme d’une entreprise vorace, alimentée jour et nuit et recrachant ses millions de tonnes de minerai sur les seuls points d’activité : le plateau, son village et le port de Temao.

L’absence de considération humaine est ancrée à tel point que la CFPO quitte le site sans le restaurer et en y laissant carcasses de machines, bâtis usagés, épaves, ferraille, détritus, graisses et boues de vidanges. Supposant — soit dit en passant, avec beaucoup de dérision — que les bâtisses qu’ils y abandonnaient suffirait à compenser le désastre écologique des cavités exposées à l’air libre, de la fuite des oiseaux et insectes nécessaires à l’équilibre végétal, à la désertification qui en résulte. Jamais aucun procès n’a été intenté à l’entreprise à propos de l’amendement du paysage, l’ère nucléaire, avec son quota de militaires, écrasant toute forme de protestation même larvée. La dette de la réhabilitation du site de fond en combles reviendrait bien évidemment à l’État ! Le développement durable passe par là.

Mieux ! ou pire ! Certains politicards, moyennant finances et pots-de-vin, ont fait courir le bruit auprès des autorités de l’île capitale, et pour que les terres de l’île passent dans le domaine public  — donc exploitables par l’État territorial ou davantage  — que Makatea était inhabitée ! Ce même phénomène d’escroquerie s’est ravivé avec les propositions de l’extracteur australien qui, avant de vendre son exploitation en Nouvelle-Zélande, avait profité des études géologiques et de faisabilité d’un Polynésien qu’il n’a jamais dédommagé !

Qui pourrait encore croire que les propositions de réhabilitation du plateau défoncé, comme des installations portuaires qui continuent à se déchiqueter et se répandre en épaves sur l’océan puissent s’avérer sincères et loyales, quand les pratiques privées, au niveau même de la prospection, se soldent par une malhonnêteté d’envergure et imparable ?

« Prudence et plus jamais ça !» restent les maîtres-mots des Makatéens, à l’heure actuelle. Pourquoi subir à nouveau des conditions de vie inhumaines quand restent bénéficiaires les seuls exploitants ?  « La qualité de la vie » qu’ils arborent et tentent de mettre sur pied, chacun à son échelle, est le seul enjeu que défend la majorité des Makatéens. Bien entendu, c’est au Pays et à la municipalité que revient le rôle primordial de remédier au préjudice environnemental. Avec la compagnie d’exploitation, à l’époque redevable des détériorations du relief, les instances gouvernementales bien qu’elles n’aient jamais considéré comme une urgence de pallier les séquelles sanitaires de l’extraction sur la population en possèdent les fonds !

Excavée reste-t-elle, aujourd’hui, malgré la résurgence de la végétation, près de 60 ans plus tard, quand s’est enfin tue la clameur des machines pétaradantes, le cliquetis du funiculaire, le roulement sourd des locomotives heurtant les rails. Désamorcé le sifflet de l’unique train minéralier de Polynésie, dissipées les vapeurs qui ont enveloppé l’un des accidents de train qui a heurté l’enfant sur la voie double de quelques kilomètres entre les deux stations : la falaise et la gare de triage de Vaitepaua.

Les habitants actuels perpétuent la mémoire de cette époque, des souffrances endurées par les travailleurs du phosphate au meilleur endroit symbolique de la société civique : la mairie. Les pensions de l’île délèguent un guide chargé d’en expliquer l’inventaire auprès des curieux. Les photos, exposées dans une salle, contribuent, avec les vestiges des machines gigantesques, des aménagements, des infrastructures, des locomotives grandeur nature, des ruines, des charpentes, du four à pain, des abattoirs, du glacier, à témoigner concrètement d’une époque révolue.

Tout un circuit, non sans danger, dans l’immense cimetière à féo et dans la végétation de ce musée à ciel ouvert où les bâtiments de bois, croulant auraient bien besoin d’un entretien qui les fasse perdurer. Les machines s’oxydent, exhibent leur dentelle rousse édentée. Certains domiciles se sont écroulés entre les excavations : trop périlleux de songer même à les approcher !  La boulangerie, son four, sont presqu’intacts. Un moment magique à remonter le temps, même si le pétrin ne s’en sort pas. Mais les entrepôts, les dortoirs souffrent de désuétude (à la merci des intempéries comme des insectes), l’église est en réfection, sa cloche accrochée à hauteur d’homme arbore les signes de sa fonderie d’origine et son pedigree.

Paraîtrait que les demandes de subventions pour l’entretien du site de la friche se seraient envolées, avec la marée… 

Incontournable que de partager avec les touristes, l’histoire de Makatea, ses légendes, mais aussi sa façon de vivre. Car l’avenir se concrétise en termes de partage. Locaux comme touristes reconstruisent ensemble la solidarité dont les travailleurs de l’extraction ont été privés pendant longtemps.

La formule pension en fare typiques, à activités culturelles, semble privilégier une convivialité bon-enfant, sans prétention, sans discrimination. Les soirées culturelles invitant les musiciens locaux : Zaza & Elie, avec leurs chansons sur Makatea tentent de vous transmettre l’âme de l’île. 

Tout blanc ou tout noir

Ma’a tea (« poussière de clarté »), renommée ensuite Papa Tea (« le rocher blanc »), puis Makatea… Le plateau — platier de corail surélevé durant l’émergence de Tahiti — est blanc (tea) sur ses flancs.

Qui ne serait tenté, en ces périodes de crise, par un retour à la vie simple mais abondante que procurent naturellement les archipels périphériques ? Hors l’île capitale — Tahiti —, son urbanisation, ses bouchons, ses bousculades, son flux incessant de passants, ses boulevards surchauffés, les archipels alentour attirent par leur calme : la proximité apaisante de la nature, l’absence de la concurrence à la consommation et des nuisances à l’environnement végétal et humain engendrent un mode de vie et des attitudes nettement plus harmonieuses.

Pourtant, à Makatea, rien n’est parfait ! Le défaut de structures et de circuits favorisant la circulation reste alterné, du niveau de la mer au plateau. Ce qui ne constitue pas le seul handicap, même s’il est pallié par l’habitude des déplacements pédestres. La mobilité est un besoin : la proximité de la mer y invite. Tant les ressources en poissons y semblent inépuisables.

L’épisode d’extraction reste une parenthèse que chacun veut confiner comme un lointain souvenir. Certains profiteurs du système prônent la reprise d’extractions qui ont défiguré le paysage. Mais la page est définitivement tournée pour l’ensemble des habitants.

Aux Tuamotu, archipel au ras de l’eau, qui ne fantasmerait pas sur l’exception Makatea, l’île haute, la seule ? À la végétation redevenue luxuriante… Pourrait-elle devenir ce jardin pourvoyeur de fruits et de légumes pour l’ensemble des îles basses ?

À l’instar de la nature, les habitants de l’île haute cherchent, par compensation, à réinvestir, se réapproprier le site qui leur a été confisqué. La végétation endémique, que se réapproprient les terres dévastées, lui ont montré l’exemple. Mais elle ne peut boucher totalement les trous.

Et d’abord, et en dehors des lieux sacrés (sépultures à flanc de falaise, sépultures des enfants aussi, marae, etc.), l’escalade se familiarise avec les escarpements retrouvés. Makatea retrouve sa personnalité, ses bains coutumiers dans les grottes en partie explorées.

Jouant malgré eux les funambules, les apiculteurs retrouvent leur domaine avec la floraison redevenue presque normale, les essaims florissent.

À l’image de cet être qui naît dans la mer et conquiert ses quartiers sur la terre jusqu’à la cime des cocotiers, — le kaveu ou crabe de cocotier —, le Makatéen a su attendre son heure pour réinvestir son domaine. Maintenant que l’animal n’a pas d’autre choix que de profiter de la moindre anfractuosité pour y trouver gîte, l’habitant va apprendre à vivre malgré les pièges laissés par l’exploitation. Et tout comme son emblème, — son totem parfois —, l’insulaire va nettoyer son territoire. Le kaveu n’est-il pas ce nettoyeur de l’environnement ?

À cause de la négativité de son expérience pseudo-moderniste qui l’a laissée démunie et totalement décontenancée, car elle a été trompée sur la marchandise, Makatea ose espérer renaître grâce aux effets collatéraux de sa résilience. Une véritable perfusion d’air frais, d’élan vital, d’existence.

Peu à peu, elle reconquiert les éléments du moindre lieu : ses façades à pic pour les escalades, renouant avec l’ancestral pirimato, l’homme chargé de porter dans les grottes au plus haut de la falaise, le corps des chefs décédés, même si son rôle n’est plus le même.

Mais surtout, Makatea reconquiert sa dignité, renaît de cendres et scories, vit à l’horloge biologique, valorise les atouts qui composaient ses caractéristiques autochtones, prend le temps de se poser et d’être pleinement : ainsi préfère-t-elle vaquer à ses occupations de digne héritière de la terre que de larbins de dépouilleurs ! À la lumière d’un passé d’exploiteurs qui troquent le bien-être de sa valetaille contre quelques séances de cinéma, perturbées en saison par les pétarades de la pluie sur les tôles de l’édifice. Est-il plus sain et plus distingué de processionner chaque samedi, endimanché, pour recevoir publiquement son salaire des mains du « maître de forges ou de cavernes » d’antan, octroyé dans le bureau en haut des marches qui longe la voie ferrée que de réinventer modestement les tâches qui assurent l’autosuffisance de l’île comme de ses hôtes et des atolls environnants ?

Avec la reviviscence d’une vie dont les conditions se rationalisent selon les normes humaines, Makatea vaque à ses occupations légitimes, sème, récolte, poursuit ses rêves, assied ses légendes, les partage. Makatea retrouve son harmonie.

image_printImprimer/PDF

2 réflexions au sujet de “Makatea, le refuge ?”

  1. à Jean-Claude Foglia, ainsi qu’à chacun de ceux qu’une minuscule île de 27km2 fascine :
    Effectivement, je ne me lasse pas d’une certaine douceur de l’air, agréablement balayée par le vent ; de la luxuriance de sa végétation ; du calme dont peuvent jouir les voyageurs ; mais ce que je salue par-dessus tout, c’est la convivialité de la « tribu de Jacky & de Dolorès », de la lucidité de tous ces écolo-escaladeurs, des anonymes aussi qui défendent les valeurs d’une île magnifique qui malheureusement a été pillée, éventrée, blessée par les exploiteurs venus d’ailleurs ! ! !

Laisser un commentaire

Partage