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Après avoir tiré à boulets rouges sur Édouard Fritch, suite aux vœux du Président à la presse et aux responsables des structures publiques du Pays (lire notre article ici), Ia Ora Te Nūna’a fustige l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC), au cœur de l’organisation des Journées de la concurrence du 23 au 25 janvier : « trois jours pour mieux comprendre le code de la concurrence et partager les expériences », « sous le haut patronage du Président et du ministre de l’Économie et des Finances », résume un communiqué du conseil des ministres. La nouvelle formation politique emmenée par Teva Rohfritsch et Nicole Bouteau n’y va pas avec le dos de la cuillère et s’interroge : « Pourquoi le ministre semble aussi pressé de modifier une nouvelle fois le code de la concurrence ? Serait-ce pour renforcer encore plus son contrôle sur l’Autorité par la nomination d’un collège à sa botte ? ». Des questions que nous avions soulevées dans nos éditions précédentes (lire notre dossier « Pourquoi vouloir à nouveau modifier le Code de la concurrence ? » et notre dossier « Big Brother et les prix : vous en reprendriez bien un peu ? »)

« En pleine crise du pouvoir d’achat, avec des services de santé à l’agonie, le gouvernement et son autorité de la concurrence s’organisent bientôt une « petite conférence internationale » à nos frais, en choisissant soigneusement leurs participants. Il ne faudrait quand même pas que des avis différents puissent s’exprimer… Il est vraiment temps que ça change !

Créée en 2015 l’autorité polynésienne de la concurrence devrait prendre des décisions dans l’intérêt du grand public, de manière indépendante, sans pouvoir céder à des pressions, notamment du gouvernement. En surveillant les pratiques concurrentielles dans l’intérêt des consommateurs, un travail sérieux et transparent de cette autorité participerait à améliorer le pouvoir d’achat des Polynésiens. La population doit avoir pleinement confiance dans cette autorité pour être sûr qu’elle ne se met pas au service d’intérêts particuliers, comme par exemple le soutien à une entreprise amie des gouvernants ou à un projet parce qu’il serait porté par un proche du gouvernement.

Alors, quand un universitaire soulève dans la presse des doutes sur une forme de copinage entre le gouvernement et l’autorité de la concurrence, nous devons tous nous alarmer. En tout cas nous interroger…

Le gouvernement, son ministre de l’économie et des finances n’ont-ils pas de sujets plus importants à traiter qu’un rassemblement tape-à-l’œil ? L’argent des Polynésiens doit-il être utilisé pour organiser des mondanités pour une autorité normalement indépendante en pleine période électorale ? A moins bien sûr d’avoir d’autres intérêts à protéger ou à promouvoir…

Alors que le communiqué du Conseil des ministres du 11 janvier dernier nous dit que le Pays dispose « d’un arsenal réglementaire approprié pour permettre l’exercice d’une concurrence saine et loyale », pourquoi le Ministre semble aussi pressé de modifier une nouvelle fois le code de la concurrence ? Serait-ce pour renforcer encore plus son contrôle sur l’Autorité par la nomination d’un collège à sa botte ?

Ia Ora Te Nūna’a dénonce cette dérive d’un autre temps des institutions de notre Pays. Les messes basses entre personnes de la bonne couleur politique autour de petits fours copieusement servis ne peuvent plus continuer à servir de base à la prise de décisions pour notre population. C’est peut-être dans ce genre de petite réunion que la brillante idée de la taxe « CPS » à 1% est née !?

Il est temps de changer la façon de gouverner. Il est temps que les visages de nos institutions changent, qu’elles soient transparentes, ouvertes à la diversité des personnes, au débat des idées et plus responsables devant la population. Il est temps de fermer le banquet. La population en a assez de devoir porter la bonne couleur pour être invitée à contempler ces jeux de cour, avoir le droit de s’exprimer, obtenir un emploi, avoir une subvention, avoir un siège… CHANGEONS !!

Ia Ora Te Nūna’a, la force du changement »

Communiqué de Ia Ora Te Nūna’a

Voir ci-dessous le programme des Journées de la concurrence :

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