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Sur le podium des records absolus, on a pu voir et entendre une ministre de l’Éducation nationale avouer son rejet de l’école publique, au motif que les enseignants absents ne seraient pas, ou trop mal, remplacés. Madame la ministre, merci, de confirmer ce que tout le monde savait, en dépit de quelques propositions salvatrices d’un jeune ministre, déjà remplacé par vous-même.

Alors, que nous proposez-vous, suite aux insultes à l’adresse du corps enseignant pour lesquelles vous avez balbutié des excuses ? Du vent ? Des déclarations d’intentions ? Des picorages médiatisés ? Des fragments de rénovations, à la marge ?  Nous avons hâte de savoir car, enfin, qui dirige une telle affaire ? Le Président qui souhaite conserver l’école dans son périmètre ? Son épouse attentionnée qui déclare avoir travaillé sur le problème des maltraitances diverses ? Le directeur de cabinet, véritable tour de contrôle, sans lequel rien ne se fait ? La ministre des Sports, chargée, aussi, des Jeux olympiques ? Le Premier ministre en personne, loyal, flexible et dévoué ? Un Secrétaire d’État supplétif, un ministre délégué en attente ? C’est à n’y rien comprendre sauf craindre qu’une telle confusion de sommet immerge l’Institution irremplaçable dans un naufrage définitif.

Et que penser de ceux qui ne cessent d’affirmer que l’École est notre priorité absolue car d’elle dépend l’avenir du pays ? Parfaites paroles. Où sont les actes que vous entendez cibler ?

Pour vous les remettre en mémoire, en voilà dix, si ça vous chante :

1/ Quels sont les salaires promis, sans lesquels il n’y aura pas d’engouement pour le métier d’enseignant ?

2/ Quelles formations initiales, théorique et technique, négociez-vous avec l’Université, pour que les professeurs débutants soient « savants » et déjà « compétents » ?

3/ Quel système de formation continue prévoyez-vous pour la suite ?

4/ Quelles évaluations pertinentes conservez-vous pour avoir une image de l’institution, d’une part, et des progrès de chaque élève, d’autre part ?

5/ Confirmez-vous que seules les équipes pédagogiques décident des redoublements des élèves, les parents conservant le droit de refuser, par écrit ?

6/ Quelle structure prévoyez-vous pour détecter les enfants en souffrance, accueillir ceux qui relèvent d’un accompagnement spécifique ?

7/ Avez-vous l’intention de convaincre les municipalités que les enseignantes de maternelle ont besoin d’une aide à plein temps ?

8/ Confirmez-vous que le Bac est un examen de fin de cycle et non la clé d’entrée à l’Université ?

9/ L’ENS de Saint Cloud, lieu de recherche de l’excellence pédagogique ayant disparu, et les corps d’inspection marginalisés, quel dispositif prévoyez-vous pour que les enseignants soient à nouveau accompagnés, conseillés et protégés de ceux qui les jugent, les menacent, les tuent ?

10/ Avez-vous l’intention de plaider une entrée « indifférenciée » au Collège et une sortie « orientée », selon les talents observés, et non selon certains échecs « disciplinaires », faisant de ce nouveau Collège unique le réceptacle de la totalité de la jeunesse, le cœur d’un premier aiguillage, avec diversification pour la sortie ? Dans l’affirmative, des professeurs de technologies enrichiraient l’équipe des enseignants actuels, pour le plus grand bénéfice des jeunes gens, des professeurs de disciplines traditionnelles, des parents, d’une institution efficiente qui proposerait des orientations pertinentes, d’un investissement conséquent mais gagnant.  

Chers lecteurs de ces pages, sans doute vous demandez-vous si les questionnements qui précèdent sont bien adaptés à nos îles. Je vous assure que oui.

Il suffit de nous souvenir que nous ne savons plus qui gouverne notre École tahitienne placée sous notre responsabilité depuis plusieurs décennies.  Est-ce un ministre absent, préoccupé par des propos curieusement bafouillés, trop discret ou malade ? Est-ce une Direction générale (DGEE) lancée dans des gestions d’actions évanescentes ? Est-ce un Vice-recteur de passage, entrevu, ici et là, pour des cérémonies obligatoires ? Est-ce l’attente des résultats escomptés, suite à la diversification intempestive des langages ? Est-ce l’angoisse d’un cyclone violent, susceptible de submerger nos Établissements d’enseignement ?  

Messieurs les ministres et vous, tout jeunes responsables de Tahiti et de Métropole, entendez, s’il vous plaît, ma plainte de simple matahiapo non tatoué mais effectivement blanchi sous le harnais, gascon non mā’ohi, pour mon malheur, mais « tahitianisé », et soyez, s’il vous plaît, pour un instant, lecteurs bienveillants des propositions que je fais, à la fin d’une vie consacrée aux écoles de nos pays. Pour elles, je vous en remercie.

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3 réflexions au sujet de “Carences scolaires confirmées”

    • Comme vous, cher lecteur Hotu Painu, je regrette que peu de polynésiens s’expriment dans PPM. Il y a pourtant des talents qui seraient très bien accueillis.
      Mais je ne sais pas si le « pur sucre » existe encore, pas plus qu’il n’existe dans mon fenua d’origine dont les populations ont été « malaxées » par de multiples invasions au point que le fameux gaulois n’existe plus.
      En confidence, nous sommes tous, après de multiples souffrances, pour notre bonheur, métissés. Et le « pur sucre » est une impasse.
      Cordialement. Pierre.

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