Suite à un courrier adressé aux responsables du Pays par le SGARP, Syndicat autonome des retraités de Polynésie, le 4 avril 2022 (président du Pays, ministre de la PSG, ministre de la Solidarité, ministre de la Santé, directeur de la CPS , président du CA de la CPS), le président du CA de la CPS,…
Le président du CA nous a dit son souci au regard de la capacité de la caisse CPS d’honorer ses obligations aussi bien au niveau de l’assurance maladie que des retraites. Nous avons affirmé que ce souci était partagé par le SGARP qui a comme priorité en tant que syndicat représentatif des retraités de veiller à ce que les pensions soient servies sans rupture et sans abattement à l’ensemble des Polynésiens. Si nous sommes d’accord sur les objectifs, c’est à dire assurer le versement des pensions, le SGARP a bien précisé qu’il ne partageait pas forcément la méthode choisie et les mesures définies par le pouvoir politique en place. Si la TVA sociale est reconnue par certains comme le seul moyen, dans l’immédiat, pour assurer la survie de nos dispositifs sociaux, le SGARP considère que ce 1 % sera insuffisant en terme comptable et qu’il est socialement injuste car faisant porter l’effort proportionnellement beaucoup plus sur les ménages les plus modestes que sur les catégories aisées dont la douleur de la TVA sociale sera équivalente au désagrément d’une petite piqûre de moustique. Par ailleurs, cette TVA sociale sera affectée quasi-exclusivement à l’assurance maladie et non aux retraites.
« Nous n’avons pas vocation à payer des taxes pour compenser les inconséquences des décideurs du passé ou de ceux qui veulent garder leurs privilèges sans participer à l’effort collectif. »
Le SGARP tout en reconnaissant que nous ne pourrons échapper à la TVA sociale refuse de la cautionner et de la valider car ce serait reconnaître qu’elle est bien fondée. La TVA sociale, c’est la facture adressée à la fois aux populations les plus démunies mais aussi à d’autres salariés ou employeurs locaux (à titre d’exemple, nous pensons aux partenaires sociaux de l’Enseignement privé) qui ont accepté de faire, en temps voulu, les efforts de contribution nécessaires à la construction d’une retraite de qualité et pérenne. Nous n’avons pas vocation à payer des taxes pour compenser les inconséquences des décideurs du passé ou de ceux qui veulent garder leurs privilèges sans participer à l’effort collectif.
Défense et restauration du pouvoir d’achat
Le SGARP a rappelé ses revendications allant dans le sens d’une défense et restauration du pouvoir d’achat prioritairement pour les retraités de la tranche A. Nous demandons une baisse des cotisations maladie, une augmentation du minimum retraite de 5 % dès cette année, un nouveau système de revalorisation des retraites intégrant aussi l’évolution du coût de la vie et l’inflation et une pension minimale à 100 000 Fcfp sur 5 ans. Il était et il est toujours possible de faire des économies. Le SGARP, il y a dix ans, avait proposé de modifier la valeur de service des points gratuits en tranche B manifestement surévaluée. Si on nous avait écoutés et selon les scénarios que nous avions proposés et fait chiffrer par la CPS, il y aurait entre 4,5 et 7 milliards de plus dans la caisse retraite.
Le SGARP a pris connaissance des choix politiques pour répondre aux problématiques de perte de pouvoir d’achat des Polynésiens vivant avec de faibles revenus. Si nous nous réjouissons de la revalorisation du SMIG au 1er mai, nous ne pouvons-nous contenter d’une éventuelle revalorisation des retraites de 2 %. Qui en profitera ? Cette revalorisation ne compensera aucunement les effets de la TVA sociale pour les petites retraites et encore moins les effets de l’inflation. Ces mesures à prétention sociale ne sont que la consécration d’une société polynésienne au service des plus aisés protégés par nos décideurs et au détriment des populations les plus démunies. Le SGARP refuse de cautionner ce dispositif au regard des abus, privilèges et exonérations maintenues en faveur des Polynésiens les plus nantis.
2 % de revalorisation des petites retraites, c’est notoirement insuffisant.
En ce qui concerne le minimum vieillesse actuellement à 80 000 Fcfp, nous sommes évidemment favorables à son augmentation comme nous avons été favorables à l’augmentation du SMIG mais cette hypothèse n’est pas de notre ressort mais du Pays dans le cadre de la Solidarité. Nous invitons donc le Pays à reconsidérer sa fiscalité pour permettre cette revalorisation sociale
Le SGARP a entendu les préoccupations du président du CA de la CPS et les a, en partie, comprises. Le SGARP reste convaincu que le sauvetage de notre protection sociale ne pourra se faire sans un vaste projet de redistribution des richesses, de meilleure répartition des efforts et des prélèvements, et de promotion de l’emploi.
