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C’est le troisième jour de violences en Nouvelle-Calédonie, alors que l’Assemblée nationale a adopté le texte sur le dégel du corps électoral provincial, notamment à 10 ans de résidence.

A Nouméa et dans le Grand Nouméa, les incendies et les pillages se poursuivent malgré la mise en place d’un couvre-feu. De grandes enseignes, de nombreux magasins mais aussi des établissements publics (dont plusieurs écoles et collèges) ont pris feu ; une épaisse fumée recouvre désormais la capitale néo-calédonienne. D’après le Haut-commissariat, ces « graves troubles à l’ordre public », ont mené à plus de 130 interpellations, plusieurs dizaines d’émeutiers ont été placés en garde à vue, tandis qu’une soixantaine de blessés sont à déplorer parmi les forces de l’ordre.

Les rues sont désertes et certaines routes sont barrées par des voitures incendiées. L’aéroport de Tontouta reste fermé aux vols commerciaux et la population est appelée à limiter ses déplacements en journée. Une nouvelle rébellion avec tentative d’évasion s’est déroulée au centre pénitentiaire de Nouméa. Selon le Haut-commissariat, « elle a été mise en échec par les forces de sécurité qui ont repris un complet contrôle de la situation ».

La réforme constitutionnelle met le feu aux poudres…

Alors que les affrontements et les blocages se poursuivent, l’Assemblée nationale a adopté malgré tout à Paris le texte sur le dégel du corps électoral. L’article 1 a recueilli à 135 voix contre 70. Sur les réseaux sociaux, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, affiche sa satisfaction : « Le dégel du corps électoral provincial, à 10 ans de résidence mais aussi pour les calédoniens nés en Nouvelle-Calédonie après 1998, vient d’être adopté à une large majorité à l’Assemblée Nationale. Promesse tenue. L’État, à la demande du Président de la République, continue de tendre la main pour un accord global avec tous les partis calédoniens, avec respect et humilité. »

La gauche est, elle, consternée, à l’instar du député insoumis Bastien Lachaud, qui a largement soutenu le retrait du texte : « C’est scandaleux. Ce sont les accords de Nouméa qui sont déchirés, estime-t-il. Le gouvernement porte la responsabilité totale de tout ce qui va advenir par la suite. »

Moetai Brotherson propose un « travail de médiation »

En Polynésie, le président du Pays était intervenu la veille sur les réseaux sociaux et avait manifesté son soutien aux « frères et amis » de la Kanaky : « Les projets de texte qui sont soumis sont délicats et étaient malheureusement prévisibles dans leurs effets. Ce qui s’est produit aurait pu être évité. J’espère de tout cœur que l’Assemblée nationale prendra la mesure des enjeux. Il est encore temps pour que la sagesse l’emporte. » Moetai Brotherson avait également proposé de « faire un travail de médiation depuis la Polynésie » et se tenait « à la disposition des uns et des autres » afin que ce conflit cesse sur le Caillou. Il n’a pas été entendu.

Après trois référendums rejetant l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, la voie de la décolonisation semble encore bien longue, tandis que la paix civile est grandement menacée…

Source : Nouvelle-Calédonie la 1ère

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1 réflexion au sujet de « Nouvelle-Calédonie : malgré les pillages, les émeutes et les incendies, le texte sur l’élargissement du corps électoral adopté à Paris »

  1. De prime abord l’offre de médiation du Président de la Polynésie est une bonne idée. En tant qu’indépendantiste « réaliste – pragmatique » il pourrait être un médiateur.
    Cependant, nos indépendantistes polynésiens, par ailleurs, ont fait preuve de beaucoup d’activisme (jusqu’à signer cette fameuse convention avec l’Azebajian…) pour aller vers l’indépendance, ce qui pourrait sous entendre une faiblesse dans la neutralité minimum nécessaire à une médiation…

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