« MARAU TAAROA, dernière Reine de Tahiti » : souvenirs recueillis par sa fille, la princesse Ariimanihinihi Takau Pomare-Vedel

C’est un événement littéraire et historique qui vient de se produire. En effet, alors que le livre LES MÉMOIRES DE MARAU TAAROA traduits par la princesse TAKAU qui les avait publiés en 1971 à la Société des Océanistes-Musée de l’Homme ainsi que le livre ALEXANDER SALMON 1820-1866 ET SA FEMME ARIITAIMAI (1821-1897), rédigé par Ernest SALMON et publié en 1963, toujours par la Société des Océanistes, sont épuisés, on pensait perdus les Souvenirs de MARAU TAAROA recueillis toujours par la princesse TAKAU dans les années 1933 à 1934.

Or, presque « miraculeusement », comme il le raconte dans la préface de son livre publié en 2024 aux éditions Au Vent des îles, Raanui DAUNASSANS, petit-fils adoptif de sa grand-tante, la princesse TAKAU POMARE-VEDEL, les a retrouvés dans le tiroir d’un secrétaire Louis XVI de l’appartement de Nice qui lui est revenu en succession après le décès de sa mère, la Princesse Monique SALMON-DAUNASSANS, unique petite-fille de la Reine MARAU, fille d’Ernest SALMON (le dernier fils d’ARIITAIMAI et d’ALEXANDER SALMON), au bout de vingt années de procédure.

Raanui DAUNASSANS n’a pas fait que préfacer et publier le livre, il a retravaillé sur le texte, y incluant des renseignements provenant du Carnet de voyage en France de la reine MARAU tenu par un jeune lieutenant mis à disposition de la reine lors de son voyage à Paris de 1884, il a rédigé le chapitre 8 « Les dernières années » grâce aux récits de sa grand-mère adoptive TAKAU et de nombreux témoignages retrouvés de contemporains de la reine,  y compris des textes du célèbre navigateur Alain GERBAULT, qui avait noué avec la reine un grande amitié. Il publie en postface une lettre de 1934 adressée à la princesse TAKAU par Charles Revel, ancien inspecteur général des Colonies, ami de la reine, qui devait préfacer le livre des Souvenirs en 1934. Ainsi qu’un texte de Terupe SALMON (descendant de Tati SALMON) extrait de son allocution à l’Université de Polynésie français à l’occasion d’un colloque sur Henry ADAMS et ARIITAIMAI en mars 2023 : « Notre famille, une théocratie » et enfin des planches généalogiques annexées en fin de livre, qu’il a rédigées avec l’aide de plusieurs membres de sa famille.

Il faut ajouter les nombreuses photographies provenant de la famille ou de l’Association ARTS et Culture Fondation Daniel PALACZ qu’il s’est procurées.

Ce livre est donc d’une grande richesse et vient apporter de nouveaux éclairages sur l’histoire de la reine MARAU et de toute l’époque ainsi que sur sa famille, entre autres la Reine POMARE IV. On retrouve évidemment certains passages que la princesse TAKAU a cités dans sa préface des Mémoires puisque la reine avait préféré publier d’abord ses Mémoires qui ont une grande portée historique, réservant pour « après » la publication des Souvenirs, plus personnels et qui n’étaient pas terminés. Et il faut noter que, si certains épisodes, comme celui concernant le rôle d’ARIITAIMAI et de son mari Alexander SALMON dans l’apaisement des relations devenues belliqueuses entre la France et Tahiti puis dans la mise en place du Protectorat se retrouvent dans les deux livres, de nombreux passages sont inédits et que l’épisode crucial de l’annexion du 29 juin 1880 est rapidement évoqué dans la Préface des MÉMOIRES par laPrincesse TAKAU alors que dans les SOUVENIRS, la Reine MARAU explique en détail ce qui fut « une espèce de faux en écriture publique » comme l’écrivit à la Reine MARAU un ancien officier de marine occupé à des recherches historiques (page 124). En effet les notes historiques des MÉMOIRES s’arrêtent en 1847 et c’est dans la Préface de la princesse TAKAU que sont racontés des épisodes ultérieurs.

Les 7 premiers chapitres des SOUVENIRS sont rédigés par la princesse TAKAU dictés ou écrits en 1918 puis entre 1932 et 1934 d’après les récits de sa mère la reine MARAU, qui commence à rendre hommage dans le chapitre 1 à sa mère ARIIOEHAU, plus connue sous son nom de mariage ARIITAIMAI, dont la mémoire fabuleuse lui a permis d’évoquer aussi bien ce qu’elle a vécu que ses ancêtres comme PUREA (qui connut Wallis) et sa généalogie.  

Ariitaimai

La reine POMARE est longuement évoquée dans le chapitre 2 (avec en tête sa généalogie) et en fin de chapitres ses relations avec son fils TAMATOA mais ce chapitre contient aussi une traduction du Code tahitien de 1820 qui montre à quel point ce code édicté par les missionnaires avec l’accord de POMARE II était restrictif pour la population autochtone et la réaction des Māmāiā.

Pomare IV

Dans le chapitre 3, c’est en partie l’arrivée dans la vie de ARIIOEHAU d’Alexander SALMON « Le Prince venu par-delà les mers » : ARIITAIMAI Tāne qui est importante mais l’on rapporte d’abord qu’ARIITAIMAI alla jusqu’à modifier les généalogies qui la plaçaient avant Aimata (la future POMARE IV) afin « de lui laisser la préséance en tout ». Il faut rappeler qu’elles furent élevées ensemble par la mère de Pomare IV : Aimata était sa cousine, mais devint en quelque sorte sa grande sœur d’où l’affection indéfectible qui les unit et qui fit qu’ARIITAIMAI agit toujours dans l’intérêt de POMARE IV, refusant de prendre sa place lorsque les Français exaspérés par les tergiversations de la Reine au sujet du Protectorat, lui proposèrent de la remplacer. C’est d’ailleurs l’occasion pour la Reine de louer la générosité des TEVA en racontant l’histoire fameuse de TAVI, chef de Tautira, qui accepta, pour ne pas déshonorer son nom en refusant la demande d’un égal, de laisser durant 8 jours à son cousin TUITERAI sa merveilleuse épouse TAURUA dont ce dernier était éperdument amoureux et ce qui s’en suivit. (John MAIRAI en fit une pièce de théâtre remarquable « Tavi roi et la loi »).                                                                                                     

Dans ce chapitre est bien sûr décrit Alexander SALMON et sa famille originaire de Londres où son père était rabbin. La Reine rapporte qu’Alexander Salmon joua un rôle politique non négligeable auprès de son épouse pour réussir à convaincre POMARE IV d’accepter le Protectorat de la France puisque l’Angleterre n’était pas intéressée et que la guerre menaçait Tahiti qui risquait de devenir une colonie française. Tous les détails sont donnés sur le rôle que joua ARIITAIMAI (la « princesse de la paix » : ARIIOEHAU) dans la pacification de la situation en se rendant, au péril de sa vie sur les lieux du conflit armé. Grâce à son charisme et au respect que les Tahitiens avaient pour elle, elle obtint la paix puis dut aller, avec son mari, négocier avec POMARE IV, partie à Raiatea, très indécise, influencée par les chefs des Iles Sous Le Vent et espérant encore un soutien de l’Angleterre. Les négociations furent longues et délicates. Il y eut des allers et retours mais la Reine finit par accepter de rentrer à Tahiti et de signer la Protectorat avec la France. Dans ce chapitre sont racontées aussi les péripéties des relations entre missionnaires catholiques et protestants, installés les premiers, et leurs conséquences sur le plan politique. Il faut noter que dans les MÉMOIRES ces événements furent relatés dans le dernier chapitre des « notes historiques » intitulé « ARIITAIMAI, princesse de la PAIX. » Pages 270 à 291.

Alexandre Salmon, le mari d’Ariitaimai

Le chapitre 4 « Mon mariage » est consacré au mariage en 1875 de MARAU, qui n’avait pas encore 15 ans, avec son cousin, fils de POMARE IV, ARIIAUE, (le futur POMARE V) âgé de 37 ans qui menait une vie de débauche. Mais il est d’abord question du tragique accident durant lequel ARIITAIMAI perdit son bébé qui lui échappa des bras lors d’une tempête alors qu’elle devait rejoindre POMARE IV à Moorea. La reine plongea 3 fois mais le bébé fut ramené mort ! Puis MARAU évoque ses années d’études à Sydney, des anecdotes dont la mort à cinq ans d’une fille de TAMATOA que POMARE IV voulait voir régner un jour. Puis est décrite la magnificence du mariage : la fête dura 12 jours. La Reine MARAU parle enfin d’elle après avoir rendu hommage à ses parents, ses ancêtres et à la Reine POMARE IV avec qui elle était liée par une grande affection réciproque.

Pomare V
La reine Marau jeune

Le chapitre 5 « L’annexion » est un chapitre crucial.   

Mais il commence par une évocation du mode de vie de la Reine POMARE et des tristes débuts du mariage de la Reine MARAU qui, soutenue par la Reine POMARE, cessa la vie commune avec son mari souvent pris de vin et qui avait des maîtresses et alla même jusqu’à menacer physiquement sa femme. Elle raconte qu’elle finit d’ailleurs par demander le divorce qui fut prononcé en sa faveur en 1888.

Il est question aussi du décès du dernier fils de POMARE IV le prince TUAVIRA.

Elle évoque également son mode de vie et une anecdote amusante d’un repas avec le duc de Penthièvre. Les domestiques, croyant bien faire, avait disposé sur la table des vases de nuit dont ils ignoraient l’usage et avaient pris pour des récipients de forme nouvelle pour la nourriture.

Les relations excellentes entre POMARE IV et MARAU sont encore évoquées. Après avoir disposé de trois pièces chez elle, la Reine MARAU était retournée chez sa mère où la reine lui rendait souvent visite.

La Reine MARAU rend compte aussi des relations parfois difficiles entre la Reine et le gouvernement français. Son autorité étant de plus en plus réduite, la Reine écrivait parfois au pouvoir en place pour se plaindre du comportement de tel ou tel responsable à Tahiti. Celui du régent PARAITA à Napoléon III et celui d’un commissaire de justice qui était intervenu pour faire cesser le comportement insupportable du futur POMARE V au Président de la République MAC- MAHON. D’ailleurs la Reine MARAU parle ensuite des difficultés relationnelles de la Reine avec certains de ses fils en particulier avec le Prince TERIITAPUNUI qui ne cessait de lui demander de l’argent et avec qui elle eut une violente dispute qui précéda de quelques jours son décès d’une crise cardiaque (le 17 septembre 1877) alors qu’elle n’avait que 65 ans.

C’est donc des obsèques de POMARE IV dont il est ensuite question. Tout le peuple de Tahiti et de Moorea lui rendit un vibrant hommage ainsi que les officiels français.

Mais les autorités françaises et les chefs tahitiens étaient très inquiets de voir succéder à sa mère ARIIAUE dont la Reine MARAU révèle un peu la vie dissolue. Les chefs vinrent même, dès le jour des obsèques demander à ARIITAIMAI de proposer MARAU comme Reine à la place de son époux. Mais ARIITAIMAI refusa, une fois de plus de nuire à la famille POMARE. Les chefs, alors, exigèrent de POMARE V qu’il reprenne la vie commune, de façon correcte avec le Reine MARAU. Le roi accepta et de ces retrouvailles naquit la princesse TERII NUI O TAHITI POMARE le 9 mars 1879. Mais le roi reprit bien vite ses mauvaises habitudes. Le couple donc se re sépara. Il faut noter que, contrairement à toute évidence, POMARE V, influencé par des proches refusa par la suite d’accepter cette paternité alors que la princesse TERII était bien sa fille.

La Reine raconte comment des choses se précipitèrent. Les Français, peu enclins à respecter les prérogatives de la monarchie de Tahiti songèrent de plus en plus à une annexion des possessions de POMARE V. Le commissaire PLANCHE, proposa au roi « un très gros réajustement de sa dotation » (page 119) en échange de son abdication en faveur de la France. Comme le roi refusa, le commissaire PLANCHE alla sonder ARIITAIMAI et la REINE MARAU qui, bien sûr, refusèrent également. Mais les autorités françaises continuèrent à essayer de circonvenir les proches du roi dont un oncle du roi, ARIIPEU et un oncle par alliance, MAHEANUU, qui avait vu sa petite fille (une fille de sa fille MOE et du fils de POMARE IV, TAMATOA) dépossédée de la possibilité de succession au trône par la naissance de la fille de la Reine MARAU et de POMARE V, TERII. Les besoins d’argent du roi augmentaient donc le processus s’accéléra d’autant plus que le successeur de Planche reçut la maîtresse préférée du roi et intrigua auprès des proches.

Alors qu’ARIITAIMAI et MARAU se trouvaient à Papara, le roi demanda à sa femme de venir, car il avait coutume, malgré leur séparation, de lui demander son avis sur divers sujets.  La reine MARAU, qui devait rentrer le lendemain, ne se pressa pas, ne sachant pas du tout pour quelle raison il voulait la consulter, d’autant plus qu’il la faisait parfois venir pour des questions peu importantes. Elle raconte que le lendemain lors de son retour, elle reçut une convocation pour une réunion des chefs sans que le motif soit indiqué. Elle apprit aussi que les cheffesses de Punaauia et Faaa avaient été prévenues également et elle se rendit donc au gouvernement avec sa mère et avec un certain nombre de chefs et de cheffesses. Mais quand ils arrivèrent M. CAILLET, directeur des Affaires indigènes, leur déclara que la réunion était terminée. Tous, très étonnés repartirent chez la Reine MARAU. Et c’est là qu’ils entendirent des coups de canon, tirés pour saluer le pavillon de la France, hissé à la place de celui du Protectorat.

En fait l’acte d’annexion venait d’être signé et ils apprirent que MAHEANUU avait été parler au commissaire de le République, lui déclarant, en parlant de MARAU : « Si cette femme entre ici, il n’y aura rien de fait […] il faut absolument que vous trouviez un moyen de l’empêcher d’entrer. » C’est ce que fit M. CAILLET en proférant son mensonge. En fait 20 chefs ou cheffesses devaient donner leur accord, en plus de celui du roi Mais sur les 22 présents, seuls 9 étaient de véritables chefs, beaucoup ne savaient pas lire, tous avaient été endoctrinés par MAHEANUU et certains ne savaient même pas le contenu exact de ce qu’ils avaient signé ! Quant au roi, son besoin d’argent était tel que pour une somme de 60 000F par an, bien moindre que celle que PLANCHE lui avait proposée, de 120 000F, il se laissa convaincre et ne prit vraiment conscience de la portée de son acte que lorsqu’il vit le pavillon du protectorat descendu et là il s’effondra en larmes chez ARIITAIMAI qui lui parla fort rudement. Le seul argument de POMARE V fut « Mais pourquoi aussi n’est-elle pas venue quand je l’ai appelée ? » en parlant de MARAU. Quand il sut la vérité sur le renvoi de MARAU, il s’en prit à MAHEANUU mais c’était trop tard ! L’annexion fut donc bien signée le 29 juin 1880 dans des conditions frauduleuses. Tous les détails set les noms des participants sont donnés par la Reine page 124 et l’acte d’annexion est reproduit.

Le ton change totalement dans le chapitre 6 « Voyage en France » dans lequel la Reine MARAU relate de façon animée le voyage qu’elle accomplit en France, particulièrement à Paris en 1884. Après un passage par l’Amérique, la Reine se rendit à Paris où elle fut accueillie selon son rang (contrairement à ce qui se passait parfois à Tahiti). Elle raconte toutes ses rencontres, dont celle avec la Comtesse de Paris et ses nombreuses sorties à l’opéra, au théâtre, sans parler des réceptions. Et l’on découvre son goût très vif pour les arts et la communication. Ce séjour de trois mois à peu près fut pour elle un moment de détente et de plaisir. Elle raconte qu’elle renonça à un voyage en Angleterre pour rencontrer sa famille paternelle car sa fille était malade. Elle évoque aussi dans ce chapitre les mœurs françaises et le refus des enfants illégitimes, se demandant si leur rejet n’était pas plus cruel que le fait de mettre à mort, avant le premier cri, les enfants issus d’une mésalliance dans une famille royale, coutume qui existait dans l’ancienne Polynésie. Le chapitre se termine sur la touchante évocation d’un petit bouquet de violettes offert par une petite fille et sa maman qu’elle avait aidées charitablement alors qu’elles vivaient à Tahiti dans le plus grand dénuement.

Le chapitre 7 « Depuis » est le dernier dicté ou rédigé par la Reine MARAU.

Donc elle évoque les principaux événements qui se sont passés entre de retour de Paris (1884) et la fin de l’épidémie de grippe espagnole qui s’abattit sur Tahiti et presque toute la Polynésie à la fin de la guerre de 14-18.

Après avoir raconté la réception organisée par ARIITAIMAI et la famille pour la reine MAKEA de Rarotonga (Pomare V ayant fui ses responsabilités pour des raisons pécuniaires) et la grande amitié qui les unit elle met en garde les lecteurs contre la justesse de certains récits faits par les étrangers. Les Polynésiens ne voulant pas révéler toute leur généalogie et l’intégralité de leurs légendes considérées comme sacrées mais ne voulant pas décevoir leurs interlocuteurs leur racontent souvent, selon elle, ce que bon leur semble et par exemple la reine MAKEA donna à des Européens une généalogie tronquée.                                                                   

Ce qui conduit aussi la Reine MARAU à mettre en garde contre les décisions de justice, les interprètes traduisant parfois mal les propos des inculpés et ceux-ci finissant parfois par avouer « pour avoir la paix » et « faire plaisir au juge » !

Elle raconte également comment son frère NARII retrouva à KAUKURA un descendant du fameux TAVI qui finit par tout perdre pour ne pas manquer au code de l’honneur.

Une anecdote plaisante, déjà évoquée dans la préface des MÉMOIRES par TAKAU, montre le pouvoir des croyances populaires concernant le pouvoir des ti’i. Se rendant compte que des gardiens d’un terrain qui devait lui revenir à Moorea, voulaient lui cacher des informations, la Reine prétendit avoir rêvé la nuit précédente du ti’i OMITO qui avait appartenu à son arrière-grand-mère et prétendit qu’OMITO l’avait prévenue qu’on voulait la déposséder. Aussitôt tout rentra dans l’ordre et lorsqu’on essaya de déplacer le ti’i, des catastrophes arrivèrent aux personnes qui l’avaient déplacée donc OMITO revint à sa place et y demeura. (Il est aussi question de l’épisode dans la préface des MÉMOIRES.)

L’événement principal du chapitre, à part ce qui est lié à la guerre est, en 1891, la mort du roi. La reine MARAU était à Moorea et arriva juste après le décès du roi, elle alla donc installer la chambre mortuaire avec un goût exquis qui émerveilla GAUGIN de passage à Papeete. Elle précise que, malgré leurs problèmes et leur divorce, ils avaient « conservé de bonnes relations ». « Nous étions, du reste, parents, un lien beaucoup plus fort chez nous que celui du mariage » (page 147). Pomare V, très dépensier, laissa des dettes que l’État français ne voulut pas assumer et la famille dut vendre le palais (et son contenu). Mais l’État fut obligé de le racheter pour qu’il ne devienne pas un dépôt de marchandises à deux pas du Gouvernement !

La mort de sa sœur PRI en 1894 plongea MARAU et toute la famille dans le deuil et ARIITAIMAI dans un si profond chagrin que sa santé s’altéra. Elle mourut trois ans plus tard. Un très grand hommage lui fut rendu. Et MARAU rappelle sa grande piété « Assez, le seul titre auquel je tiens désormais est celui de servante du CHRIST » déclara ARIITAIMAI après avoir entendu un fa’ateni qui lui était dédié.

MARAU raconte qu’elle prit l’initiative de réunir toute la famille, comme le souhaitait sa mère, prenant ainsi de fait la tête de la famille.

Elle fait part de son chagrin, si immense du décès de sa mère qu’elle aurait pu arrêter ses souvenirs. Mais bien qu’elle ne les ait pas continués jusqu’à ses derniers jours elle déclare qu’elle devait encore évoquer la guerre de 14-18 et ce qui s’en suivit.

Elle rapporte, qu’avec son assentiment, dès la déclaration de guerre, son fils Ernest, rentra d’Amérique pour s’engager et il fut le premier engagé volontaire de la colonie.

Vient ensuite le récit du bombardement de Papeete, dont la princesse TAKAU fait en partie le récit dans sa préface des MÉMOIRES, plus développé dans les SOUVENIRS.

On retrouve l’intuition de la Reine MARAU qui, le 22 septembre, rêva que des navires allemands envahissaient la rade de Papeete et le lendemain se prépara à partir alors que l’on croyait que les navires étaient anglais. Finalement les deux navires étaient bien allemands et tous partirent avant le bombardement et la famille royale se réfugia dans la vallée de Fautaua, comme beaucoup d’habitants. On retrouve aussi un délicieux récit présent dans la préface des MÉMOIRES. Une des cousines de la Reine, se mit à interroger un petit grillon ri’ori’o dont elle était persuadée qu’il était l’esprit une de leurs ancêtres (ces ri’o ri’o étaient considérés comme les intermédiaires entre les esprits et les vivants) et en fonction des « réponses » du grillon : chanter ou se taire, décida que le danger était écarté et que tous pouvaient rentrer. La Reine MARAU, plus rationnelle, mentionne qu’elle attendit les informations officielles.              

Ces péripéties firent naître un mois plus tôt la princesse HINARII dite Monique SALMON (fille d’Ernest SALMON) dont la romanesque aventure est contée en notes. Puisque devenue grande elle devait épouser l’héritier du trône du Cambodge mais que la reine MARAU s’opposa à ce mariage d’amour car elle craignait la coutume cambodgienne de l’époque qui consistait à prendre des concubines. La princesse Monique épousa donc « le premier venu qui demanderait sa main ». Mariage qui se solda par un échec et finalement connut un second mariage heureux avec Pierre DAUNASSANS. Raanui DAUNASSAN est le fruit de ce second mariage.

Durant la guerre la Reine raconte son implication et celle de ses enfants et de sa sœur (son fils était sur le front.  Et elle évoque la bravoure des soldats tahitiens, reconnue de tous, regrettant simplement que certains, à la santé fragile, soient morts non sur le front mais de maladies liées au froid. Elle décrit ensuite les ravages de la grippe espagnole, malencontreusement introduite à Tahiti par des imprudences et qui fit mourir une grande partie de la population dont les vieillards, mémoires de la culture du pays et c’est ce qui décida la Reine MARAU à rédiger ses Mémoires pour sauver le plus possible du savoir et de la culture de son pays. Un premier recueil avait été dicté à MARAU par ARIITAIMAI mais le manuscrit avait été dévoré par des termites. Après cela MARAU avait rédigé son texte et l’avait confié à un certain M. JANSEN, un astronome féru de culture polynésienne, qui s’était engagé à faire publier le texte mais ne le fit pas. C’est donc, raconte MARAU un 3ème manuscrit qu’elle rédigea avec sa fille TAKAU (et qui finit après bien des péripéties par être publié en 1971, grâce à la persévérance de la princesse TAKAU).

La Reine termine ses SOUVENIRS en rappelant que son dernier devoir, à part celui de témoigner dans ses MÉMOIRES était de continuer à veiller sur son peuple et d’essayer de se faire entendre par l’administration française (qui suivait assez rarement ses avis par autoritarisme mais aussi par ignorance des spécificités polynésiennes). Elle compare son rôle à celui de Sainte GENEVIÈVE veillant sur Paris, se souvenant d’une belle fresque de Puvis de Chavannes qu’elle avait vue au Panthéon (et qui est reproduite dans le livre).

Fresque de Puvis de Chavannes : Sainte Geneviève veillant sur Paris (au Panthéon)

Ici s’achèveraient en 1918 les SOUVENIRS de la Reine MARAU si son arrière -petit-fils Raanui DAUNASSANS n’avait, à la suite de sa grand-tante (et grand-mère adoptive) TAKAU, décidé, à son tour, de rassembler des notes inédites de MARAU, les souvenirs de la famille et les témoignages oraux et écrits de nombreux amis contemporains de la Reine, permettant ainsi d’éclairer les 15 dernières années de sa vie. En fait en 1918 elle recommença à fixer par écrit ses Souvenirs qui sont la base de cet ouvrage vraiment achevé entre 1932 et 1934 et complété aujourd’hui par Raanui DAUNASSANS.

Le chapitre 8 s’intitule « Les dernières années ».

La Reine MARAU était une femme, pudique, pleine de dignité si bien qu’elle n’a pas ou peu évoqué certains faits qui sont rapportés dans le chapitre 8 des SOUVENIRS.

Elle fut gravement atteinte par la grippe espagnole et en réchappa de justesse, mais eu, par contre, la douleur de perdre sa jeune sœur Ariimanihinihi qui avait tant fait pour s’occuper des soldats tahitiens en France leur créant un foyer.

Lorsque les combattants tahitiens revinrent au Pays, ce fut elle qui organisa en mobilisant toute les énergies une fête somptueuse pour fêter leur retour par un festin extraordinaire organisé le jour même de leur arrivée.

Le 22 septembre, pour fêter le souvenir du bombardement de Papeete, elle recueillit les fonds pour faire édifier aux soldats tahitiens un monuments aux morts et le 14 juillet 1923 ce fut elle qui inaugura ce monument par un superbe discours reproduit dans le livre et déclama en tahitien le fa’aateni de Tahiti.

En 1924, elle fut décorée de la légion d’honneur (puis devint par la suite chevalier de la légion d’honneur) lors d’une petite cérémonie qu’elle avait voulu toute simple.

De tout cela, elle ne dit mot ou reste très discrète.

Le chapitre révèle aussi ce qu’elle avait discrètement évoqué, à savoir le comportement odieux, irresponsable et parfois dangereux du Roi POMARE V quand il était pris de boisson et la façon injurieuse avec laquelle il avait traité la Reine à plusieurs reprises (voir le jugement reproduit pages 175 et 176). Il éclaire aussi son refus de reconnaître sa paternité de la Princesse TERII qu’il était pourtant allé voir à sa naissance, influencé par des officiels qui voulant l’annexion avaient tout intérêt à ce qu’il n’ait pas d’héritier direct. Certains ragots circulèrent même concernant la naissance de TERII. On lui attribua un père biologique qui avait quitté Tahiti 13 mois avant sa naissance !       

La Reine MARAU fut d’ailleurs critiquée par certains car elle eut deux enfants après sa séparation définitive d’avec POMARE V : TAKAU et ERNEST. Et la lumière est faite dans ce chapitre sur leurs pères biologiques. Celui de la princesse TAKAU, le commandant VEDEL, ami de LOTI, reconnut d’ailleurs la Princesse en l’adoptant en 1927 et elle porta depuis cette époque le nom de TAKAU POMARE-VEDEL et passa du temps en France entre 1925 et 1932 (elle accompagnait sa nièce Hinarii Monique venue en France pour ses études et retrouva son père biologique avec qui elle vécut quelques années avant de revenir avec lui sur Tahiti). À cette occasion entre 1933 et 1934 TAKAU mit en ordre les manuscrits de sa mère et dactylographia les SOUVENIRS qui auraient dû paraître en 1934. Quant au père d’ERNEST SALMON, il s’agit de l’amiral François FOURNIER.

Le mode de vie de la Reine MARAU est aussi développé davantage que dans la préface des MÉMOIRES. : sa maison, meublée avec goût, son jardin. La princesse TAKAU parle de son goût pour la cuisine tahitienne cuite au ahimā’a. Ses relations avec ses domestiques étaient excellentes et Raanui DAUNASSANS raconte les repas de famille avec les querelles fréquentes mais peu virulentes des deux sœurs TERII et TAKAU auxquelles assistait sa mère la princesse Monique, encore enfant, sans comprendre puisque les deux sœurs s’invectivaient en anglais

De nombreux témoignages de familiers de la Reine sont cités : le Docteur CHASSANIOL qui mit au monde ses trois enfants et surtout le brillant navigateur Alain GERBAULT qui raconta ses visites chez la Reine qu’il admirait beaucoup et dont il écoutait religieusement les récits : légendes, chants, poèmes. C’est ainsi qu’un jour elle lui lut ses notes sur la bataille de Fei Pi (1815) durant laquelle le héros OPUHARA, du clan des TEVA, tomba sous les balles des hommes de TŪ (POMARE) armés de fusils par les missionnaires anglais. Ils tirèrent sans aucun avertissement. C’est ainsi que POMARE put se faire reconnaître comme roi, alors qu’il était d’origine paumotu et que les TEVA étaient le clan le plus ancien de Tahiti. Elle lui lut aussi ce jour-là la prédiction de VAITA.

Alain GERBAULT raconte que MARAU était fière d’appartenir à ce clan prestigieux (TEVA étant le fils du dieu RUĀHATU) tout en étant fière d’être française.

Il évoque aussi le scepticisme et même le mépris de la Reine en ce qui concerne les différentes origines possibles du peuple polynésien : elle lui déclara, citant la devise de son clan :

« Hors de l’eau est sortie Tahiti la terre…

Et nous dessus »

Déclaration surprenante dans la bouche d’une protestante !

Ensuite, bien sûr, sont évoqués le décès et les obsèques de la Reine MARAU qui mourut le 2 février 1935 d’un cancer du sein, opéré mais suivi de complications. Ses funérailles réunirent une foule immense du temple de Paofai au cimetière de l’Uranie et fut « des plus grandioses ». La princesse TERII était la seule de ses trois enfants présente sur le territoire. Elle fut enterrée non dans le mausolée des SALMON, près du temple de Papara, mais dans une sépulture qui devait être la reproduction à échelle réduite du marae ancestral de Mahaiatea à Papara. Les travaux, confiés à un Japonais, se terminèrent en 1936. La Reine MARAU resta donc fidèle à sa culture. Raanui DAUNASSANS raconte que sa mère Hinarii Monique, en vacances de neige à Megève, eut l’intuition de la mort de sa grand-mère car, alors qu’elle tricotait un châle qu’elle voulait lui offrir, elle fut saisie d’un pressentiment et arrêta son ouvrage avec le sentiment que sa grand-mère n’était plus de ce monde ce qui lui fut confirmé par un télégramme de sa tante TAKAU lui demandant de se rendre d’urgence à Paris. L’intuition semble être une vertu familiale !  

Ce chapitre est aussi l’occasion de rendre hommage à la princesse TERII O TAHITI POMARE, qui resta toujours près de sa mère MARAU et, « gaulliste de la première heure », fut l’une des premières à signer le ralliement à la France libre et présida le Comité de la France libre et de la Croix-Rouge. Le Général de Gaulle se rendit personnellement chez elle en 1956 et elle fut décorée, comme l’avait été sa mère, de la légion d’honneur.

Enfin, ce chapitre et la POSTFACE permettent de mieux comprendre l’histoire complexe de la confection et de la parution des MÉMOIRES puis des SOUVENIRS.

En effet après la première guerre mondiale et la terrible épidémie de grippe espagnole, La Reine MARAU rédigea ses Mémoires et déjà TAKAU prévoyait de publier un jour ses Souvenirs. En septembre 1920 trois ethnologues américains passèrent à Tahiti et se lièrent d’amitié avec la Reine et il fut question de publier un ouvrage rédigé par la Reine sur l’Histoire et les traditions ancestrales de Tahiti. C’est ainsi que MARAU commença à rédiger (en anglais) un ouvrage qui devait s’appeler Memoirs of Marau Taaroa, last Queen of Tahiti. En 1922 les ethnologues revinrent des Marquises et le travail continua. Le manuscrit original définitif fut achevé en 1924 et TAKAU l’envoya à Willowdean HANDY pour qu’il soit publié et deux copies dactylographiées furent réalisées : une pour MARAU, l’autre pour le Bishop Museum. Or le manuscrit ne se trouve pas au Bishop Museum. (Ce texte était dédié à sa petite-fille Hinarii Monique). Mais le musée n’imprimait que des bulletins et la Reine souhaitait une édition de luxe illustrée. Donc rien ne se fit. Des éditeurs de New-York ne furent pas intéressés. Si bien qu’en 1968 TAKAU entreprit la traduction en français du texte anglais et des textes tahitiens pour que les MÉMOIRES puissent enfin voir le jour en 1971 sous une belle édition publiée par la Société des Océanistes sous le titre MÉMOIRES DE MARAU TAAROA DERNIÈRE REINE DE TAHITI traduits par sa fille la Princesse ARIIMANIHINIHI TAKAU POMARE.

Quant aux SOUVENIRS, ils devaient être publiés en 1934 et Monsieur Charles REVEL, inspecteur général des Colonies, ami de MARAU, devait en rédiger la préface mais la publication n’eut pas lieu et c’est seulement aujourd’hui, en 2024 qu’ils le furent grâce au travail de son arrière-petit-fils qui retrouva le manuscrit en 2019.

La POSTFACE reproduit le texte de la lettre de mai 1934 de Charles REVEL, ancien inspecteur général des Colonies, à la Princesse TAKAU.

Charles Revel y insiste sur la fidélité à la réalité des récits que lui fit la Reine MARAU, événements souvent déformés par des témoignages de personnes ignorantes ou de mauvaise foi et il rappelle l’histoire des Polynésiens, bouleversée par l’arrivée des Européens. Il évoque les difficultés de la Reine POMARE IV devant toutes ces influences, entre autres celles des missionnaires anglais et français et le rôle positif crucial des interventions d’ARIITAIMAI, rôle trop longtemps minimisé. Il regrette, comme le fit la Reine MARAU discrètement, le fait que le Protectorat n’ait pas pu perdurer à Tahiti et que l’annexion, instaurée « à l’insu de la population » ait conduit à une situation moins favorable avec « la valse éperdue des fonctionnaires » et il rend hommage à « l’autorité traditionnelle d’autant plus belle que depuis un demi-siècle elle n’est que morale » (comme celle de la Reine MARAU).

Un dernier texte : NOTRE FAMILLE, UNE THÉOCRATIE de Terupe SALMON rend hommage au clan des TEVA après avoir rappelé l’origine divine des ARI’I NUI et des ARI’I

Il en arrive à parle de TETUNA’E NUI (le législateur) intronisé sur le marae Farepu’a vers 850.Ce sont ses lois et institutions qui, en plus de la nature divine des descendants de TETUNA’E NUI, permirent une stabilité politique pendant plus de mille ans avant l’arrivée des Européens.

Un petit-fils de TETUNA’E NUI prénommé TETUNA’E fut consacré sur un nouveau marae à Papeari et ce marae fut nommé Tahiti. TETUNA’E fut nommé Terii Nui O Tahiti (le grand ari’i de Tahiti) et son grand-père rebaptisa l’île TAHITI.

Le texte raconte que TETUNA’E eut une fille : HOTUTU qui connut un autre homme que son mari parti en voyage. L’homme lui fit ses adieux en lui annonçant qu’elle allait donner le jour à un fils qu’elle appellerait TEVA. Ensuite il disparut dans l’océan transformé en un énorme requin. TEVA fut donc le fils du dieu requin Ruāhatu.  HOTUTU fit édifier à Papara le marae Mataoa à partir d’une pierre du marae Farepu’a et TEVA fut consacré Ari’i NUI de Papara. Il eut dix enfants dont les noms sont ceux de territoires devenus des communes de nos jours. Il récupéra aussi le territoire de Papeari. Il fut donc à la tête de 8 districts. Et « cette forteresse du clan des TEVA » perdura durant 800 ans, faisant de ce clan de loin le plus puissant de Tahiti. Ce qui explique que sa descendante ARIITAIMAI et ses enfants se sentaient chez eux à Papara et que les Pomare s’efforcèrent d’épouser un descendant ou une descendante des TEVA pour légitimer leur pouvoir aux yeux du peuple.

Bien sûr ces origines divines peuvent être acceptées ou non par les autochtones largement convertis au christianisme. Mais on peut méditer sur le fait que la Reine MARAU, inhumée dans le cadre de la religion protestante fit construire comme dernière demeure la reproduction en miniature d’un marae ancestral.

CONCLUSION

Ce livre est un remarquable complément des MÉMOIRES, précisant certains événements historiques et en évoquant d’autres à peine ou non présents dans les MÉMOIRES.

Il fait entendre la voix de la Reine MARAU, parfois de la Princesse TAKAU ou celle de Raanui DAUNASSANSet de certains témoins. Il permet d’approcher les personnalités de femmes exceptionnelles, comme MARAU, d’une grande intelligence politique, d’une grande culture et d’une grande indépendance mais aussi de mieux connaître ARIITAIMAI à qui MARAU donne une très grande place dans ses SOUVENIRS. MARAU peint aussi souvent sa belle-mère et amie proche, POMARE IV, l’enfant mal aimée non destinée à régner qui régna cependant 50 ans et subit bien des deuils (elle perdit beaucoup d’enfants et de petits-enfants). On comprend d’ailleurs mieux certaines de ses hésitations au moment du Protectorat grâce aux explications de MARAU. La princesse TAKAU joue aussi un rôle important dans ce livre et le mérite vu son rôle auprès de sa mère, son travail immense de traduction et de publication sur les MÉMOIRES et son recueil et sa transcription des SOUVENIRS.

Bien sûr, ce livre des SOUVENIRS a un côté parfois presque hagiographique et souligne l’importance du clan des TEVA. Peut-être que certaines autres familles de Polynésie peuvent avoir quelques désaccords. Il n’en demeure pas moins que tous les événements historiques racontés sont véridiques et que de nombreux témoignages permettent de vérifier bien des points. Les planches généalogiques en annexe vont passionner bien des familles polynésiennes.

Pour les non-autochtones, ces SOUVENIRS, lus en complément des MÉMOIRES, permettent une prise de connaissance passionnante de l’Histoire et de la culture polynésiennes, et aussi une approche de l’âme polynésienne incarnée par ces femmes hors du commun, dévouées à leur culture, à leur peuple et à leur famille que furent la Reine MARAU, sa mère ARIITAIMAI et sa belle-mère et amie la Reine POMARE IV.