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On a vite entendu dimanche soir les pleurs des dirigeants du Rassemblement national : « déni démocratique », « victoire volée », « tambouille électorale »… Pensez donc, ces gens-là pensaient qu’un tiers des électeurs pouvaient imposer leurs vues à deux tiers des Français qui ne voulaient pas d’eux. Mais vraiment pas d’eux, au point qu’ils sont allés voter pour n’importe quel candidat, pourvu que celui-ci ferait barrage au RN !

Il ne faut donc pas s’étonner que le résultat, dimanche, n’ait pas répondu aux attentes du tiers séduit par le RN. « OUF ! » a titré le quotidien Libération, au sens de : « résultat de OUF ou plutôt de FOU »…

Pour autant, le RN peut-il espérer que ce n’est que partie remise ? Deux considérations opposées :

1/ Jordan Bardella va apparaître tel qu’il est au Parlement européen : plus proche de Poutine que de Zélensky. Le RN va apparaître tel qu’il est : le parti d’une France condamnée à se rétrécir.

2/ Pour éloigner le RN des électeurs potentiels, il est urgent de répondre urgemment (j’insiste) aux besoins de nos concitoyens. Or, satisfaire ces besoins sans détruire la machine économique est un exercice plus compliqué qu’il n’y paraît.

Des leçons à tirer en Polynésie

En Polynésie française, les résultats ont été à peu près conformes à ceux qu’on pouvait prévoir. Les deux jeunes députés sortants indépendantistes ont perdu. Dans la deuxième circonscription, l’élection de Nicole Sanquer pouvait être compromise par une mobilisation de l’électorat indépendantiste. Celle-ci n’a pas eu lieu. C’est un événement politique majeur qui devrait inciter le parti à réfléchir. Ce n’est pas en invoquant un « système antidémocratique », « un colonialisme » ou tout autre vocabulaire obsolète que le problème sera résolu. Surtout quand on sait que le même « système » a permis la victoire du Tavini en 2022 et 2023.

Enfin, le cafouillage en fin de soirée électorale sur TNTV est riche d’enseignements. Le porte-parole de l’union autonomiste laissa entendre que celle-ci pourrait s’élargir au RN local et que, même, les élus autonomistes pourraient se rapprocher du RN national ! Stupeur des journalistes et mise au point rapide : il n’en était pas question fit savoir Edouard Fritch. Mais cela est conforme à ce que nous craignions avant le premier tour : la candidate autonomiste de la troisième circonscription pourrait être tentée d’aller vers le groupe majoritaire à l’Assemblée nationale (lequel ne fut pas celui qu’on pensait et laquelle candidate ne fut pas élue). Conforme aussi à notre analyse : Edouard Fritch a fait une erreur de casting dans cette circonscription, face à une candidate qui avait de multiples atouts dans son escarcelle.

Depuis l’autonomie de 1984, de nombreux partis ont disparu de la scène politique : le Here Ai’a, le Ea Api, le Ai’a Api, le Ia Mana pour ne citer que les principaux. Le président Brotherson a prophétisé la fin du Tahoera’a version actuelle (Amuitahira’a). Ce serait dans l’ordre du possible…

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