« Plaidoyer pour des fous » : le combat d’Éric Chevreuil pour préserver Clipperton

Le disque est rayé, je le sais. Encore et encore la même chose. Éric Chevreuil et « son » atoll perdu de Clipperton, l’île de la Passion, le caillou, la bâtarde de la République. Je suis à court d’énergie, de salive, d’encre. Je ne sais plus à qui parler ni quoi faire. Quatorze ans de combat pour conserver Clipperton dans les infos, 14 ans à décoder la langue de bois parisienne, à exposer la non-gestion et l’abandon d’une terre de France magnifique. Quatorze ans déjà et rien n’a vraiment changé. J’ai mal à Clipperton ! J’ai mal à la France !

« Gestion étrange »

Depuis 2012, toutes mes demandes d’autorisation pour m’y rendre ont été refusées. Trop dangereux, une menace pour l’écosystème. Le 23 novembre 2016, une aire protégée a été créée dans les 12 miles autour de l’atoll (ce qui correspond déjà aux eaux territoriales, il me semble, où l’accès est déjà très contingenté). Interdiction de s’arrêter, de débarquer, de prélever quoi que ce soit (de la noix de coco à la langouste, en passant par un morceau de corail) sous peine de confiscation du navire, d’une lourde amende et peut-être même de prison. (2016, effet d’annonce à l’issue de l’expédition « Pristine Ocean » du National Geographic américain, Mme Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer). Depuis 2012, mon premier voyage, des autorisations ont été données à des groupes les plus farfelus – Clipperton Project, une expédition internationale mais surtout mexicaine, partie sur Clipperton pour y achever une fusion entre la science, l’art et l’histoire, et ils ont failli y laisser la peau, mangeant des nouilles à l’eau de mer, la même où ils faisaient leurs besoins, et empilant des déchets pour faire leurs sculptures… -, trois expéditions de radioamateurs, expéditions lourdes par excellence avec groupes électrogènes, quads, tentes, des tonnes de matériel, deux ou trois douzaines de personnes, et souvent des déchets abandonnés (en particulier pour les expéditions Cordell). Il y a eu un yacht de luxe de San Diego – de belles photos à terre, langouste tous les jours. Et puis il y a eu une compagnie américaine de pêche au thon (une année, légale, redevances) et quelques expéditions scientifiques franco-mexicaines dans le cadre des accords de pêche, avec en particulier l’expédition lourde Passion 2015 et son détachement militaire, pour la première fois depuis les missions Bougainville de la fin des années 1960, et même des Canadiens, certainement perdus. Toujours beaucoup de voyages illégaux au départ du Mexique dont a profité votre serviteur, mais aussi les senneurs sud-américains et peut-être asiatiques (nous avons une surveillance satellite de l’atoll et de la ZEE… mais les résultats sont classifiés, ainsi nous, les électeurs et contribuables, ne pouvons pas poser de questions à notre gouvernement quant à ses actions vis-à-vis des contrevenants détectés !). Ajoutez à cela les voiliers et autres navires de passage, et ceux qui viennent s’échouer après une longue dérive.

Camp Bougainville

Bien sûr, le ton avait été donné par l’expédition Étienne – décembre 2004 à avril 2005-. Il avait un camp en dur avec de belles maisons en planche, des quads, des paraboles satellites et une ferme solaire, des VTT, des cuisinières à gaz, des groupes électrogènes et des tronçonneuses, et une rotation permanente d’une quarantaine de personnes à chaque échéance. Sa femme et ses jeunes enfants vivaient avec lui et un d’entre eux avait appris à marcher sur l’atoll. Il est reparti, a vendu livres et DVDs, et a presque tout laissé derrière. En 2012, j’ai même essayé de convaincre le Pacha du Prairial d’embarquer une belle cuisinière à gaz qui trônait toujours sur les ruines du camp, et de me la débarquer à San Diego. À l’époque, Étienne y travaillait et je voulais la lui livrer sur son pas de porte. Et puis la drogue, trouvée régulièrement (Étienne, l’Arago, le Prairial, le Viajero, moi, un semi-submersible en 2024…). Elle dériverait aussi pour se poser gentiment sur les plages de Clipperton, dans l’attente de gars comme moi pour éventrer les paquets et les jeter à la mer…. Ce qui m’a permis de résoudre une énigme. Clipperton semble être le seul endroit au monde (ou l’un des seuls) où les murènes sortent de l’eau pour capturer des crabes. Cousteau l’a documenté dans son film, et je l’ai observé moi-même en 2023. Donc, il est possible que la cocaïne jetée à la mer ait cet effet sur les murènes. Avis aux scientifiques. Mes deux sous dans le débat !

Il n’est pas rare de trouver des paquets de cocaïne qui ont dérivé jusqu’à l’atoll…

« Protection et développement »

Je reviens à Madame Ségolène Royal. Lors de la conférence internationale « Our Ocean », qui s’est déroulée en septembre 2016 à Washington DC, elle avait aussi déclaré, je cite : « Ce qui est important, c’est de prendre des mesures de protection mais aussi de gestion pour montrer que l’on peut parfaitement protéger les océans et développer la pêche, le tourisme, le transport maritime. Quand on détruit l’environnement, on détruit aussi la valeur économique. L’océan c’est la vie, c’est quelque chose d’irremplaçable« . Protection et développement : un concept intéressant… et non appliqué. La gestion actuelle franco-française consiste à y envoyer un navire de la Marine nationale au minimum une fois par an, parfois deux, pour des missions de souveraineté limitées dans le temps (2 à 3 jours maximum) et en pouvoir de police. Pour sa mission début février 2024, la frégate de surveillance Prairial, basée à Papeete, a ramassé 3 mètres cubes de déchets et détruit 2 200 munitions US de la Seconde Guerre mondiale. En plus, je cite la Marine nationale, « l’hélicoptère Dauphin a procédé à trois patrouilles de surveillance maritime permettant l’interrogation de trois bâtiments de pêche, l’un deux ayant aussi été inspecté par l’équipe de visite du bord, contribuant ainsi à garantir la souveraineté française dans cet atoll isolé ». En clair, deux des navires interrogés ont refusé l’inspection.

J’ai été témoin de ces interrogations par deux fois (2012 et 2015) et ai pu évaluer « la force » de notre pouvoir de police CHEZ NOUS, dans la ZEE :

Pescas Aztecas 4, ici le Prairial. Êtes-vous en activité de pêche ?

Non, juste en transit.

Avez-vous pêché dans la ZEE ?

Non.

Pouvons-nous monter à bord et inspecter votre navire ?

Non.

Ou :

Papeete, ici le Prairial, avons intercepté la vedette rapide colombienne désignée par la DEA américaine, en panne au large du Guatemala, et suspectée de transporter de la cocaïne. Pouvons-nous aborder ?

Après contact de Papeete avec les autorités colombiennes (via Affaires Etrangères, Paris ( ?): oui.

Ici le Prairial, sommes à bord, moitié du navire bâché, pouvons-nous fouiller le navire ?

Après contact de Papeete avec la Colombie : non.

Ici le Prairial, on leur laisse de l’essence et des rations de combat. Ils ne veulent pas être remorqués. On quitte la zone.

Papeete : OK.

Camp américain, 1944

Bien sûr, la faute n’est pas à notre Marine nationale. Elle fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a, et les pouvoirs qu’on lui donne. Peu de police, mais par contre elle doit faire un effort et ramasser des poubelles pour montrer que le gouvernement prend soin de Clipperton et la veut propre. Après tout, il faut se mettre de côté les votes écolo ! Ce qui ignore le fait que c’est le Pacifique qui est sale, pas notre île. C’est le Pacifique qui y dépose ses poubelles, et les reprend le lendemain, pour les remplacer plus tard par d’autres. Les 3 mètres cubes ramassés sous un soleil de plomb ou sous la pluie sont symboliques, c’est tout. Le temps passé à le faire, et la main-d’œuvre utilisée auraient été plus utiles à effectuer un projet scientifique simple, comme une évaluation de la population des crabes, ou des fous masqués, ou compter le nombre de palmiers, ou mesurer la largeur des vieilles passes, ou prendre en photo les coraux des récifs pour voir si le rosissement, le « pink disease » s’accroît, signe du réchauffement de la planète et de la mort de nos récifs. Pour ce qui est du développement, rien. L’exploitation du Guano par les Américains, puis les Mexicains de la fin des années 1800 à 1917. L’occupation américaine de décembre 1944 à septembre 1945. Les opérations Bougainville de la fin des années 1960 pour voir si les radiations de nos essais nucléaires en Polynésie menaçaient l’Amérique du Nord ; quelques projets de base scientifique nationale ou internationale mais avortés (1987 et 2015), une affaire américaine de pêche à la langouste dans les années 1970, mais sans succès… Rien, zéro, nada.

Rosissement des coraux, plongée à -15 mètres…

« Qui a parlé de science »

Oui, l’un des moyens de montrer notre souveraineté est d’y envoyer des scientifiques de temps en temps pour y refaire encore et encore les mêmes recherches, les mêmes observations et les mêmes recommandations. Dans le cadre des accords de pêche avec le Mexique, tous les deux ou trois ans, ils y vont maintenant au sein d’une mission franco-mexicaine. Le Mexique fournit le navire et sa part de scientifiques, et en avant… En utilisant un autre stratagème mis en place il y a quelques années, le Haut-Commissariat octroie aussi des autorisations, mais impose quelques scientifiques à titre gratuit au sein du voyage (National Geographic, radioamateurs, pseudo-science canadienne…). Tout cela est bien beau mais donne l’impression que Clipperton est une chasse gardée, une propriété privée réservée à Papeete (Université et Criobe). Pour ma part, cinq voyages en dix ans, cela a été mon temps et mon argent (sauf pour mon voyage au départ du Mexique à bord du Prairial en 2015 en tant que « aide de camp » de M. Folliot, alors député, aujourd’hui sénateur). Depuis l’expédition Étienne, nous avons donc pu envoyer sur Clipperton un grand nombre de scientifiques au profit de la recherche française. Mais j’ai aussi pu, pour ma part, documenter toute cette science qui s’est faite dans notre dos par diverses organisations étrangères, en particulier états-uniennes. Un de mes amis, maintenant retraité de la NOAA américaine (National Oceanic and Atmospheric Agency), est allé à Clipperton une douzaine de fois, plus souvent que le Professeur Jost qui doit posséder le record français (cet ami était à Clipperton avec le journaliste Benoît Gysembergh de Paris Match et c’est lui qui a pris les photos de l’article paru en 1987. Il y a aussi trouvé des morceaux de l’optique du phare et m’en a donné un, en plus du vieux pavillon qui figure en photo dans le magazine. Des études des fonds marins autour de Clipperton ont été réalisées, une évaluation des dégâts causés à nos récifs par le chimiquier Sichem Osprey après son échouement (avec prélèvements d’échantillons de coraux et de peintures), la découverte de nouvelles espèces d’éponges, la découverte d’une ancre ancienne prise dans les coraux, l’étude des requins ou de l’effet des écoulements de guano dans l’eau de mer sur le platier, le marquage de nos thons par les pêcheurs sportifs de San Diego (premier trip commercial de pêche au thon sportive à Clipperton en 1983), le marquage acoustique de nos requins depuis l’an 2000 par des Mexicains qui étudient leurs migrations entre Malpelo, les Galapagos, Clipperton et Revillagigedo (Migramar).

Les fameux « fous » de Clipperton

Cela a commencé illégalement avec la mise en place de balises acoustiques sur nos récifs et le marquage des requins, et nous sommes maintenant partenaires. J’ai aussi « récupéré » les négatifs de photos aériennes faites à basse altitude à Clipperton, par les Américains, une douzaine de missions dans les années 1980 et 1990. Des centaines de mètres de films au format militaire fournis à l’IGN (Institut géographique national, France) qui les a digitalisés et géoréférencés. Leur dernière couverture basse altitude française datait de la Jeanne d’Arc, en 1935, quand la France a repris possession de l’île. Il y a des masses de publications scientifiques étrangères sur Clipperton, ses crabes, ses oiseaux, ses rats, son lézard, ses requins, son lagon, ses tortues… Tant de science qui nous a échappé à cause de notre aveuglement typiquement français, aveuglement et ignorance de Paris et de Papeete, de la tour d’ivoire, vis-à-vis des réalités sur zone. Alors, tous les deux ans, on recompte les palmiers, les crabes, les oiseaux, les rats, les requins adultes, les poissons-anges. Tous les deux ans, on pleure sur la voracité des rats qui tuent les crabes terrestres, on mesure la couverture herbeuse qui chasse les fous et entraîne l’installation d’oiseaux qui n’ont pas peur de nidifier en hautes herbes, on déplore la disparition des requins marteaux et autres adultes… Et on y va à coups de rapports et publications scientifiques, on se cite entre nous, fait des recommandations, et on s’en va, on oublie Clipperton jusqu’au jour où on est encore payé pour s’en occuper. Et pendant ce temps, ceux qui le sont, payés pour s’en occuper, aussi bien à Papeete que Paris, sont en poste court terme et autres sièges éjectables politiques, effectuent leurs rotations « pain blanc » (Tahiti) et « pain noir » (banlieue parisienne ?) sans parfois même se croiser, et le dossier Clipperton redevient quelque chose de nouveau, d’inconnu, un dossier poussiéreux. Ah, si les crabes et les fous pouvaient mettre le feu aux poubelles et voitures de Paris et autres villes, saccager l’Arc de Triomphe, uriner sur la tombe du soldat inconnu, ou même siffler la Marseillaise, ou pourquoi pas voter !

Activités illégales

Colloque Clipperton à l’Assemblée nationale, 2015

Il y en a eu, la liste est très longue, et il y en a encore. Début 2022, j’ai passé cinq jours seul sur l’atoll / encore un bateau mexicain, mais un voilier cette fois-ci, et des plongeurs écologiques. En octobre 2015, j’ai eu l’honneur d’être invité au colloque Clipperton à l’Assemblée nationale. J’y étais un intervenant, « spécialiste » des activités légales et illégales à Clipperton. Pour l’occasion, j’avais réussi à obtenir une surveillance satellite personnelle de notre atoll couvrant tout le mois de septembre. L’as dans ma manche. Après avoir évoqué les trafics de poissons-anges (endémiques), de coquillages ramassés sur place (endémiques aussi) et vendus sur EBay, de nodules de la zone Clipperton-Clarion, la pêche au thon sportive et industrielle illégale, la drogue sur et autour de Clipperton (en particulier l’interception d’un gros transporteur à proximité de l’atoll par la marine US aux ordres de la DEA – M/V Norden -), les diverses expéditions scientifiques et touristiques internationales, j’ai finalement montré mes cartes, déposé mon as, et présenté les résultats de la surveillance, pour un mois, montrant cinq ou six bateaux sud-américains et asiatiques au plus près de l’atoll, balises coupées ou les mêmes balises pour deux bateaux, etc. Joli coup, baron. Le premier problème des activités illégales est qu’elles ne sont pas contrôlées ni punies par la Police : l’administration de Papeete et son bras armé, la Marine nationale. Le deuxième est le fait que celle qui « comptent », la pêche industrielle illégale est maintenant détectée grâce à la surveillance satellite de l’atoll, mais la Police est trop loin : la Marine nationale est à près de dix jours de mer et ne peut pas intervenir, sauf si elle est déjà sur zone. Et nous savons que ses pouvoirs de police sont très limités et ses mouvements diffusés sur les réseaux sociaux, exposés à qui veut les voir (comment croyez-vous que je collecte tout ce qui touche à Clipperton ?). De plus, on n’entend jamais parler d’actions gouvernementales à l’encontre de pays contrevenants… Nous savons qu’il y en a, fermons les yeux et protégeons l’info d’un coup de tampon rageur, « confidentiel défense » ou autre « diffusion restreinte ». Le public, le contribuable, n’apprécierait peut-être pas de savoir que des millions d’euros sont perdus au fin fond du Pacifique, sur et autour d’une terre de France délaissée et pillée. Le troisième problème réside dans le fait qu’en dépit d’accords de pêche généreux qui donnent au Mexique le droit de pêcher nos thons jaunes dans notre ZEE, sans quota, contrôles ou redevances, ce sont les pêcheurs mexicains qui sont les premiers à contourner nos règles et à se jeter sur nos ressources comme si Clipperton était à eux. Et elle ne l’est pas et ne l’a jamais été !

De l’autre côté de l’illégalité, nous avions et avons toujours (mais moins nombreux), des pêcheurs sportifs de San Diego, des éco-plongeurs et des scientifiques, qui par méconnaissance de nos lois françaises en français et peu ou pas diffusées, ou par indifférence (un marin mexicain m’a dit que si les Français le mettaient en prison, il y mangerait certainement mieux qu’à la maison !), continuent à y aller. Tout ce que la France y perd, dans leur cas, ce n’est pratiquement rien. Peut-être quelques tonnes de thons, des noix de coco, quelques langoustes. Par contre, les rapports et photos que j’obtiens d’eux, me permettent un suivi de l’évolution de l’atoll (marine et terrestre) et de la pêche industrielle dans les 12 miles et dans la ZEE, suivi que les autorités ne possèdent pas. J’ai bien essayé d’en faire rentrer dans la légalité… cela m’aurait arrangé aussi. Mais cela ne se passe pas ainsi à Papeete et à Paris. Par exemple, un navire a fait une demande d’autorisation en règle, qui a été refusée car il était déjà allé à Clipperton sans autorisation. Mais un autre transporte régulièrement avec autorisations les expéditions radioamateurs, mais après avoir emmené près de nos côtes, sans permis, des pêcheurs sportifs pendant une ou deux décennies. Un scientifique mexicain a taggé nos requins et déposé des balises acoustiques autour de Clipperton, illégalement pendant une dizaine d’années mais est maintenant un scientifique incontournable qui retourne faire la même chose autour de Clipperton au sein de missions scientifiques franco-mexicaines. Gestion à deux vitesses, permissions aléatoires, demande de visas… ou pas (Le Clipperton Project, en 2012, passeports envoyés à Papeete pour visas), lois en place pour protéger l’environnement mais les expéditions lourdes et polluantes qui semblent toujours obtenir des autorisations, dangereux pour certains individus, et pas pour d’autres (Lance Milbrand, 41 jours seul, National Geographic, transport à bord du Royal Star – un autre navire favori des pêcheurs de thon depuis les années 1980)… Tout semble dépendre de la personne en charge ce jour-là, de l’humeur du jour, de la météo, du temps restant avant le retour vers la Métropole ! Au fait, Lance Milbrand a géoréférencé les côtes de l’île… avons-nous eu une copie de son travail ? Il a aussi trouvé l’armature du phare et la plaque de fabrication (Établissement Le Peaute, Paris… et oui, un phare français pour une revendication mexicaine)… a-t-il passé les infos à Papeete au retour ?

Des solutions ?

Il faut d’abord définir nos buts. Clipperton est et restera française ! La souveraineté de « l’île de la Passion » semble être l’une de nos priorités. C’est pour cela, semble-t-il, que nous donnons « souverainement » aux senneurs mexicains l’autorisation de piller notre ZEE sans redevances, quotas ni contrôles. De plus, « souverainement », nous avons décidé que les eaux territoriales seraient protégées et représenteraient une « réserve » naturelle. Grâce à notre surveillance satellite de la zone, au profit du contrôle des pêches, nous pouvons prouver notre « souveraineté » aux contrevenants en sanctionnant les pays pavillons, et en « punissant » les compagnies prises en flagrant délit de pêche sans accords, sans AIS, etc. Mais les résultats de la surveillance sont classifiés et nos gouvernements qui n’avaient rien fait avant cela sont censés maintenant, sans contrôle public, ni obligation de transparence, imposer notre droit souverain. On marche sur la tête, non ? Le COVID et le prix du carburant ont mis un coup de frein aux autres activités illégales telles que la pêche sportive du thon jaune ou la plongée avec les requins. Un trip de plongée coûte maintenant (2022) 5 000 dollars, la pêche sportive près de 10 000 dollars, et les radioamateurs de la dernière expédition ont dû payer près de 15 000 dollars par personne. Ça fait cher le trip et vous donne une idée du prix de mon indépendance, de mon « temps, mon argent » que je clame haut et fort. Nous sommes donc arrivés à une « gestion » incroyablement ubuesque et justifiée à tous les niveaux du gouvernement : les pilleurs se remplissent les poches légalement et les illégaux paient un prix fou sans que la France ne touche un sou ! Y a-t-il un moyen de « valoriser » Clipperton et de contribuer à la dépense publique que sa gestion impose ?

En 2027, les accords de pêche avec le Mexique reviendront sur la table des négociations. Il est peut-être temps d’imposer notre souveraineté, d’imposer des règles et des sanctions, et de faire payer une redevance pour nos thons aux senneurs mexicains. Quelque chose de simple : pas à la tonne capturée, ce qui sous-entendrait un contrôle de pêche permanent avec pesée des prises, mais une redevance par senneur détecté, un « prix rond » en fonction de sa capacité d’emport. De plus, ces accords devraient autoriser des inspections surprises au port de débarquement (tonnage, pêche collatérale, prélèvement génétiques, estimation de la santé du parc – juvéniles, adultes -, etc.). Ce contrôle serait effectué par un membre de l’ambassade de France et/ou un membre de l’IATTC (ils sont censés contrôler des navires des pays membres au retour de campagnes de pêche !). Modalités à définir. Enfin, les thoniers français pourraient profiter du même système de redevance et des mêmes tarifs préférentiels. Les accords incluraient l’autorisation du Mexique pour ces thoniers, d’aller décharger et vendre leurs thons au tarif local dans les ports des compagnies mexicaines autorisées à pêcher à Clipperton et dans sa ZEE. Ces accords les autoriseraient aussi à s’approvisionner au Mexique. Nos ressources ne seraient plus gratuites, elles seraient gérées (pour une fois !), nos thoniers en profiteraient, et nous aurions des revenus. La même gestion serait imposée aux écotouristes et pêcheurs sportifs dont l’impact négatif sur l’écosystème est minime comparé aux senneurs, aux expéditions lourdes « à la Étienne » ou autres expéditions radioamateurs. Ces derniers paieraient une redevance en fonction de la capacité d’emport du bateau. Les éco-plongeurs et autres écotouristes paieraient une somme fixée au Haut-Commissariat (100, 200, 500 euros par personne ?). Tous seraient tenus de remplir un rapport préformaté à retourner à Papeete en fin de séjour, avec quelques photos et vidéos. Tous seraient aussi nos yeux sur place et compléteraient nos systèmes de surveillance (Marine nationale et surveillance satellite). Tous pourraient aussi être orientés vers une priorité « scientifique » : mesurer une vieille passe, compter les palmiers, évaluer la population des rats, ou des crabes, compter les systèmes d’agrégation de poissons échoués (signe de pêche intensive), embarquer un scientifique français ou deux, rapporter la présence des senneurs (noms, nationalités, activités), rapporter les infos météo, décrire la situation sous-marine (coraux, requins, etc.). Tant de choses à faire qui ne demandent pas d’être titulaire d’un master ou d’être un Étienne ou un Cousteau. Enfin, la Marine nationale pourrait elle aussi être chargée de tâches « pseudo scientifiques » à effectuer sur zone. Monter un quadrillage sur un coin de la couronne pour évaluer la population des crabes, prélever des échantillons végétaux, de l’eau du lagon pour analyse, prendre des photos spécifiques, le tout demandé et décrit par des scientifiques qui en exploiteraient les résultats. Leur faire ramasser les poubelles pour une belle photo qui apaisera les beaufs et les écolos est une perte de temps phénoménale. Pensez-y : un sac poubelle à la fois, une douzaine de marins essaient de nettoyer le Pacifique. Des hommes à part… qui vieillissent !

Entre passion et oubli

Je vais avoir 64 ans. Je suis un Clippertonien depuis que j’ai entendu parler de cet atoll en cours de géopolitique aux Écoles militaires de Coëtquidan. Cinq séjours sur l’atoll depuis 2012. Deux plongées sur les récifs, parmi les requins, un ballot de drogue, une langouste pêchée à la main, et les crabes qui n’ont jamais cessé d’essayer de me manger. Quand j’y pense, je veux croire que je suis encore capable de passer les brisants à la nage en tirant ou en poussant mon sac a paquetage, de vivre cinq à sept jours seul sur la couronne en mangeant des noix de coco, des poissons pêchés, et en buvant de l’eau du lagon, purifiée. Je veux croire que je peux endurer les tempêtes tropicales inattendues, violentes mais brèves, les dix jours de mer aller-retour à bord d’un chalutier mexicain converti, trop petit pour tous. L’association Clipperton Projet Outre-Mer (Professeur Jost) vient de fermer ses portes. Ses membres sont plus âgés que moi. Beaucoup ont participé aux missions Bougainville de la fin des années soixante. D’autres sont d’anciens de la Royale. Une nouvelle association a vu le jour, mais la situation est identique à celle du CPOM et ils ont juste assez de membres pour une partie de Rami. A priori, Clipperton, c’est une affaire de vieux, des générations passées, et il a été difficile d’attirer et de former une relève. Nos épouses, nos amis et nos relations professionnelles ont entendu parler de cet atoll mystérieux car notre passion a été et reste contagieuse. Mais de Paris à Papeete, l’île de la Passion fait rarement la « Une ». La Marine nationale et quelqu’un à Papeete en sont les derniers gardiens. Pour le reste de la France, pas grand-chose. Clipperton n’est pas sur TikTok, et il y a longtemps que dans les écoles, l’enseignement est passé de la France « mondiale » au nombrilisme. C’est l’heure… j’ai rendez-vous avec mon psy… faut que j’y aille ! Comme en plus Clipperton n’est pas vraiment gérée, elle est aussi un symbole de la France d’hier (son empire, ses possessions), et de celle d’aujourd’hui, la France des bobos, des beaufs. Clipperton gêne car elle est peu ou pas protégée, pas trop gérée, livrée aux pilleurs sud-américains, et est devenue pour nous, les « Clippertoniens », le symbole d’un pays qui vit de sa réputation mais n’a pas ou plus les moyens d’entretenir son patrimoine. Combien de ces châteaux en piteux état avez-vous certainement vu aux quatre coins du pays, toujours habités mais plutôt dans l’abandon ! Il y a donc un intérêt politique certain à garder notre atoll sous cloche et à ne pas trop en parler. J’ai mentionné plus haut la surveillance satellite et ses résultats classifiés. Sans commentaires.

Éric Chevreuil

Sans des gens comme moi, ou le CPOM, Clipperton disparaîtra des « news » et ne posera plus de problèmes. Un exemple ? Au cours de la dernière expédition radioamateur sur Clipperton (11 au 28 janvier 2024), ils ont eu la surprise en faisant le tour de l’île de découvrir un semi-submersible de transport de drogue de 17 mètres de long, avec trois moteurs hors-bord de 150 cv chacun, encore attachés à sa coque (fabrication colombienne). Pas de drogue à bord, pas d’équipage sur l’atoll, navire peu abîmé. Ils ont prévenu Papeete qui a envoyé la frégate de surveillance Prairial en intervention. Celle-ci est arrivée après le départ des radioamateurs. Sur le site internet de la « Royale », la mission Clipperton du Prairial parle du contrôle de trois senneurs, du ramassage de poubelles, et de la destruction de munitions américaines de la Seconde Guerre mondiale. Rien sur le semi-submersible. J’ai contacté Papeete pour avoir des informations et on m’a répondu en gros : sans commentaires, affaire judiciaire en cours. Voilà. C’est Clipperton. Une trentaine de personnes étaient sur zone, ont découvert, vu et visité le bateau échoué, certainement informé leurs familles et amis sur les réseaux sociaux, mais rien pour vous. Clipperton est et restera sous cloche. Entre-temps, pour m’amuser et faire grincer les dents de fonctionnaires gominés, j’ai contacté la DEA américaine (Drug Enforcement Agency) pour savoir s’ils avaient des informations sur ce « drug runner ». Pourquoi aurait-il été abandonné à la dérive par ses propriétaires ou par le navire qui l’a peut-être intercepté. Ont-ils des informations sur un navire de ce genre poursuivi et/ou intercepté au large du Mexique ? Ce semi-submersible n’a pas assez d’autonomie pour rejoindre la côte ou venir seul à Clipperton. Les traces à bord montrent que des hommes y ont vécu (emballages nourriture, bouteilles vides). Que s’est-il passé ? L’information n’est pas pour vous !

Épi.. logue ou … taphe

Pif, le chien de la BD que je lisais enfant, disait « Pas Glop ». Moi, je dis « Arrrrghhhh ». À chacun son langage, mais mon cri de désespoir est tout ce qu’il me reste. Le fruit de mes recherches, un téraoctet de données, a été enregistré à la Bibliothèque nationale de France. Mon livre sur l’histoire cartographique de Clipperton de 1700 à nos jours m’a valu les félicitations du Secrétaire général de la Société géographique française (sur Amazon, pour les curieux). Mes articles et publications m’ont valu deux invitations de la Marine nationale pour aller à Clipperton à bord du Prairial, et une invitation à l’Assemblée nationale pour y témoigner sur les activités légales et illégales sur ou liées à Clipperton. Clipperton m’a permis de rencontrer des gens fantastiques (Messieurs Jost, Folliot, Pitman, Bessudo…), de découvrir les anciens des missions Bougainville, d’amasser des histoires fantastiques, de voir sur l’atoll toutes les traces de son histoire riche, de la revivre et de la partager. Clipperton m’a permis d’aller « au bout de moi-même », de réaliser à quel point nous, les humains, sommes petits et insignifiants, de réaliser que la nature est indomptable et s’adapte. Clipperton m’a aussi permis de découvrir le monde des « illégaux », des éco-plongeurs et des pêcheurs sportifs, des senneurs mexicains, et de développer un réseau international de Clippertoniens aussi passionnés que moi. Voyager avec des Mexicains m’a aussi permis de revisiter le débat sur notre possession de l’atoll toujours contestée par certains au Mexique (un nouveau livre vient d’être publié au Mexique et j’ai bien sûr déniché son auteur et débattu avec lui de la validité de ses assertions). Des heures de débats le soir sur le bateau… cinq jours de mer, il y avait de quoi faire ! Quelque part, beaucoup d’entre eux aiment notre île, parfois plus que nous ! Mais avec le temps, j’ai aussi découvert que la passion de certains n’existait que parce que le chèque tombait tous les mois pour entretenir une passion temporaire pour Clipperton. Trop ont disparu sans laisser d’adresse, faisant des fidèles de l’atoll des gens dignes de mon respect, de mon admiration. Trop se sont servis de Clipperton pour se faire un nom. Il y a eu trop de drames, de magouilles, de papiers scientifiques, de projets avortés, de recommandations jamais suivies mais trop répétées. Moi, j’ai tout partagé, dit ce que j’avais à dire, risqué ma vie et dépensé mon argent pendant mes congés pour que Clipperton ait une voix. Cela fait deux ans déjà que nous en parlions encore ici, et il est temps d’en reparler. Clipperton continue de vivre grâce a ceux qui s’en souviennent !

Dans son livre Clipperton, île tragique (Albin Michel, 1976), Andre Rossfelder a écrit :

« Le pouvoir et la fascination des îles, de quoi sont-ils faits ? L’éloignement du monde ? la lenteur du temps ? l’instinct du territoire ? Ou tout à la fois ; cet appel a l’enfant qui demeure en nous et qui garde en lui une île heureuse et perdue, dont il sera un jour le maître ? Là, chaque intervention de l’homme – vagabond, naufragé, poète ou ingénieur – s’inscrit longuement dans le paysage de l’histoire. Dans nos vieux continents, il y a toujours des guerriers et des pionniers pour effacer les traces de ceux qui les ont précédés, mais les îles, elles, se souviennent. (…) Ici, la pesanteur du temps est plus forte que l’immensité alentour. Le Pacifique est pareil au désert saharien : un monde en lui-même parcouru sans répit et en tous sens de caravanes et de voyageurs. Les oasis sont si rares que les nouvelles s’y propagent lentement mais sans omission. Les années ne comptent pas ; les événements y sont toujours nouveaux. »

Le rocher du diable

À Clipperton, au grès de mes pérégrinations, je revois les pionniers du « guano rush » américains à travers les restes de l’exploitation du phosphate, les rails rouilles et les morceaux de wagon. Je « vois » l’entrepôt et l’embarcadère, le Nokomis et le Kinkora. Mais aussi le village et le cimetière mexicain, l’embarcadère, le Yorktown à horizon, le phare et Alvarez au rocher. Au bois de Bougainville, des jeunes soldats du Génie, construisent des huttes et jouent de la guitare, pendant que d’autres font de la voile dans le lagon… il faut passer le temps pendant que les dalles de béton sèchent. Plus loin, ce sont des « Seabees » et des marines américains qui déchargent le LST563 échoué sur les coraux. Ils nivellent un terrain d’aviation et le bulldozer Caterpillar me sourit à marée basse. Ce qui reste du Lilly Mary et de l’Oco, épaves rongées, pare les éléments et le temps m’emmène à bord de tous ses navires qui ont fini leurs courses sur les récifs… la terreur, les vagues, la faim, la soif, l’attente. À l’ancien site de la NASA, je pense à la Guyane et à Ariane, et au rôle de Clipperton au profit de notre aventure spatiale…

Ce qui reste du Lilly Mary
… et de l’Oco

Les îles se souviennent, et moi aussi. À chacun de mes séjours, j’y ai vécu en parfaite harmonie avec ses habitants et ses fantômes que je connais maintenant très bien. Tout petit, tout seul sur ce caillou à trois mètres au-dessus de l’océan, à cinq jours de la terre la plus proche, face à un ciel et à une mer immense et vide, perdu dans ma tête, perdu dans Clipperton et son histoire inimaginable ! Une plénitude et une paix inégalable. « Cet appel à l’enfant qui demeure en nous et qui garde en lui une île heureuse et perdue, dont il sera un jour le maître ».

Cet enfant, c’est moi !

Textes et photos : Éric Chevreuil

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Népotisme ? Comment obtenir une autorisation !

« J’étais désireux d’aider xxxxx à obtenir le permis de débarquement du Haut-commissariat en Polynésie française. Ma première communication téléphonique avec Tahiti a été un peu chaotique et très coûteuse. Plutôt que de continuer à contacter directement les autorités par téléphone, j’ai demandé à mon très bon ami xxxxx, qui vit à Moorea, de m’aider. La persévérance de xxxxx dans les négociations avec le bureau du Haut-commissariat et dans la recherche d’un scientifique pour rejoindre notre expédition a été la clé, et après 9 mois, nous avons obtenu le permis de débarquement. (…) Plusieurs personnes nous avaient dit qu’un permis de débarquement pour Clipperton ne serait pas délivré en raison d’un changement de loi en 2016. Bien que les lois aient changé et que la radio amateur ne soit pas considérée comme une raison suffisante pour délivrer un permis, après de nombreux échanges d’e-mails et d’appels téléphoniques, xxxxx a trouvé un terrain d’entente. Alors que les expéditions précédentes étaient autorisées, selon les nouvelles réglementations, la visite doit désormais avoir un caractère scientifique. Ainsi, le défi était maintenant de faire appel à des individus authentiques ayant une légitimité scientifique auprès du gouvernement. xxxxx a contacté xxxxx, professeur à l’Université de la Polynésie française (…) rejoint par xxxxx, professeur à l’Université d’Orléans. Rejoignant également l’équipe, il y avait xxxxx, représentant d’une organisation à Paris dont le but est de protéger l’environnement de Clipperton, l’Association la Passion-Clipperton. Avec une équipe scientifique accréditée, nous avons obtenu le permis de débarquement (…) » (source radio amateur)

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Extrait d’une réponse négative du Haut-commissariat à une de mes demandes d’autorisations :

« Vous avez souhaité profiter d’un séjour de croisière de plongée sur l’atoll de Clipperton pour débarquer sur l’atoll et « étudier et documenter l’infestation des rats et son impact sur l’écosystème et la population native de crabes et d’oiseaux de mer« .
J’ai fait analyser votre demande par des scientifiques qui connaissent bien Clipperton ayant participé à l’expédition de J.L. Etienne. Ils considèrent que l’ambition de votre programme est irréaliste compte tenu du fait que vous êtes seul, sans expertise scientifique dans le domaine concerné et que vous resterez très peu de temps. Ils estiment donc qu’aucune vraie retombée scientifique ne peut être attendue d’un tel séjour.
En revanche, la fragilité de la biodiversité de Clipperton et les dangers de tout débarquement sur l’atoll rendent un telle expédition très périlleuse.
Pour votre information, la marine fait régulièrement des relevés lors de ses séjours sur l’atoll. »

Je note :

– « Des scientifiques qui connaissent bien Clipperton ayant participé à l’expédition de J.L. Etienne » : une référence ? L’expédition Etienne était sur Clipperton avec quads, groupes électrogènes, ferme solaire, tronçonneuse, cuisinières au gaz… Ils y ont construit des maisons en bois avec toit en tôles ondulées et électricité… Les enfants d’Etienne étaient en bas âge et l’un d’entres eux a fait ses premiers pas a Clipperton… mais « la fragilité de la biodiversité de Clipperton et les dangers de tout débarquement sur l’atoll rendent un telle expédition très périlleuse »…pour moi ! De plus, l’expédition Etienne est partie en laissant tout sur place et en 2012, sa cuisinière au gaz trônait toujours au milieu des ruines de sa maison, 7 ans après leur départ. En 2022, j’ai découvert une « cache » de vaisselle mexicaine (assiettes, couverts…). Je voulais croire que ça datait de la colonie « oubliée » mexicaine, mais c’était beaucoup plus récent…

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Extrait d’une réponse négative du Haut-commissariat à une de mes demandes d’autorisations :

« Conformément à la loi n° 55-1052 du 6 août 1955 portant statut de l’île de Clipperton, ainsi qu’à l’arrêté du 3 février 2008 portant délégation de l’administration de l’île de Clipperton au Haut-commissaire de la République en Polynésie française, je vous informe qu’il ne m’est pas possible, en l’état, d’accorder mon autorisation à votre demande.

En effet, les autorisations d’accès sont à ce jour limitées aux seules expéditions à vocation scientifique ou environnementale. Par ailleurs, la société « Rango Extendido », d’après la publicité faite sur son propre site internet, s’est rendue à plusieurs reprises dans les eaux territoriales et sur l’atoll de Clipperton, sans autorisation préalable, au mépris de la règlementation française. »

Je note :

« les autorisations d’accès sont à ce jour limitées aux seules expéditions à vocation scientifique ou environnementale » : … et radio amateur !

« Par ailleurs, la société « Rango Extendido », d’après la publicité faite sur son propre site internet, s’est rendue à plusieurs reprises dans les eaux territoriales et sur l’atoll de Clipperton, sans autorisation préalable, au mépris de la règlementation française » : comme le reste du monde. Le Shogun qui vient de ramener la derniere expédition radio amateur va à Clipperton depuis le début de la pêche sportive au thon au départ de San Diego : 1983.

« Au mépris de la règlementation française » : je suis Français, Clippertonien, et aurai du mal à dénicher cette « arlésienne », cette réglementation certainement en français administratif.