Le Syndicat général autonome des retraités de Polynésie (SGARP) interpelle le président du conseil d’administration (CA) de la CPS et les autres membres. Ayant fait partie du CA de la CPS pendant plusieurs années, j’avais déjà eu l’occasion d’exprimer ma position sur les discours tenus sur les salariés de la CPS en lien avec les discussions relatives à l’indemnité de départ à la retraite (fixée à 12 mois).
D’une part, j’avais dit et écrit, qu’il n’y avait pas de raison de diaboliser les personnels de la CPS plus que d’autres dans la mesure où d’autres entreprises du Pays offraient des avantages, discutables certes, mais parfois encore plus importants, sans que les personnels concernés soient l’objet d’attaques particulières. Les salariés de la CPS n’avaient donc pas à être les boucs émissaires de la situation tendue de la Caisse. D’autre part, et c’était le cas pour la définition de l’indemnité de départ à la retraite, j’invitais les membres du CA à faire preuve de retenue au regard de la situation de dizaines de milliers de Polynésiens (actifs ou retraités) dont les avantages et le pouvoir d’achat étaient loin d’être comparables à ceux des salariés de la CPS. Le montant retenu a été fixé à 12 mois de salaires au titre de l’indemnité de départ à la retraite (certaines entreprises accordant 24 mois alors que la plupart des salariés bénéficient de 3 ou 4 mois d’indemnité de départ). Par les médias, j’ai pris connaissance comme beaucoup d’autres Polynésiens de la fameuse prime d’assiduité versée aux salariés qui venaient normalement et régulièrement au travail. Cette mesure aberrante est totalement extraterrestre dans la mesure où elle n’existe nulle part ailleurs et qu’elle ne s’inscrit nullement dans le cadre d’une politique sociale…
Ne pas pousser trop loin le bouchon
Il est utile de rappeler que le personnel de la CPS a bénéficié d’une revalorisation de 6 500 Fcfp par mois en 2022 et d’une prime de pouvoir d’achat de 120 000 Fcfp/année. Tant mieux pour eux, mais il ne faut pas pousser trop loin le bouchon.
Le SGARP s’adresse donc au président du CA de la CPS et aux autres membres, et non au secrétaire général de la CSTP-FO. La fonction et la raison d’être du CA de la CPS est d’assurer la cohérence et l’équité des dispositifs sociaux de la CPS dans l’intérêt du plus grand nombre, avec un souci particulier pour les catégories disposant de moins de moyens et qui plongent de plus en plus dans la précarité et la pauvreté.
Les 70 % de retraités dont les revenus sont en dessous du SMIG et pour beaucoup disposant de moins de 110 000 Fcfp par mois ne peuvent se taire et accepter une telle utilisation des fonds sociaux alors même que le CA de la CPS n’a fait aucune proposition en faveur des retraités à faibles revenus, principales victimes de l’inflation. Il n’y a pas d’argent pour les plus faibles mais il y en a pour renforcer les droits de ceux qui sont déjà beaucoup mieux pourvus. C’est cela l’équité défendue par le CA de la CPS ?
Le SGARP remercie les représentants du gouvernement de ne pas s’être compromis en ne donnant pas leur soutien à cette prime. Par contre, le SGARP constate que le gouvernement ne s’est toujours pas engagé pour une revalorisation des retraites en tranche A dont le minimum avait été estimé par nos soins à +5 %.
En conclusion, en tant que secrétaire adjoint du SGARP, je tiens à rendre hommage à notre président, Jean-Marie Cheung, malade depuis de longs mois et qui vient de décéder. Qu’il soit remercié pour son combat pour les retraités et surtout les plus faibles.
