L’association Te Motu, qui milite pour le vivant, l’urgence écologique et pratique la « sobriété heureuse », avait annoncé depuis quelques semaines ce rassemblement du samedi 17 juin 2023, à 14 heures, place Tarahoi qui devait déboucher sur une marche pour le climat (lire notre article). Jason Man Sang, son frère et quelques amis avaient entrepris, quelques…

Jason Man Sang a regretté que si peu de monde se soit déplacé, a suggéré que la marche se transforme en réunion débat, a présenté les grandes lignes de la lutte pour le climat et a proposé à la signature des participants une lettre de demande d’audience au président Moetai Brotherson pour lui demander, entre autres points, de préciser sa vision « d’une Polynésie française durable et préparée aux enjeux écologiques » (son élection représente un espoir pour la lutte en faveur du climat). Des propositions existent, inspirées notamment par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Elles lui seront présentées lors de l’audience.

Puis il a passé le micro aux personnes désireuses d’intervenir. Des actions ont été proposées en faveur d’une piste cyclable, bien protégée le long de la RDO et tout autour de l’île. Des intervenants ont plébiscité une « manifestation » de 200 à 300 vélos sur la RDO pour sensibiliser la population et les dirigeants à ce problème. L’artiste Roti Make a rappelé que, dès 2009, des associations manifestaient en faveur de l’’installation de pistes cyclables sécurisées.
Une dame originaire de Makatea a parlé des pistes cyclables mais aussi de son combat pour que l’extraction du phosphate ne reprenne pas à Makatea.

Une personne handicapée en fauteuil a parlé de ses difficultés de déplacement à Papeete et ses environs.
Un participant a proposé que, pour désengorger les routes, des transports en pirogues doubles ou avec d’autres genres de bateau assurent des liaisons par voie maritime autour de Tahiti pour éviter que les gens ne prennent trop leur voiture individuelle.
Des demandes ont été émises par rapport à des transports collectifs bien organisés.
Un lycéen et une collégienne ont demandé que des associations comme Te Motu puissent intervenir dans les classes (ainsi qu’en primaire) pour sensibiliser les jeunes à l’urgence écologique et aux solutions qui existent : chacun, à sa façon, peut aider à préserver le Fenua, que ce soit en triant, en ne jetant plus de plastique et autres déchets non biodégradables, en nettoyant les endroits pollués, en cultivant et en mangeant bio le plus possible, en préférant le vélo ou la marche à pied à la voiture, etc. Ces interventions de jeunes sont apparues à tous comme d’une extrême importance car ils sont l’avenir et peuvent sensibiliser leurs familles.
Un doctorant de l’Université de la Polynésie française a d’ailleurs proposé d’intervenir auprès des lycées ou d’associations.
Une participante a indiqué l’existence du Marché Bio, seule coopérative agricole biologique aux produits garantis qui se trouve à Taunoa, juste à droite après le restaurant « Le Cheval d’or » (tout au bout de l’avenue après être passé devant l’épicerie « Cécile »). L’alimentation bio locale étant un des remèdes pour améliorer la santé des Polynésiens et réduire l’empreinte carbone.
A été également rappelée la sortie récente du très intéressant livre Urgence écologique au Fenua, livre collectif sous la direction de Sylvie Largeaud-Ortega, sorti en avril 2023 aux éditions ‘Api Tahiti (lire notre article). Ce livre a le mérite de donner la parole à des spécialistes de toutes les disciplines qui touchent à l’écologie. Jason Man Sang a rédigé l’un des huit articles.
Les jeunes de plus en plus conscients et motivés
Des participants dont de jeunes enfants ont été interviewés en tahitien et en français par Polynésie la 1ère. Il est encourageant de constater la conscience et la motivation de ces jeunes.

Jason Man Sang a conclu en regrettant que certains ne se soient pas déplacés (« la prise de conscience de l’urgence prend du temps d’autant plus qu’en Polynésie nous sommes, pour le moment, moins atteints que certains pays y compris la France ! »), mais s’est réjoui du nombre d’interventions et de propositions, et de la présence de beaucoup de jeunes. Il a indiqué que son association était ouverte à toutes les propositions d’actions et que certaines propositions issues de cette réunion vont être suivies d’effets.
Pour terminer, beaucoup de participants se sont réunis avec des pancartes sous l’arbre de vie : le Tumu Ora de la Place Tarahoi pour une photo symbolique puisque tous luttent pour la vie de la planète.
L’association Te Motu tiendra tout le monde au courant des suites de sa demande d’audience au Président et de ses actions à venir sur sa page Facebook et par les médias.


A noter que l’association Te Motu est membre de la Fédération des Associations de Protection de l’Environnement (FAPE) ou Te Ora Naho.
Actuellement, un vaste chantier de réformes de la fédération est engagé :
– développement des actions de soutien et d’accompagnement des associations membres de la fédération (environ 50 dans toute la Polynésie française),
– poursuite des actions de représentation et lobbying,
– renforcement de la sensibilisation grand public,
– montée progressive en ressources humaines.
Venez rejoindre une de ces associations impliquées dans de nombreux domaines : biodiversité terrestre ou marine, éducation, alimentation, agriculture, déchets, énergie…
https://www.facebook.com/teoranaho/ ou https://www.teoranaho-fape.org/ ou teoranaho.fape@gmail.com