Retour
Réservé aux abonnés

Lors de la récente présentation du Plan de développement de l’économie numérique, il a été question de promouvoir l’e-administration qui offrirait l’opportunité de « créer une société en ligne en 30 minutes, comme au Canada » (voir le compte-rendu de C. Perdrix sur Radio 1, 23 février 2024). Voilà en effet une bonne perspective ! La liberté et les facilités de créer de nouvelles entreprises font partie des critères de la liberté économique, favorable à la prospérité générale, comme on peut le voir dans les classements du type « Ease of doing business » de la Banque Mondiale ou l’indice Economic Freedom de la Fondation Heritage. En effet, le Canada y apparaît en très bonne position pour les créations d’activités (« Starting a business ») : 3e sur 190 pays pour la Banque Mondiale, alors que la France n’arrive qu’en 37e position et que la Polynésie française y serait sans doute classée plus loin encore. Selon la Fondation Heritage, le Canada est 16e sur 184 nations, pour les libertés économiques, alors que la France arrive péniblement à la 62e place. Avec sa longue tradition d’économie administrée, dont l’inefficacité n’est plus à démontrer, la Polynésie française serait certainement plus mal classée encore.

Simplifier les formalités administratives afin de faciliter les créations d’entreprise ne peut que réjouir tous ceux qui pensent que le Pays peut mieux faire en matière de développement économique. Mais il ne suffit pas de créer une nouvelle société. Encore faut-il ensuite ne pas rencontrer trop d’obstacles freinant inutilement l’obtention de diverses autres autorisations administratives. La longueur d’obtention des permis de construire soulève une question récurrente à Tahiti. En outre, selon les secteurs, le législateur polynésien a mis en place des règles qui risquent souvent de ralentir exagérément le démarrage effectif des activités. Pourquoi depuis deux ans s’avère-t-il aussi difficile d’ouvrir une deuxième pharmacie à Bora Bora ? La réponse n’est pas dans l’acharnement aveugle du juge administratif, mais dans les règles mises en place par les autorités polynésiennes elles-mêmes. Pour conserver la comparaison avec le Canada, signalons simplement que l’ouverture des pharmacies n’y est pas soumise à autant de contraintes que dans le système polynésien. De même, pourquoi l’ouverture d’un petit supermarché de 790 m² à Paea en est à sa deuxième année de délai administratif, après deux autorisations successives par l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC) et un nouvel examen par la cour administrative d’appel de Paris, alors qu’en Nouvelle-Zélande ou dans beaucoup d’autres pays, situés plus hauts dans le classement de la Banque Mondiale ou de Heritage, une telle ouverture ne nécessiterait que le délai d’obtention d’un permis de construire  …

image_pdfPDFimage_printImprimer

Laisser un commentaire

Partage