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Cette semaine aura été marquée par le long procès consacré à l’affaire dite de la SEP (Société Environnement Polynésien) pour laquelle sont impliqués notamment l’ancien P-dg de l’entreprise, Karl Meuel, et les hommes d’affaires Hubert Haddad et Dominique Auroy. Le parquet a requis quatre ans de prison ferme pour Meuel et Haddad ; deux ans ferme pour Auroy. La décision sera rendue le 22 novembre prochain.

Le tribunal correctionnel a étudié durant trois jours les accusations de « détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêt et de corruption » faites par la partie civile (SEP/Fenua Ma et la Polynésie française) à l’encontre du trio Meuel/Haddad/Auroy et de cinq autres prévenus. Dès 2009, un rapport de la Chambre territoriale des comptes alertait sur le fonctionnement opaque de la Société Environnement Polynésien, et s’interrogeait sur les relations étroites du directeur de la SEP et de Hubert Haddad (groupe 2H). Karl Meuel est aussi soupçonné de malversations financières avec son « ami franc-maçon » (sic !) Dominique Auroy, l’ex-patron de La Dépêche de Tahiti (LDT).

Pour rappel, ce dernier, réputé pour être un « mauvais payeur », a cumulé notamment plus de 700 millions de Fcfp de dettes et a « prémédité », d’après l’avocat des anciens salariés de LDT, la liquidation judiciaire du plus ancien quotidien polynésien… Me Mitaranga avait en effet pointé du doigt un « style de gestion fait de manière à ce que les dettes, les créances ne soient pas payées » et s’était interrogé par ailleurs : « Pourquoi La Dépêche a été protégée aussi longtemps par l’État, le Pays, le ministère public ? Une entreprise qui ne paie pas ses impôts et ses cotisations sociales, c’est illégal. »

Pour l’affaire de la SEP, l’avocat de la partie civile évoque « des sommes importantes », « des avances sur salaires injustifiées », ainsi que « des frais et des achats de matériels injustifiés », selon nos confrères de TNTV, tandis que la défense estime que la procédure est « absurde », et les faits « très anciens et insuffisamment précisés » d’après Tahiti Infos. Et d’espérer que la Cour de cassation considèrera que le délai est « déraisonnable », ce qui pourrait susciter la nullité de la procédure !

Au terme du procès, le parquet a prononcé ses réquisitions. Les trois hommes encourent de la prison ferme : quatre ans pour Karl Meuel et Hubert Haddad ; deux ans pour Dominique Auroy. Il leur est également réclamé chacun une amende de 17,8 millions de Fcfp. Une peine de cinq ans sans sursis a été en outre demandée pour Aimé Haddad, le frère d’Hubert Haddad « toujours en fuite et sur qui pèse un mandat d’arrêt international », rappelle Radio 1. 

Le délibéré est attendu le 22 novembre. Direction la case prison pour les « Dalton de Tahiti » ?

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