Vous souhaitez tout savoir sur la navigation ancestrale polynésienne ? Nous vous proposons un voyage dans le temps en cinq étapes. Embarquez sur notre pirogue et (re)découvrez comment s’est fait le peuplement du Pacifique grâce à la navigation traditionnelle (partie 1) ; les deux grandes techniques de navigation, avec les étoiles (partie 2) et avec la nature (partie 3) ; l’histoire du va’a, emblème du peuple polynésien (partie 4) ; et enfin le renouveau de la navigation traditionnelle en Polynésie (partie 5).

Il y a de cela deux mille ans, les premiers Polynésiens commencèrent à peupler les îles du Pacifique, une migration par la mer qui aboutira à la naissance de la civilisation polynésienne dans la région connue comme le Triangle polynésien.
L’énigme du peuplement du Pacifique
Grande fut la surprise des Européens lorsqu’ils débarquèrent dans les îles polynésiennes pour la toute première fois. Si loin de tout continent et si éloignées les unes des autres, ces îles étaient pourtant peuplées. Comment était-ce possible ?
Pour expliquer le peuplement des Mers du Sud, les Occidentaux avancèrent d’abord quelques théories farouches.
La théorie des voyages accidentels proposait l’idée que les îles de Polynésie aient été découvertes en « tombant dessus », par hasard. Très peu probable lorsque l’on considère l’étendue de ce vaste territoire maritime.
La théorie des chaînes d’îles disparues ainsi que celle d’un continent englouti, quant à elles, avançaient que le peuplement du Pacifique aurait été rendu possible grâce à l’existence, dans un passé lointain, de terres émergées aujourd’hui sous les eaux. Si cela avait été le cas, alors les déplacements semblaient envisageables. Faute de preuves, ces scénarios tombèrent, eux aussi, à l’eau.
Le grand voyage de nos ancêtres
Petit à petit, les hypothèses incongrues présentées par les premiers colons européens firent place à une théorie bien plus réaliste, celle d’un peuplement intentionnel des îles du Pacifique, par voie marine et dans des conditions géologiques similaires à celles que nous connaissons actuellement.

On sait aujourd’hui que nos ancêtres les Polynésiens commencèrent leur grand voyage de l’Asie du Sud-Est vers la Polynésie orientale il y a de cela 5 000 à 6 000 ans. Pour réussir cette prouesse, il fallait réunir deux conditions sine qua none : disposer d’embarcations de pointe et maîtriser des techniques de navigation élaborées. C’est donc à bord de pirogues doubles à voile et grâce au développement de la navigation ancestrale que nos ancêtres arpentèrent le Pacifique et vinrent peupler les îles polynésiennes il y a de cela 2 000 ans.
La naissance du Triangle polynésien
Une fois le Pacifique peuplé, les anciens continuèrent d’utiliser la navigation traditionnelle pour assurer, de façon fréquente, des voyages inter-îles. Rendre une visite de courtoisie, procéder à des échanges commerciaux ou faire la guerre étaient autant de raisons pour les Polynésiens de partir en mer.
C’est grâce à ce contact prolongé qu’une certaine unité culturelle prit forme dans cette zone du monde. Ainsi naquirent la Polynésie et la région que l’on nomme aujourd’hui le Triangle polynésien avec, à ses extrémités, les îles de Hawaii, Rapa Nui (île de Pâques) et Aotearoa (Nouvelle-Zélande). On remarque d’ailleurs que ces trois extrémités, bien plus isolées des autres îles polynésiennes, ont évolué de façon assez différente.

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L’expédition Kon-Tiki
Menée en 1947, l’expédition Kon-Tiki (voir photo en tête d’article) est l’une des expéditions modernes les plus connues au monde. À l’origine de ce projet, Thor Heyerdahl, explorateur et écrivain norvégien, souhaitait renforcer la théorie selon laquelle les ancêtres des Polynésiens seraient venus d’Amérique du Sud. C’est donc à bord du Kon-Tiki, une pirogue à voile censée répliquer les technologies amérindiennes précolombiennes, que l’équipage navigua vers la Polynésie avant de s’échouer sur l’atoll de Raroia 101 jours après leur départ du Pérou. Aujourd’hui, l’origine sud-américaine des Polynésiens est largement réfutée, mais la légendaire histoire du Kon-Tiki perdure.
