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Au grand festival du nucléaire, la Direction des applications militaires du CEA (Commissariat à l’énergie atomique, NDLR) a remporté haut la main la Palme d’or de l’autosatisfaction et de la nullité avec la parution de son livre Les essais nucléaires en Polynésie française, pourquoi, comment et avec quelles conséquences ? Les dirigeants de cette prestigieuse institution…

Rédigé par l’historien Dominique Mongin, le livre a pour but la contestation des études menées par Mediapart et Disclose, et présentées dans le livre Toxique publié en 2021. Cela n’a rien d’anormal car toute publication scientifique peut faire l’objet de critiques ou d’observations ; mais là où le bât blesse c’est que dans cette affaire, la Direction des applications militaires du CEA a confondu présentation et propagande… Ce sont ainsi 136 pages soigneusement écrites pour se glorifier d’avoir réussi pendant 30 ans à faire exploser des bombes au cœur même de la plus belle région du monde ! En lisant le récit de cet exploit historique, tout lecteur comprendra vite pourquoi il mérite sans discussion la Palme d’or de la nullité et de l’autosatisfaction.

Parmi les nombreux points d’interrogation qui ont émaillé ma lecture, il y en a un, chers amis lecteurs de PPM, dont je souhaite vous parler dès à présent car à mon sens il mérite une attention toute particulière en raison de la menace radioactive qu’il fait bien planer sur toute la Polynésie… C’est ce qui est écrit dans le chapitre 4, pages 99 et 100, au sujet du fameux motu Colette situé au nord de Moruroa. 

Je lis en particulier : « (…) Les travaux de dépollution des sites du CEP ont débuté dès les premiers essais atmosphériques ; les sites plus particulièrement concernés par les travaux de remédiation sont ceux qui ont connu les dépôts au sol les plus importants. »  

C’est quoi une remédiation ? En toute objectivité, l’utilisation de ce terme n’est absolument pas adaptée à la situation radiologique du motu Colette. C’est en tout cas mon point de vue.

« C’est pour moi absolument incompréhensible ! »

Je lis ensuite : « Les actions de remédiation ont conduit à l’assainissement de la zone Colette et de ses abords où ont été menés 5 essais de sécurité de 1966 à 1974, conduisant au marquage en plutonium du sol de cette zone… Après chaque essai, les débris les plus importants étaient ramassés et stockés, les particules résiduelles étant fixées au sol par épandage d’une émulsion de goudron. Puis, des actions complémentaires de nettoyage ont été menées.  Toutefois, des dépressions tropicales en 1981 ont entrainé l’arrachage du bitume qui avait été utilisé sur la dalle de la zone Colette pour y fixer les particules de plutonium.  Plusieurs campagnes d’opérations de remédiation de la zone Colette ont été menées entre 1981 et 1985. Puis, en 1987, une opération finale de réhabilitation de la dalle corallienne fut menée. »

Amis lecteurs de PPM, je dois vous avouer humblement que je ne comprends rien à toute cette histoire de remédiation. C’est pour moi absolument incompréhensible !

Pour terminer cette première analyse, je rappelle simplement les récents propos de Monsieur François Bugaud, délégué à la Sûreté nucléaire, qui nous a bien précisé qu’il restait aujourd’hui 5 kilos de plutonium sur le motu Colette et que cela ne l’inquiétait pas (lire l’article « Nucléaire : ça suffit de prendre les Polynésiens pour des imbéciles ! »)… Or nous savons tous que 1 milligramme de plutonium ingéré ou inhalé est suffisant pour entraîner un cancer grave chez un être humain. À vous de juger !

En ce qui me concerne, je ne manquerai pas de vous faire part prochainement d’autres réflexions inspirées par ce livre du CEA-DAM.   

Ghislain Houzel

Ingénieur retraité de la direction des essais du CEA

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