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Dans notre article du 1er juin, « Le gouvernement a-t-il réellement « stoppé l’inflation » ? », nous concluions s’agissant de la Polynésie française que « L’inflation peut dorénavant être considérée comme jugulée, au moins pour l’instant (il conviendra de voir l’impact éventuel du desserrement des politiques monétaires qui est prochainement à venir) ». Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps, comme prévu, pour vérifier cet enclenchement de la baisse des taux.

Le 6 juin 2024, dans un communiqué, l’IEOM « souligne que la politique monétaire mise en œuvre depuis août 2022 a contribué au net fléchissement des taux d’inflation ». Une litote qui rappelle avec tact que si l’inflation a été « stoppée » (lire notre précédent article ici : https://www.pacific-pirates-media.com/le-gouvernement-a-t-il-reellement-stoppe-linflation/), il serait sans doute opportun d’en comprendre le processus. Rendons à César, donc. L’IEOM annonce ensuite baisser ses taux directeurs de 25 points de base, une décision en accord avec le faible taux d’inflation de la Polynésie française (1,2 % en glissement annuel pour le mois d’avril 2024), mais aussi avec le taux d’inflation de la Nouvelle-Calédonie (0,6 % sur la même période). Certes, l’inflation à Wallis-et-Futuna reste encore un peu élevée (4 % à la fin du premier trimestre de 2024) – rappelons que l’IEOM décide de la politique monétaire pour l’ensemble du franc Pacifique, utilisé conjointement par les trois collectivités. Mais, d’une part, Wallis-et-Futuna reste très peu peuplé : 11 588 habitants au recensement de juillet 2018, soit 2 % environ des habitants de la zone du franc Pacifique. D’autre part, les conjonctures économiques polynésiennes et calédoniennes montrent d’ores et déjà un fléchissement, sans même parler des émeutes calédoniennes du mois précédent, dont l’impact sur le fonctionnement de l’économie sera considérable. Quant à la situation polynésienne, comme le note l’IEOM dans son communiqué : « l’activité dans le secteur du tourisme, très dynamique après la sortie de la pandémie, semble marquer un palier face à l’attentisme des investisseurs dans le secteur hôtelier ». Il est certain à cet égard que les nouvelles mesures gouvernementales en matière de défiscalisation sont loin d’être de nature à rassurer les investisseurs locaux et donc à soutenir la croissance du secteur (et donc de l’ensemble de l’économie polynésienne) …

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