Pour avoir observé, cherché, réfléchi, questionné, comparé entre hier, avant-hier, aujourd’hui, maintenant, là-bas tout à fait, là-bas plus près et ici « t’àfait », j’ai compris quelques petites choses.
Ainsi, ce que les Occidentaux judéo-chrétiens appellent Culture, est un ensemble de rites, principes, concepts et discours qui ont permis et permettent à leurs sociétés, de survivre, vivre et s’épanouir dans leurs milieux géographiques continentaux dits « Nature ». Leur Culture les a poussés et a justifié leurs conquêtes d’autres terres de la planète. Et tant pis pour celles et ceux qui, forcément païens et inférieurs, osaient et osent y habiter. Ce n’est pas pour rien qu’ils les ont appelés « Naturels ». Car ils étaient et sont inévitablement leurs inférieurs… parfois aptes à accéder à leur niveau de Civilisation et à La Vérité. Encore que !!!!
Car selon eux, il n’existe qu’une seule Vérité. La Leur. Toute autre conception du monde et de l’être au monde étant : « erreur », paganisme ou « curiosités » parfois intéressantes… Faisant fi de toute réflexion sur le pourquoi et comment de conceptions du monde différentes ; tels des rouleaux compresseurs, ils ont écrasé et rayé de la surface de la Terre et/ou asservi bien des sociétés autres. Normal, il ne s’agissait que de Naturels, pas de vrais Humains.
D’autant que la nature a besoin d’être essartée, débroussée, aplanie, transformée, contrôlée pour accueillir La Civilisation. Aussi, n’ont-ils jamais eu aucun problème, aucune réticence à éradiquer, spolier, dépouiller des « Naturels » afin de s’y installer eux à la place, car partout… c’est chez eux.
Ici, il y a une dizaine d’années, à un évêque membre de l’académie tahitienne, l’on reprocha d’avoir détruit un marae à Mahina pour y installer un bâtiment de propagation de sa foi. Imperturbable, il répondit :- « On ne peut détruire ce qui n’existe pas. » Les Ma’ohi dirent « Amen ! »
La Genèse biblique et l’Évangile furent inventés pour sacraliser et répandre leurs conceptions du monde qui place l’Homme au sommet de la Création, maître de ce tout ce qui existe, y compris de la Femme. Étant entendu que n’est « Homme » que celui qui leur ressemble, leur alter ego.
Une conception du monde décalée de la réalité
Dans l’immensité océanique où l’homme est soumis à « l’insularité absolue » et à « l’océanicité du monde »[1], à moins d’être délirants, les humains ne pouvaient inventer qu’une genèse différente de celle de l’immense Continent Indo-Européen, en Asie mineure désertique, à faune et flore autres.
Profitant des séries d’épidémies meurtrières introduites[2] par eux, ils martelèrent dans les têtes endeuillées et désemparées, sur un mode totalitaire, une conception du monde décalée de la réalité. Cela dans une classique stratégie sectaire de désaffiliation identitaire familiale, psychique, sociale, historique et géographique dans une impossible réaffiliation à des étrangers totaux.
D’où sans doute en partie, l’importance des maladies mentales et de comportement qui plombent aujourd’hui notre société.
Et, comment expliquer cette étrange manie gouvernementale de diviniser certaines personnalités ? Au point de sacraliser leurs bourdes, erreurs de frappe, réflexion, méthode, inattention, orthographe, grammaire et d’élémentaire bon sens ? Cela en est vertigineux. Bobo la tête !
Concernant les soins traditionnels, faisant fi de travaux validés par les universités depuis 60 ans, consolidées il y a 20 ans, ainsi que des définitions de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé, NDLR), ça continue à privilégier d’étranges démarches coûteuses obscurantistes incantatoires délétères. Pourquoi ?
Pour la gestion du foncier, nos gouvernants et « talentueux » juristes, sont toujours infichus d’opposer à la pensée continentale inadaptée, une pensée insulaire océanique réaliste.
Aucune réponse intelligente n’est donc apportée aux angoisses légitimes des îliens sur la bonne attitude à adopter pour une bonne santé et sur les menaces d’exil vers nulle part pesant sur leur ancrage terrestre.
Simone Grand
Notes :
[1] « Insularité absolue » et « Océanicité du monde » sont des formules empruntées à Philippe Bachimon, 1990 : Tahiti entre mythes et réalités. Essai d’histoire géographique. Ed. Comité des travaux historiques et scientifiques. 1 rue d’Ulm. 390 p.
[2] Involontairement certes. Mais, s’ils n’en sont pas coupables, ils en sont responsables.
