Océanisation des cadres et préférence pour le recrutement des résidents polynésiens : vers une « dépopa’aisation » des emplois ?

En cette année d’élections territoriales, nombreux sont les partis qui mettent en avant la priorité d’emplois pour les Polynésiens. Dans l’actualité justement, les derniers rebondissements de ce que l’on appelle désormais « l’affaire Mario Banner » montrent combien cette question est sensible. Le patron polynésien de la Direction territoriale de la Police nationale (DTPN) est visé depuis fin 2022 par les plaintes de deux femmes officiers, l’une polynésienne et l’autre venant de Métropole (lire l’encadré figurant dans cet article : « La Vérité sur l’affaire Mario Banner »). L’océanisation des cadres et la préférence pour le recrutement des résidents polynésiens ne risquent-elles pas de mettre à mal le développement économique et la cohésion sociale de notre Territoire, en mettant en avant une discrimination que l’on pourrait qualifier de « dépopa’aisation » des emplois ?

« On prend des gens à l’extérieur alors que dans le vivier local nous avons des jeunes compétents : à compétence égale, il faut favoriser l’emploi local… Tahiti et nos îles sont nos Terres, notre Futur… Être employé par notre Pays, travailler pour notre Pays, nous enfants du Pays, est notre but et permet notre dignité. » Ainsi s’exprimait le représentant du Collectif des jeunes étudiants, lors d’un rassemblement organisé devant la stèle du Monument aux morts, avenue Pouvana’a a Oopa, le 30 août 2013. La volonté de défendre le principe de « l’océanisation » et de la priorité à l’emploi pour les résidents polynésiens déchaîne les passions depuis près de vingt ans. Elle vient d’être prise en compte par le gouvernement avec l’application de la loi du Pays sur la protection de l’emploi local qui avait été votée en 2019. Celle-ci valide la liste des métiers « protégés » et a pris effet pour les recrutements opérés en Polynésie depuis le 1er octobre 2022.

Comme l’écrit Pierre Ghewy dans un dossier de PPM paru le 1er février 2023, intitulé « La difficile océanisation des cadres polynésiens », l’océanisation des cadres, ou la préférence pour l’emploi local, vise au « remplacement progressif, et à niveau de formation égal, des expatriés temporaires par des personnels locaux »

Le principe de temps de résidence qui préside à l’élaboration de cette mesure en faveur de la jeunesse polynésienne, et plus généralement en faveur des Polynésiens, tient compte des compétences et de l’expérience professionnelles acquises par les Polynésiens. Elle suscite néanmoins de nombreuses interrogations.  

Pourquoi les étudiants partis étudier à l’étranger ont-ils des difficultés à trouver un emploi une fois revenus au Fenua ?La culture polynésienne et les formations suivies par les jeunes sont-elles en adéquation avec le marché de l’emploi local ? Cette loi destinée à inciter au recrutement local, afin d’agir sur le taux de chômage des Polynésiens et sur les phénomènes de précarité ne risque-t-elle pas de priver le Fenua de précieuses compétences venues d’ailleurs ? Était-il nécessaire de légiférer plutôt que de rechercher un accord élaboré et signé par l’ensemble des représentants du monde économique ?

En novembre 2019, dans un contexte de développement économique favorable, la loi du Pays relative à la promotion et à la protection de l’emploi local a été promulguée, conformément aux engagements pris par M. Fritch de prioriser l’emploi local.

Selon le communiqué de la présidence de la Polynésie française, « l’objectif de la loi du Pays est de doter la Polynésie française de la possibilité de prendre les mesures nécessaires pour assurer, à conditions de qualifications égales, une priorité d’accès aux emplois salariés du secteur privé des personnes justifiant d’une durée suffisante de résidence sur le territoire ».

La crise survenue début 2020 n’ayant pas permis d’engager sa mise en œuvre, la priorité ayant été donnée à la gestion de la crise économique et sociale induite par la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, c’est trois ans plus tard, que la traduction concrète de ce texte a vu le jour.

« Le principe, c’est d’identifier les métiers qui, ces dernières années, ont eu tendance à recruter plus à l’extérieur que localement », explique la ministre du Travail, Virginie Bruant, qui a récupéré le dossier législatif de son homologue prédécesseur, Nicole Bouteau.

Les mesures de protection prévues s’appliquent ainsi à des activités professionnelles relevant de secteurs priorisés chaque année par arrêté pris en conseil des ministres en fonction du contexte économique local dans un tableau dénommé « Tableau des activités professionnelles protégées (TAPP) ».

Tableau des activités professionnelles protégées (TAPP) Min = minimale – Inter = intermédiaire – Ren = renforcée

Dans les activités professionnelles soumises à ces mesures, une priorité d’embauche, à qualification et expérience professionnelles égales, est donnée au bénéfice de personnes justifiant des durées de résidence requises qui peuvent aller de 3, 5 à 10 ans, selon le niveau de protection envisagée (minimale, intermédiaire, renforcée).

Un arrêté en conseil des ministres détermine, pour chaque année civile, après avis de la commission consultative tripartite de l’emploi local, la liste des activités professionnelles soumises à une mesure de protection de l’emploi. 

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Comment est déterminée la liste des métiers à prioriser ?
  
Techniquement, le principe repose sur les chiffres des « Déclarations préalables à l’embauche » (DPAE) déposées à la CPS par les employeurs. Lorsqu’une activité professionnelle – coiffeur, électricien en bâtiment… par exemple – atteint 10 % de recrutements de salariés dont le DN est attribué depuis moins de 10, 5 ou 3 ans, cette activité fait l’objet respectivement d’une protection « minimale », « intermédiaire » ou « renforcée ». 
Le tableau récapitulant la liste des métiers protégés a été publié. On y retrouve, par exemple, les « responsables de boutique et directeur de magasin » dans les secteurs du commerce et de la réparation automobile, les « pilotes dans une société de transport aérien », les « électriciens en bâtiment » en protection dite renforcée. 

Comment s’applique la loi ?
 
Lorsqu’une entreprise privée – le secteur public n’est pas concerné par ce texte car la plupart des recrutements se font sur concours – veut embaucher un candidat pour un poste « protégé », celui-ci doit attester d’une déclaration sur l’honneur qu’il dispose de la durée de résidence nécessaire. Un document qui pourra être demandé lors de contrôles de la Direction du travail, avec possibilité pour l’administration de demander des pièces justificatives de cette durée de résidence. En cas de non-respect, une amende administrative est encourue par l’entreprise et des poursuites pour fausse déclaration sont possibles à l’encontre du salarié.

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Autre procédure possible. Lorsqu’une entreprise dépose une offre au Service de l’emploi, l’administration pioche dans les candidats qui disposent d’une durée de résidence en Polynésie suffisante au regard de la loi. Quelques précisions requises à ce stade, vu le nombre des questions posées sur le sujet, la durée de résidence est réputée « suspendue » lorsqu’un Polynésien doit se rendre en Métropole ou à l’étranger pour ses études, pour une formation ou pour « raisons familiales ». Un enfant du Fenua parti étudier en Métropole sera ainsi considéré comme ayant ses 10 ans de résidence, même s’il ressort d’un cursus de huit ans de médecine à Bordeaux.
 

Offres d’emploi – www.sefi.pf

92 % des embauches déclarées depuis août 2021 ont concerné des employés qui avaient déjà plus de 10 ans de résidence en Polynésie

Selon les chiffres des Déclarations à l’emploi déposées à la CPS, 92 % des embauches déclarées depuis août 2021 ont concerné des employés qui avaient déjà plus de 10 ans de résidence en Polynésie. Cette loi protège donc seulement les 8 % restant. Pourtant, les tensions sont vives concernant un débat qui réapparaît régulièrement à l’assemblée, dans les journaux et sur les réseaux sociaux. Pour preuve, le récent échange épistolaire entre Mme Tevahitua du groupe Tavini Huiraatira et M. Fritch, président de la Polynésie française, relatif à l’océanisation des cadres en Polynésie française (voir ci-dessous la question écrite et la réponse).

Dans tous les secteurs d’activités, la présence de cadres polynésiens est visible : administrations publiques (communes notamment), enseignement primaire, une partie de l’audiovisuel public, de l’encadrement bancaire (Socredo…) et de certaines grandes entreprises locales (Air Tahiti, Air Tahiti Nui, BDT, OPT, etc.)… Sous les feux de l’actualité, le poste de directeur de la Direction territoriale de la Police nationale (DTPN), qui, comme le rappelle Édouard Fritch dans un récent courrier polémique (lire encadré ci-dessous), est occupé par le seul Polynésien directeur d’un service d’État en Polynésie, M. Mario Banner.

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« La Vérité sur l’affaire Mario Banner… »

Mario Banner, le patron polynésien des 278 fonctionnaires de la Direction territoriale de la Police nationale (DTPN) est visé depuis fin 2022 par les plaintes de deux femmes officiers, l’une polynésienne et l’autre venant de Métropole, pour un management décrit comme « rugueux, tyrannique et clanique » et pour des faits de « menaces, harcèlement moral et dénonciation calomnieuse ».​

Il y a ceux qui réprouvent le comportement de Mario Banner et ceux qui le soutiennent. Parmi ces derniers, des anciens combattants ont dénoncé « les propos indignes » qu’aurait tenu un officier de la DTPN à l’encontre des Polynésiens et des anciens combattants et ont demandé son évincement au Haut-commissaire. L’Église protestante maohi s’en est mêlée également en lançant une pétition pour soutenir Mario Banner, dénonçant un « complot pour le déloger de son poste ». 

Dans le même temps, une enquête administrative a été lancée contre deux officiers (dont l’une des deux plaignantes et son mari), leur reprochant des propos racistes envers les Polynésiens. L’intéressée, en arrêt maladie depuis plus de six mois, nie les avoir tenus.

Cette affaire se déroulant à 18 000 kilomètres de Paris prend désormais une tournure politique, avec des remous qui se font ressentir jusqu’au sommet du ministère de l’Intérieur. Le président de la Polynésie française vient en effet d’écrire à Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer (et des Cultes) afin de soutenir le directeur de la DTPN comme le relate le Journal Du Dimanche (JDD) dans un article daté du 26 mars 2023.

« La dimension conflictuelle de cette affaire a pris une dimension qui risque de se transformer en bataille politique », prévient Édouard Fritch.

Il ajoute : « En cette période électorale avec un enjeu majeur pour notre avenir, l’aubaine est forte pour le parti indépendantiste Tavini et l’ Église protestante maohi de s’immiscer dans cette affaire qui agite la DTPN de Papeete, pour lancer une vaste campagne anti-française. »

Et de conclure par ces mots : « Si sa mutation était effective, ce serait un très mauvais signe envoyé à la Polynésie et aux Polynésiens. »

Me Thibault Millet, avocat des deux femmes officiers qui ont porté plainte contre Mario Banner, a réagi vivement au courrier en faveur du directeur de la DTPN adressé par M. Fritch à M. Darmanin. Il dénonce une « demande de passe-droit » de la part du président du Pays, et l’inaction du parquet de Papeete.

Me Millet veut remettre dans leur contexte les accusations de propos racistes qui ont été lancées par les soutiens de Mario Banner à l’encontre de la chef d’état-major adjointe, une métropolitaine mutée en 2020 : « La crainte feinte de voir le Tavini s’emparer du sujet est complètement absurde : le Tavini s’en serait emparé il y a bien longtemps s’il avait l’intention de le faire. Croyez bien que M. Banner est déjà allé plaider sa cause auprès de toutes les personnalités politiques, et notamment du Tavini, et vous n’avez vu aucune prise de position en sa faveur. » Pour Thibaut Millet, le courrier d’Édouard Fritch est « tout simplement irresponsable. Il ne faut pas jouer avec le racisme, c’est un phénomène sérieux qui doit être combattu avec force… » 

Faute de réaction, Me Millet a saisi le juge d’instruction, en espérant obtenir le dépaysement de l’affaire. Mais c’est déjà fait, selon un communiqué envoyé par Hervé Leroy. Le procureur de la République a ainsi indiqué que les plaintes ont été dépaysées à Nouméa, le 7 février dernier.

Rappelons que le statut de la Polynésie française a vu le transfert de nombreuses compétences de l’État au Pays. L’État reste néanmoins essentiellement compétent en matière de Nationalité, Politique étrangère, Défense, Sécurité et… Justice.

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Cependant, ce processus est encore limité dans certains secteurs : Santé, Enseignement secondaire, Administration d’État, Encadrement supérieur de l’hôtellerie et des grandes enseignes commerciales, Bureaux d’ingénierie et d’architecture, Cabinets de consultants, Sociétés d’informatique, Audio-visuel privé, Journalisme, Organismes de formation privés, certaines grandes Entreprises à capitaux extérieurs, sans oublier… les Cabinets ministériels !

Ainsi, les directeurs (qui se sont succédé) au Hilton Faa’a depuis son ouverture sont-ils tous de nouveaux résidents. Il en va de même pour le directeur de Tahiti Tourisme dont la nomination a coïncidé avec la crise Covid. Leurs compétences et surtout leur parcours professionnel font de ces personnes des recrues de valeur pour le développement de leur activité, très ciblée et pour laquelle il n’existait pas de profil similaire au niveau local.

À l’inverse, des entreprises, comme la CPTM, propriétaire du cargo mixte Aranui, par exemple, mettent en avant l’atout polynésien en « confiant à des Polynésiens le soin de faire découvrir une Polynésie traditionnelle et authentique dans l’intérêt de la Polynésie » Comme indiqué sur son site internet « la quasi-totalité du personnel et de l’équipage est polynésienne, originaire des différentes îles composant les cinq archipels et c’est leur façon d’être et leur désir de faire connaître leurs îles au monde extérieur qui créent une atmosphère particulière, différente de celle régnant à bord des navires voguant sur ces eaux…vous découvrirez en entamant une conversation avec eux pourquoi ils font partie intégrante de l’expérience Aranui… »

Dans le domaine culturel, Wallès Kotra, co-fondateur du Festival international du film documentaire océanien (FIFO), rappelait que la question de la présidence du FIFO était aussi « un vrai sujet ». Choisir des présidentes et présidents venus d’ailleurs, c’est accepter d’être « bousculé ». Pour la première fois en 2023, c’est une Polynésienne, Marie-Hélène Villierme, qui a présidé le jury (suite à un désistement de dernière minutes, NDLR) : c’est « une fierté » et « une joie », a-t-il ajouté.

Des formations en adéquation avec le marché de l’emploi local ?

Le second volet de la loi concerne la formation afin de recruter localement dans des métiers très spécialisés pour lesquels il existe trop peu de main-d’œuvre locale. L’objectif de limiter l’accès au marché du travail de la main-d’œuvre non locale, et de former les Polynésiens aux métiers jusque-là occupés, faute de compétence et de qualification, par du personnel expatrié.

Elle prévoit que les métiers en protection « renforcée » seront priorisés dans la carte de formation en Polynésie française : à l’UPF, au CETAD, au lycée hôtelier… sans oublier le dispositif d’État de la LADOM, qui permet aux résidents d’Outre-mer de se former en Métropole avec une prise en charge du déplacement.

Lors de la présentation des vœux 2023 et après avoir rappelé le rôle fondamental que constitue la Presse pour notre Démocratie, le Président Fritch a souhaité que le secteur du journalisme puisse à nouveau bénéficier du soutien du Pays. Compte tenu des difficultés à trouver localement des journalistes formés et expérimentés, cette profession devrait figurer sur la liste des métiers pouvant bénéficier de bourses majorées.

Un colloque intitulé « Océanisation des cadres. Structures et cultures, une inadéquation fonctionnelle » s’est également tenu durant deux jours à l’UPF en novembre 2022 afin d’aborder les problèmes rencontrés par les responsables des Ressources humaines en Polynésie. Enjeux de société et GRH insulaire – Jour 1 – YouTubeEnjeux de société et GRH insulaire – Jour 2 – YouTube

Autre question posée dans une étude réalisée en 2022 par des étudiants en Licence 3 Économie et Gestion de l’Université de la Polynésie Française (UPF), les métiers à fort niveau de responsabilité intéressent-ils réellement les étudiants polynésiens ? – lire le dossier « La difficile océanisation des cadres polynésiens ».    

Les Polynésiens veulent pouvoir se loger, se nourrir, travailler… en un mot vivre, en participant au développement et à la préservation d’une Terre à laquelle ils sont profondément enracinés.

Selon les données de l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), le solde migratoire de la Polynésie est positif et stable depuis plusieurs années. Pourtant, la Polynésie semble prise dans un cercle vicieux : plus elle est attractive, plus la situation de certains Polynésiens paraît se dégrader.

Les effets conjugués de l’inflation, de la mondialisation, de l’après-Covid, des changements climatiques, de la révolution technologique… suscitent des craintes, de la précarité aussi, et plus souvent encore, un rejet conjugué des institutions et des élus.

L’enjeu n’est pas tant d’opposer telle ou telle partie de la population en fonction du temps de résidence mais de créer les conditions pour l’essor d’une économie productive et diversifiée, créatrice d’emplois en faisant appel à tous les talents, locaux comme extérieurs à la Polynésie.

Il convient de rationaliser les différentes actions publiques pour un meilleur appariement entre l’offre et la demande, entre les besoins et les formations. En tant que Collectivité d’Outre-mer, la Polynésie française a le pouvoir de favoriser l’emploi local, non pas de manière discriminatoire mais de manière tout à fait dynamique et positive, afin que les résidents, quels qu’ils soient, puissent y vivre dignement.

Contrairement à ce que dénoncent certains, Tahiti et ses îles ne sont pas de simples plages paradisiaques et des lagons magnifiques dans lesquels les « expatriés popa’a » souhaitent plonger pour quelques années de « vacances » bien payées, privant ainsi les locaux de postes à responsabilité. Ces expats contribuent au développement de la société polynésienne, même pour une période limitée, qu’ils souhaitent d’ailleurs souvent prolonger.

Certes, comme l’écrivait Patrick Amai Amaru, un intellectuel maohi dévoué à sa langue et à sa culture, dans un texte traitant du risque du déracinement pour les Polynésiens (« Tu es le fruit de l’arbre, Qui s’est enraciné au fondement de la terre… », 2009), les expats peuvent être considérés comme des hotu painu, expression désignant les fruits d’un arbre côtier qui sont emmenés et dispersés par les vagues.

Mais participent-ils au maintien des DOM COM, et de la Polynésie en particulier, dans un état de sous-développement chronique et prennent-ils indument l’emploi des Océaniens ? 

Tahiti et ses archipels ont connu la colonisation (que l’on pourrait aussi appeler pillage) en tant qu’Établissements français de l’Océanie (dénommée colonie de Tahiti jusqu’en 1903), mais elle n’a pas été une colonie de peuplement, contrairement à d’autres îles du Pacifique… Les relations historiques – même récentes – ont parfois été « toxiques » mais c’est probablement la République française qui a permis l’essor économique de Tahiti et ses Iles.  

On l’a vu, le nombre d’emplois occupés par des personnes résidant depuis moins de 10 ans en Polynésie française n’est que de 8 %. Ce constat vaut-il la peine de provoquer des débats enflammés sur une terre métissée reconnue dans le monde entier comme un coin de paradis…

Gardons en mémoire les mots de Nelson Mandela inscrits dans la Charte de la Liberté de l’ANC (Congrès National Sud-Africain) en 1955 et repris récemment par l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, pour critiquer le projet du gouvernement de modifier la Constitution afin de saisir les terres des Blancs. « L’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, noir comme blanc. »

Hotu painu, expression désignant les fruits d’un arbre côtier qui sont emmenés par les vagues…

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Le tourisme, principale ressource propre et première source d’emplois du Pays

Le tourisme constitue toujours la principale ressource propre et la première source d’emplois du Pays. Tahiti et ses îles est une destination attractive comme le démontrent les dernières publications de l’ISPF) sur la fréquentation hôtelière en termes de nuitées et de revenu moyen par chambre. De plus, les dépenses des touristes internationaux et résidents ont des effets induits sur de nombreuses activités économiques, telles que l’agriculture, la pêche, l’artisanat, la restauration, les transports…