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Le trafic de drogues par mer, en particulier entre le Mexique et les États-Unis, est un problème majeur et complexe qui implique les cartels, les organisations de contrebande et les agences de lutte anti-drogue. Cette région, qui s’étend du sud du Mexique jusqu’à la Californie, constitue un corridor clé pour le transport de drogues illicites, notamment la cocaïne, la méthamphétamine, l’héroïne et le fentanyl. Aussi, l’océan Pacifique offre une zone propice à la contrebande de drogues…

Les aspects clés de ce trafic de drogues

1. Le rôle de l’océan Pacifique dans la contrebande de drogues

L’océan Pacifique offre une vaste zone relativement peu surveillée pour le transport de marchandises illicites entre le Mexique et les États-Unis. Les moyens utilisés sont souvent :

  • Des petites embarcations rapides (pangas) : Ces bateaux sont couramment utilisés pour transporter des drogues depuis la côte pacifique du Mexique jusqu’aux États-Unis. Ces embarcations rapides sont difficiles à détecter et transportent souvent de la cocaïne ou de la méthamphétamine.

  • Des sous-marins et semi-sous-marins : Les trafiquants utilisent de plus en plus des sous-marins faits maison ou des semi-sous-marins pour transporter de grandes quantités de drogues. Ces vaisseaux sont conçus pour rester juste sous la surface de l’eau, ce qui les rend difficiles à détecter a vue, par radar ou satellite. Ils peuvent transporter des tonnes de drogue et voyagent généralement de la Colombie ou d’Amérique centrale vers le Mexique avant de pénétrer les eaux américaines.

  • Petits cargos et navires de pêche : Les bateaux de pêche commerciaux et non commerciaux sont également utilisés pour transporter des drogues qu’ils transfèrent parfois vers des embarcations plus petites ou directement sur la terre ferme.

2. Les cartels de drogues impliqués

Les cartels de drogues mexicains jouent un rôle central dans ce commerce illicite. Certains des plus importants incluent :

  • Le cartel de Sinaloa : Historiquement l’un des cartels les plus puissants et influents du Mexique, le cartel de Sinaloa est fortement impliqué dans le trafic de cocaïne, d’héroïne, de méthamphétamine et de fentanyl Il a une présence significative des deux côtés de la frontière et utilise diverses routes maritimes pour faire passer des drogues.
  • Le cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) : Un autre acteur majeur, le CJNG est connu pour ses méthodes violentes et son implication dans le trafic de méthamphétamine et de fentanyl. Le cartel a de plus en plus élargi ses activités le long de la côte pacifique.
  • Le cartel de Tijuana (Organisation Arellano Félix) : Ce cartel a traditionnellement contrôlé les routes de contrebande du Pacifique en Basse-Californie, y compris l’utilisation de petites embarcations pour transporter des drogues à travers la frontière.

Nota : les cartels marquent souvent leurs ballots d’un symbole distinctif, signe très intéressant pour les organismes de lutte anti-drogue.

3. Types de drogues transportées

L’océan Pacifique est un corridor clé pour le transport de plusieurs drogues illicites :

  • Cocaïne : Bien que la majorité de la cocaïne entrant aux États-Unis provienne d’Amérique du Sud, le Mexique sert de point de transit. Les drogues sont souvent transportées par mer.
  • Méthamphétamine : Le Mexique est un producteur majeur de méthamphétamine, souvent transportée par mer vers les ports américains. Cette drogue est généralement transportée à l’aide de petites embarcations ou cachée dans de plus grandes cargaisons.
  • Fentanyl : Ces dernières années, le trafic de fentanyl a explosé. Les cartels mexicains sont devenus les principaux fournisseurs de la drogue, soit produite au Mexique, soit introduite par la Chine. Le fentanyl est souvent expédié via des cargaisons conteneurisées ou caché dans de petites embarcations.
  • Héroïne : Le Mexique est également un producteur majeur d’héroïne, notamment dans ses régions côtières du Pacifique. L’héroïne est souvent transportée à travers le Pacifique vers les États-Unis, les mêmes routes utilisées pour la cocaïne servant aussi de voies de transit pour l’héroïne.

4. Défis pour détecter le trafic maritime

La vaste étendue de l’océan Pacifique présente des défis importants pour les agences chargées de l’application de la loi des deux côtés de la frontière. Parmi ces défis, on peut citer :

  • La taille géographique : La taille de l’océan Pacifique rend difficile la surveillance efficace, en particulier dans les eaux internationales.
  • Surveillance limitée : Bien que la garde côtière des États-Unis, la Marine mexicaine et d’autres agences soient activement engagées dans des efforts d’interception, les systèmes radar et les opérations de patrouille sont souvent limités par des contraintes budgétaires, de vastes zones à couvrir et des ressources limitées.
  • Utilisation de la technologie : Les trafiquants utilisent de plus en plus des technologies sophistiquées pour échapper à la détection, notamment des brouilleurs GPS, des navires furtifs et des méthodes de communication cryptées.

5. Réponse de la Garde côtière des États-Unis et de la Marine mexicaine

Les États-Unis et le Mexique ont tous deux investi massivement dans des efforts pour combattre le trafic de drogues dans la région pacifique :

  • Opérations de la Garde côtière des États-Unis : La Garde côtière des États-Unis intercepte régulièrement des cargaisons de drogues à l’aide de vedettes, d’avions et d’hélicoptères. Elle collabore également étroitement avec la Marine des États-Unis et d’autres agences fédérales pour cibler et intercepter les navires de contrebande dans les eaux territoriales américaines et les eaux internationales.
  • Opérations de la Marine mexicaine : La Marine mexicaine joue un rôle essentiel dans la patrouille de la côte pacifique, notamment dans des États côtiers comme Sinaloa, Michoacán et Guerrero, qui sont connus pour leur production et leur trafic de drogues. La Marine mexicaine mène des opérations pour intercepter les cargaisons de drogues et démanteler les réseaux de contrebande.

6. Efforts juridiques et diplomatiques

  • Coopération bilatérale : Les États-Unis et le Mexique ont une longue histoire de coopération en matière d’interdiction de drogues, notamment à travers des opérations conjointes, le partage de renseignements et des efforts coordonnés pour cibler les réseaux de trafic. Cependant, des défis subsistent pour garantir la cohérence et lutter contre la corruption et les inefficacités qui compromettent parfois ces efforts.
  • Accords de sécurité maritime : Le droit maritime international fournit un cadre pour la coopération dans la surveillance des mers. Cependant, la contrebande se déroule souvent dans les eaux internationales, ce qui complique les interventions des autorités sans violer la souveraineté des autres nations.

7. Impact sur les communautés locales

  • Violence et criminalité : Le trafic de drogues par mer a entraîné une violence importante dans les régions côtières du Mexique et des États-Unis. Les cartels mexicains utilisent les profits du trafic pour financer d’autres activités criminelles, ce qui entraîne de l’instabilité dans les régions touchées.
  • Problèmes environnementaux : Les trafiquants jettent souvent des drogues en mer pour échapper à la capture, ce qui peut entraîner une pollution marine. De plus, la production de drogues illicites dans les régions côtières nuit souvent à l’environnement local, notamment à cause de l’utilisation de produits chimiques pour la production de méthamphétamine et d’héroïne.

« Cocain sharks » : au large du Brésil, une étude scientifique menée sur des requins côtiers a trouvé que 100 % des requins testés (13 au total) étaient contaminés par la cocaïne. Le Brésil compte plus d’un million de drogués accros à la cocaïne et les eaux d’égout seraient contaminées. La pollution de la mer, ou la contamination des poissons qui se nourrissent aux sorties des égouts avant d’être dévorés par les requins, pourraient expliquer ce phénomène. Une autre explication pointe sur la tendance qu’auraient les requins a parfois « gouter » par curiosité des objets flottants, et dans ce cas les balles de cocaïnes jetées en mer par des contrebandiers tentant d’échapper aux forces de l’ordre.

8. Tendances dans le commerce

  • Utilisation accrue de technologies nouvelles, des sous-marins et semi-sous-marins : Les trafiquants continuent d’innover avec l’utilisation de semi-sous-marins et de sous-marins entièrement submersibles pour contourner les méthodes de détection traditionnelles. Ils utiliseraient aussi des brouilleurs de GPS pour empêcher la localisation de leurs navires. Il semble qu’ils essaient aussi d’effectuer des voyage trans-Pacifique de l’Amérique du sud a l’Australie.
  • Trafic de fentanyl : L’augmentation du trafic de fentanyl, qui est souvent expédié en petites quantités hautement concentrées, complique les opérations de contrebande et augmente la mortalité par overdose aux États-Unis.

En résumé, le trafic de drogues par mer le long de la côte pacifique entre le Mexique et les États-Unis demeure un défi majeur. Mais Clipperton dans tout ça ?

Clipperton et la drogue

La légende clippertonienne dit qu’en dépit des passages de surface, des tunnels à la frontière américano-mexicaine, et même des tentatives de passage avec des drones, la drogue continue aussi de transiter par la mer. La légende précise que les ballots sont alourdis de barres de sel et qu’en cas d’interception par les douanes, les passeurs jettent le tout à la mer et relèvent les coordonnées GPS. Le sel fond en un certain temps, les ballots remontent à la surface, suivent vents et courants, pour éventuellement atterrir à Clipperton. Cela expliquerait les ballots régulièrement trouvés sur les plages nord-est de l’atoll. La légende dit enfin que les cartels viennent sur l’atoll en avion pour récupérer leur butin. Cela expliquerait les traces de roues découvertes par des touristes sur l’ancienne piste américaine, il y a deux décennies. Cela expliquerait aussi la présence de panneaux de signalisation fluo de type « Air Sol » que j’avais vu en début de piste en 2012.

Ce dont ne parle pas la légende, c’est du transport de lourds chargements de drogue sur ou à proximité de l’atoll, à bord d’un bateau « mère » et la distribution de la cargaison au point de rendez-vous, avec des bateaux plus petits à destination des États-Unis.

Clipperton, centre de distribution dans le viseur des Américains :

  • 1990 porte-avions Abraham Lincoln

15–16 nov. 1990 : Le porte-avions a accompli des missions de lutte contre la drogue sous le commandement de la Combined Joint Task Force 5, tout en étant à proximité des îles Clipperton et Clarion.

  • 1990 M/V Nordcapp  (rapport DEA)

Vers 7h30 du matin, le 11 septembre 1990, l’USS Arkansas, agissant sur des informations classifiées, a rencontré le M/V Nordcapp, un cargo sous pavillon hondurien. Le Nordcapp était à l’arrêt près des îles Clipperton, à environ 1 400 miles à l’ouest du Costa Rica. Une équipe des garde-côtes des États-Unis à bord de l’Arkansas a demandé l’autorisation d’embarquer sur le Nordcapp. Le Nordcapp a refusé la demande. Quelques minutes plus tard, la demande a été répétée. Cette fois, l’autorisation a été accordée.

À ce moment-là, l’équipe des garde-côtes a remarqué une épaisse fumée émanant du Nordcapp, indiquant un incendie à bord. L’équipe est arrivée sur le Nordcapp et a trouvé la plupart de son équipage rassemblé sur le pont. En raison de l’incendie, l’équipe a conseillé à l’équipage du Nordcapp de se préparer à abandonner le navire. Les efforts de l’équipe pour localiser la source de l’incendie ont été entravés par la chaleur et la fumée, et aucune observation n’a été faite sur le contenu de la soute du navire. L’équipe a saisi quelques documents et a évacué l’équipage du Nordcapp. Dans l’après-midi, le Nordcapp a coulé dans 3 000 mètres d’eau. Les efforts pour déloger le contenu de la soute du navire ont été vains. Le capitaine du navire a admis que le Nordcapp transportait quinze tonnes de cocaïne. Il a nié avoir ordonné l’incendie ou le naufrage du Nordcapp. À la suite de l’interrogatoire, il a été classé comme un délinquant de la drogue de Classe I.

  • 1996 Chalutier Nataly I

Rapporté le 1er mai 1996 par Tony Perry, un journaliste du Times San Diego — Dans une affaire impliquant la plus grande saisie de narcotiques jamais réalisée par les agences de la loi américaines en haute mer, un jury fédéral a reconnu coupables mardi 10 Colombiens arrêtés à bord d’un navire immatriculé au Panama transportant 12 tonnes de cocaïne. « Cela démontre notre engagement à intercepter les drogues qu’elles soient dans les ports d’entrée ou en haute mer », a déclaré l’assistant du procureur américain Gonzalo Curiel, qui a poursuivi l’affaire avec l’assistant du procureur américain Bill Gallo. « Nous sommes déterminés à traquer les trafiquants où qu’ils soient. »

Les 10 Colombiens se trouvaient à bord du Nataly I, un chalutier, lorsqu’il a été abordé fin juillet par un croiseur de la marine américaine, avec la permission du gouvernement panaméen, à 1250 kms à l’ouest du Pérou. Le navire a été amené à San Diego, où il se trouve toujours aujourd’hui. La cocaïne à bord du Nataly I valait 143 millions de dollars sur le marché de la drogue en gros, et probablement plusieurs fois ce montant au détail, ont déclaré les procureurs.

Après un procès de deux semaines devant le juge de district américain Marilyn Huff, un jury a reconnu coupables le capitaine et le chef ingénieur du navire de complot pour distribuer de la cocaïne et de distribution de cocaïne. Huit marins ont été reconnus coupables du chef de distribution, mais le jury n’a pas pu parvenir à une décision unanime sur le chef de complot les concernant.

Un expert de la Drug Enforcement Administration a témoigné que des navires chargés de cocaïne empruntent souvent les mêmes routes près des îles Galápagos que les chalutiers avant de se diriger vers l’île Clipperton, inhabituée, à 670 miles au sud-ouest du Mexique. L’île, nommée d’après le pirate anglais du XVIIIe siècle John Clipperton, a une longue histoire en tant que base pour les contrebandiers.

Une fois à Clipperton, les énormes chargements de cocaïne sont répartis en plus petites cargaisons et transférés vers de plus petits bateaux pour le voyage vers le nord. Certains experts en drogues pensent que la cargaison illicite sur ces plus petits bateaux est déchargée au Mexique dans des véhicules se dirigeant vers les États-Unis.

Avant que le Nataly I ne soit saisi, le record pour une saisie de cocaïne était de 6 tonnes prises en 1989 sur un navire colombien. La cocaïne dans le Nataly I a été trouvée cachée dans 13 compartiments secrets parmi les énormes réservoirs de pétrole du navire. Il a fallu trois jours aux enquêteurs de la marine et des garde-côtes pour trouver les 24 325,5 livres de la drogue en poudre. Une indication que le navire n’était pas impliqué dans la pêche était qu’aucun poisson n’a été trouvé à bord.

Clipperton, les ballots :

2004-2005 Expédition Jean-Louis Étienne
En 2005, Jean-Louis Étienne a mené une mission scientifique de quatre mois a Clipperton. Camp en dur, ferme solaire, liaison satellite, quads et VTTs, l’expédition « high tech » a réalisé un inventaire complet de la faune et flore terrestre et maritime de notre caillou. Un jour, un plongeur aurait trouvé un ballot de cocaïne échoué, le précurseur d’un total de 25 kilos qui seront ramassés pendant ce séjour médiatisé.
Source : JL Étienne         

Nota : La légende dit aussi que certains de ces ballots étaient cachés dans le vieux groupe électrogène des missions Bougainville.

  • 2011 Arago

De passage à « Cliperton » (sic), l’Arago aurait découvert des ballots sur la côte.

  • Expédition PASSION 2015 à Clipperton :

L’équipe scientifique, dirigée par le Pr Christian Jost, épaulée par un détachement de l’Armée de terre et de la Marine nationale, a découvert un paquet contenant 1,2 kilogramme (2,6 lb) de cocaïne dans un bidon bleu sur la plage. On peut penser que le tout s’est échoué après avoir été jeté à la mer. Le paquet contenant la drogue a été récupéré par le Commissaire du FS Prairial, placé sous scellé et mis dans un coffre en attendant les consignes des autorités judiciaires. Les missions de surveillance des pêches et de lutte contre le narcotrafic sont une des priorités des forces armées en Polynésie française.

  • Mission Passion 2023, FS Germinal :
    Ils ont collecté plus de 200 kilogrammes (440 lb) de déchets plastiques des plages de l’île ainsi qu’une balle de cocaïne. Ah si les ordures plastique pouvaient s’injecter ou s’inhaler !
    Source : Marine Nationale

2021 voilier Viajero
1 ballot de cocaïne trouvé sur la plage nord-ouest de l’atoll. Ouvert et jeté à la mer.
Source : Éric Chevreuil (témoignages de 2022)

2022 voilier Viajero (votre serviteur à bord)
1 ballot de cocaïne trouvé sur la même plage qu’en 2021. Ouvert et jeté à la mer.

PS : Cousteau a montré que les murènes de Clipperton sortent parfois de l’eau sur le platier de corail, pour circuler d’une flaque a une autre ou capturer des crabes. Je ne suis pas un scientifique mais vais proclamer ici que peut-être est-ce l’effet de toute cette cocaïne rejetée en mer qui affecte le bon sens de ces murènes. Retiennent-elles leur respiration quand elles sortent de l’eau ? Cela sera l’objet de mes prochaines recherches ! ( )

  • 2024 Un « Panga » a Clipperton

  • Et pourquoi pas un « semi-submersible » à Clipperton ?
    2024 Expédition Radio amateur
    Début 2024, à leur grande surprise, les radioamateurs découvrent sur l’atoll un semi-submersible probablement de fabrication colombienne. Profil bas et effilé pour échapper aux jumelles et aux radars, ce bateau, qui peut atteindre 17 mètres et transporter plusieurs tonnes de drogue, est propulsé par 3 moteurs hors-bord. Équipage d’a priori 2 personnes qui, d’après les déchets en cabine, se nourrissent de boissons énergétiques et de chips.

Les autorités sont prévenues et le FS Prairial a été envoyé sur zone. Son rapport public de fin de mission ne parle pas du semi-submersible mais mentionne trois senneurs sur zone. Soit le bateau narco avait déjà  « disparu », soit les autorités gardaient l’affaire sous le coude. L’option de la disparition me semble la plus probable.


Je cite mon email aux autorités de Papeete :

De : 916Eric chevreuil <echevreuil@xxxxl.net>
Envoyé : vendredi 16 février 2024 08:34
À : xxxxxxxx <xxxxxxxx@intradef.gouv.fr>; xxxxxx <xxxxx@intradef.gouv.fr>
Objet : Clipperton semi submersible de transport de drogue

 Bonjour de Californie 

Un semi-submersible de transport de drogue a été découvert échoué sur les récifs de Clipperton par les membres de l’expéditions radio amateur de Février

Papeete a été prévenue et le Prairial envoyé en Patrouille.

Officiellement, le Prairial ne cite que les trois senneurs sur zone et ne parle pas de cette embarcation de 17 mètres – difficile à louper – et de deux autres barques échouées.

 La découverte du semi submersible -probablement Colombien d’après le modèle- a-t-elle été classifiée ou il n’y avait plus rien sur zone quand le Prairial est arrivé ? Je tiens à vous rappeler qu’historiquement, les senneurs se tiennent maintenant à distance quand l’ile est visitée/occupée.

Historiquement, il a été rapporté que ces senneurs envoient leurs hélicoptères embarqués pour survole l’ile et voir si elle est visitée/occupée avant de venir pécher au plus près des récifs ou d’y débarquer du monde pour récupérer des noix de coco ou y pécher des langoustes.

 Les radios amateurs n’ont vu aucun hélicoptère et aucun senneur…mais le Prairial en a trouvé trois sur zone.

 Il est possible qu’un d’entre eux ai récupéré le semi submersible (Hélico ou remorquage a marée haute). 3 moteurs hors-bord de 150cv… des Mexicains… ils ne les auraient pas laissés sur zone à la merci de la prochaine Tempête.

 C’est tout.

 Il me tarde de retourner sur mon atoll et de voir ce qu’il en est !

 Best Regards.

 Eric Chevreuil

                                                    ————————————

La réponse à mon email :

Bonjour monsieur

Nous sommes au courant de tous ces événements et maîtrisons la communication en lien avec le Haut-commissariat, responsable de l’administration de l’ile.

Une enquête judiciaire étant par ailleurs en cours, il ne nous appartient pas de commenter la situation.

Bien cordialement,

                           —————————————————

Pas à Clipperton mais au retour, avec le FS Prairial :

  • 2015, fin de la mission PASSION 2015

À bord du FS Prairial : Soudain, je vois nos marins mettre en place les canons de 20 mm, les mitrailleuses de 12,7 et autres fusils mitrailleurs de 7,62. Nous sommes convoqués — par nous, je veux dire les scientifiques et militaires de Passion 2015, notre VIP, M. Folliot, premier député français à aller sur l’atoll (à ses frais), et votre serviteur, son « chaperon ». La France fait partie de la coalition internationale contre le trafic de drogue et la Drug Enforcement Agency (DEA) américaine a repéré une ou deux vedettes rapides colombiennes en panne et à la dérive au large du Guatemala. Elle transporterait près de 500 kg de cocaïne et nous sommes les seuls sur zone. Nous n’allons plus à Puerto Vallarta, au Mexique, mais allons intercepter cette vedette.

Les « civils » sont enjoints à rejoindre leurs cabines et à rester loin des hublots en cas de bataille rangée.

Nous avons finalement trouvé et fouillé ces vedettes en panne sèche. Les sud-américains ne veulent pas d’aide et nous leur donnons du carburant et des vivres. Quelques kilomètres plus loin, des fûts en plastique éventrés, entourés d’un nuage blanc, flottaient encore à la surface. Ils avaient dû être jetés à la mer dès que l’équipage de la vedette nous a vus arriver à l’horizon. Nous serons finalement débarqués sur une base mexicaine à Puerto Chiapas, près de la frontière avec le Guatemala, mais c’est une autre histoire.

Laissons le professeur Jost raconter cette histoire :

En fin de mission, le Commandant de la frégate FS Prairial, en route vers Puerto Vallarta sur la côte mexicaine, a été informé par le Renseignement américain à partir de surveillance satellitaire, de la présence d’un « go-fast » se dirigeant vers les côtes mexicaines en provenance apparente de Colombie à 800MN au sud-est de sa position. Respectant les accords internationaux, la frégate française, se trouvant être le navire d’Etat le plus proche du lieu, a viré de bord vers le sud-est pour intercepter cette embarcation. Arrivée sur zone, le commandant est averti qu’un deuxième « go-fast » en provenance quant à lui, des côtes mexicaines, avait été détecté à proximité et se dirigeait vers un lieu de rencontre en pleine mer à 300MN des premières côtes. La Marine française intercepte les deux embarcations de type barque profilée (voir photo), équipée pour l’une de trois moteurs de 200CV et occupées par deux hommes. Elles s’avèrent non seulement vides à l’inspection, mais pour la première, sans moteur et présentant quelques traces de poudre blanche qualifiée de « lessive » par les deux hommes qui se déclarent naufragés. Vraisemblablement ceux-ci, informés de l’arrivée d’un navire de guerre ou apercevant l’hélicoptère de reconnaissance envoyé par le Prairial, eurent le temps de jeter par-dessus bord les bidons contenant de la drogue (lestés de barres de sel) et les moteurs afin de pouvoir bénéficier du secours en mer de l’assistance à naufragés. Il arrive que ce genre d’interception tourne mal, les trafiquants étant généralement armés et n’hésitant pas à tirer. Ne pouvant les prendre à bord faute de place, le Prairial attachera finalement les deux embarcations ensembles pour qu’elles rejoignent la côte la plus proche et fournit aux hommes eau et nourriture. Finalement l’équipe scientifique sera déposée à Puerto Chiapas près de la frontière guatémaltèque. On ne sait si les trafiquants retournèrent sur zone pour récupérer la drogue après fonte des blocs de sel de lestage. (source : C. Jost)

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