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Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer le décès de Ghislain Houzel qui nous a quittés dimanche 11 juin 2023, suite à une crise cardiaque. Ingénieur retraité de la Direction des essais du CEA, M. Houzel a assisté aux essais nucléaires en Polynésie, avant de s’engager personnellement et courageusement pendant de nombreuses années pour la…

C’est avec beaucoup d’émotions que nous avons appris le départ brutal de Ghislain Houzel, d’autant qu’il devait s’envoler ces jours-ci pour rejoindre ce Fenua qui lui était si cher. Géophysicien de formation, docteur ès sciences, écrivain et conférencier, Ghislain Houzel a fait toute sa carrière au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) où, dans le cadre de ses activités, il a participé à la réalisation des 193 bombes nucléaires qui, de 1966 à 1996, se sont déroulées à Moruroa et Fangataufa. Très attaché à la Polynésie où il réside souvent, il s’est toujours passionné pour l’histoire et la culture du Fenua. Depuis de nombreuses années, il s’est personnellement et courageusement engagé pour la défense de Polynésiens, victimes directes ou indirectes des 193 essais nucléaires effectués par la France (voir ci-contre sa bio express).

Avis à ses amis métropolitains et aux autres connaissances : nous vous prions de bien vouloir trouver ci-après quelques informations. La cérémonie religieuse aura lieu ce vendredi 16 juin, à 15 heures, à l’église Saint Jean Baptiste de Grenelle 14, place Etienne Pernet 75015 Paris. L’inhumation se tiendra lundi 19 juin, à 11 heures, dans le cimetière de Ploubazlanec. 

Toute la rédaction de PPM adresse ses sincères condoléances à son épouse Françoise et à tous ses proches. Nous partagions ce combat de la vérité du nucléaire, alors encore un grand merci Ghislain ! Repose en paix.

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Bio express

(Tahiti Pacifique N°433, du 29 mai au 11 juin 2020)

Octogénaire, Ghislain Houzel est marié et a trois enfants et cinq petits-enfants. Il passe son enfance en Auvergne où il habite à Royat, une petite ville thermale sympathique située près de Clermont-Ferrand. Hélas, ses premiers souvenirs d’enfance sont « des souvenirs de guerre, bombardements, attentats, etc. », qu’il ne parvient « pas à oublier totalement« . En 1963, après des études à l’Institut de physique du globe de Strasbourg (IPGS), il part en Terre Adélie comme responsable de la station géomagnétique de la base Dumont d’Urville pour un long séjour de seize mois. Il se souvient : « C’est là-bas que j’ai fait la connaissance de Paul-Émile Victor, homme de grand talent, qui m’a fait aussitôt grande impression. C’est lui qui, lors d’une discussion, m’a conseillé de lire le livre de T’Serstevensqui s’appelle Tahiti et sa couronne et dans lequel l’auteur raconte avec humour son long séjour à Tahiti et aux îles Marquises au début des années 1950… La lecture de ce livre m’a donné l’idée de profiter de mon retour en France pour faire escale en Polynésie. » C’est ainsi qu’en mars 1965, Ghislain Houzel arrive au fenua pour un court séjour de deux semaines, au cours duquel il apprend « avec étonnement que la France allait installer sur ce lointain territoire un centre d’expérimentations nucléaires« …

À son retour en France, il est recruté à la Direction des applications militaires (DAM) du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), qui, dès 1966, l’envoie en mission à Moruroa pour « travailler sur les problèmes des retombées nucléaires induites par les tirs aériens« . Par la suite, de 1966 à 1997, étant affecté à la Direction des essais du CEA-DAM, il effectue de très nombreuses missions à Moruroa. « C’est au cours de ces séjours en Polynésie que j’ai commencé à me passionner pour les plus grandes pages de l’Histoire polynésienne : arrivée des premiers explorateurs européens et des missionnaires, choc des cultures, mutinerie de la Bounty… Depuis plusieurs années, mes connaissances bien que très modestes sur ces sujets m’ont souvent donné la possibilité de faire des conférences », confie-t-il.

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Les confidences explosives de Ghislain Houzel

(Tahiti Pacifique N°433, du 29 mai au 11 juin 2020)

Recruté à la Direction des applications militaires (DAM) du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), puis affecté à la Direction des essais du CEA, Ghislain Houzel a effectué de très nombreuses missions à Moruroa, de 1966 1997. L’octogénaire, qui a assisté à « plus de 120 tirs« , se replonge dans ses souvenirs pour les lecteurs de Tahiti Pacifique. Aujourd’hui retraité, l’ingénieur nous raconte l’horreur des essais nucléaires, sans langue de bois…

« Tout était brûlé et calciné ; des milliers de poissons flottaient le ventre en l’air… Quelle horreur ! »

À combien d’essais avez-vous assisté et quels sont les moments les plus marquants, impressionnants, que vous avez vécu ?

« J’ai participé à la préparation et assisté à plus de 120 tirs : tirs sur barges, tirs sous ballon, tirs souterrains, et, chaque fois, j’ai ressenti de l’inquiétude quand le compte à rebours se déroulait et que nous approchions de l’instant zéro : n’allait-il pas y avoir une mauvaise surprise ou des effets inattendus ? Deux tirs m’ont profondément marqué : le tir « Canopus » en août 1968 et le tir « Thétis » en septembre 1995. « Canopus » fut le premier essai de bombe thermonucléaire : tir sous ballon au-dessus du lagon de l’atoll de Fangataufa. Puissance estimée à 2 mégatonnes, soit plusieurs centaines de fois la bombe d’Hiroshima. Le lendemain de ce tir, j’ai survolé Fangataufa : ce bel atoll était entièrement ravagé ; il ne restait plus un arbre, plus un brin d’herbe. Tout était brûle et calciné ; des milliers de poissons flottaient le ventre en l’air… Quelle horreur ! « Thétis », tir souterrain dans le lagon de Moruroa fut le premier tir réalisé en 1995 suite à la décision du président Jacques Chirac de reprendre les tirs après le fameux moratoire décidé par François Mitterrand. Nous nous attendions tous à de vives réactions, mais celles-ci furent d’une violence inouïe, avec en particulier l’incendie de l’aéroport de Faa’a. Quelle triste conséquence et quelle triste page de l’Histoire de la Polynésie ! Cela aussi, je ne pourrai jamais l’oublier. »

Vous dites qu’il ne faut pas confondre le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre… Pouvez-vous expliquer ce que cela signifie vraiment ?

« Par définition, le maître d’ouvrage est celui qui passe une commande, tandis que le maître d’œuvre est celui qui exécute cette commande. Pour la réalisation des tirs nucléaires en Polynésie, le maître d’ouvrage était le président de la République, chef des armées, et le maître d’œuvre était la Direction des applications militaires du CEA. Localement, en Polynésie, le maître d’ouvrage était représenté par le Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP), installé à Arue et Pirae, tandis que le CEA, maître d’œuvre, l’était par la Direction des essais installée à Mahina et à Moruroa. Le CEP assurait la logistique, le transport et la sécurité. La Direction des essais assurait la réalisation des tirs. En 1997, lorsque les expérimentations nucléaires ont été définitivement arrêtées, la Direction des essais du CEA a été dissoute. Depuis lors, le maître d’œuvre n’étant plus là, les Polynésiens ne savent plus à qui s’adresser quand des questions se posent sur les conséquences environnementales ou sanitaires des tirs, car les Forces armées présentes actuellement sur le Territoire n’ont pas la capacité de répondre. »

« Les baignades étaient autorisées une heure après le tir ! Beaucoup de mes anciens camarades qui ont largement profité de ces baignades sont morts quelques années après de cancers qui pourraient figurer sur la liste des maladies radio-induites… »

Quelles étaient les consignes de sécurité données à l’époque par votre hiérarchie ?

« Au moment des tirs, les consignes de sécurité à l’attention des personnels civils et militaires étaient toujours claires et précises. À ma connaissance, elles furent toujours respectées et je n’ai pas souvenir de faute caractéristique. Par contre, je tiens à souligner que les consignes concernant la sécurité radiologique au moment des tirs souterrains étaient totalement inadaptées en ce qui concerne les autorisations de baignade dans le lagon. Je m’explique : il faut en effet savoir que les premiers tirs réalisés à Moruroa étaient des tirs sur barge, qui ont, bien entendu, pollué le lagon avec des particules radioactives qui se sont déposées au fond. Au moment des tirs souterrains, les ondes de choc étaient telles que ces particules lourdes et très dangereuses étaient chaque fois remises en suspension dans l’eau du lagon. Or les consignes données aux personnels disaient que les baignades étaient autorisées une heure après le tir ! Beaucoup de mes anciens camarades qui ont largement profité de ces baignades sont morts quelques années après de cancers qui pourraient figurer sur la liste des maladies radio-induites… Auraient-ils échappé à cette maladie s’ils ne s’étaient pas baignés dans le lagon juste après les tirs ? Personne peut l’affirmer, mais la relation possible de cause à effet est troublante. »

Considérez-vous que l’État français a menti ? Quel est votre sentiment ?

« Lorsqu’il y a un accident grave, le grand défaut des autorités françaises responsables est de ne pas savoir communiquer ou informer correctement. Dans ce domaine, le CEA tient une des meilleures places ! En effet, on se souviendra longtemps des conséquences de l’accident de Tchernobyl quand un éminent professeur a clamé haut et fort que les Français n’avaient rien à craindre car le nuage radioactif longeait la frontière franco-italienne ! Après un tel passif, il n’est donc pas étonnant de constater que les Polynésiens mettent en doute ce que les autorités françaises essayent de leur raconter sur les conséquences des essais nucléaires. »

C’est l’argent qui a permis « d’acheter » le silence de tous ces hommes embarqués dans cette aventure « expérimentale » ?

« Les personnels civils et militaires qui travaillaient sur les sites d’expérimentations nucléaires étaient très bien payés… Tout le monde peut le confirmer ! À ce sujet, il n’était pas rare que des salaires soient multipliés par deux ou trois par rapport à la Métropole ou la Polynésie. En revanche, tous les personnels étaient tenus de ne rien divulguer à l’extérieur de ce qu’ils voyaient ou apprenaient concernant les tirs. À cette époque, cette disposition tout à fait normale était connue de tous ; mais la peur de divulguer un secret était tellement ancrée dans les esprits que bien souvent à leur retour en Métropole, les agents du CEA qui tombaient malades n’osaient même pas dire à leur médecin traitant qu’ils avaient travaillé à Moruroa ! »

Pensez-vous que l’on nous ment encore aujourd’hui ?

« Comme je l’ai déjà dit, je pense que le grand défaut des autorités françaises est de ne pas savoir communiquer ou informer dans les domaines relatifs au nucléaire. Aujourd’hui encore, certains communiqués officiels concernant les sites de Moruroa et Fangataufa frisent le ridicule. Je ne citerai que deux exemples. D’abord les Polynésiens ont appris récemment des autorités responsables qu’ils n’ont aucun souci à se faire car la radioactivité mesurée sur leur Territoire est plus faible que celle mesurée en Bretagne. Une telle comparaison est grotesque car elle ne peut qu’attirer la méfiance des Polynésiens qui savent très bien qu’il y a eu 193 tirs en Polynésie et zéro en Bretagne… Les Polynésiens n’aiment pas qu’on les prenne pour des imbéciles ! De la même manière, on apprend que les failles géologiques repérées à Moruroa sont des failles naturelles ! Cela est bien difficile à croire quand on sait que plus d’une centaine de tirs souterrains ont violemment ébranlé l’atoll pendant plus de vingt ans ! »

Pourquoi dites-vous que le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) est « une usine à gaz » ?

« Quand je dis que le Civen est une usine à gaz qui coûte très cher à l’État, je ne mets absolument pas en doute les qualités médicales de cette commission qui fait un travail remarquable. Ce que je souhaite pouvoir exprimer, c’est mon étonnement devant la manière dont ce problème de recherche d’éventuelles victimes des essais nucléaires est initié car, à ma connaissance, toute personne civile ou militaire qui a travaillé pour le CEP est en droit de se présenter devant le Civen comme étant une possible victime. Cela est très bien, mais je pense personnellement qu’il serait plus rapide, plus efficace et surtout moins onéreux de procéder différemment. En effet, nous savons tous que les retombées nucléaires provoquées par les tirs aériens entre 1966 et 1974 ont essentiellement touché les îles Gambier, Tureia et Reao. À cette époque, il y avait 2 200 habitants aux Gambier, 200 à Tureia et 200 à Reao, soit un total de 2 600 habitants susceptibles d’avoir été contaminés par ces retombées. Sur ces 2 600 habitants, il doit rester à ce jour un maximum de 1 000 survivants. Dans ces conditions, ne serait-il pas plus simple et plus judicieux de décréter que désormais ces 1 000 survivants sont pris totalement en charge pour tous leurs soins médicaux ? Une telle mesure aurait le mérite de simplifier le problème de recherche de victimes, tout en permettant aux médecins spécialistes du Civen d’analyser les cas les plus graves de maladies radio-induites. »

Que pensez-vous du terme « risque négligeable » employé dans le cadre de la loi Morin ?

« Je ne peux que m’insurger devant cette notion de risque négligeable, car, qu’il soit nouveau ou ancien, un risque n’est jamais négligeable ! Je ne peux également que suggérer aux autorités responsables d’arrêter d’émailler leurs communiqués officiels avec des unités de mesures de radioactivité qui sont incompréhensibles par le commun des mortels : les rads, les rems, les sieverts, les curies, etc., sont des termes réservés à des spécialistes. Les Polynésiens veulent des réponses simples et claires quand ils posent des questions et ils ont tout à fait raison. »

« La France a une dette d’honneur envers la Polynésie, et c’est son devoir d’honorer cette dette par le biais de soutiens financiers dans tous les domaines qui sont d’actualité : enseignement, culture, tourisme, infrastructures… »

Quelles sont les conséquences actuelles des essais en Polynésie ?

« À mon avis, la Polynésie est malheureusement à ce jour menacée par deux catastrophes directement liées à un effondrement brutal des falaises coralliennes et basaltiques qui bordent Moruroa et Fangataufa. Un tel effondrement risquerait de provoquer un tsunami qui pourrait atteindre les îles Gambier ou plusieurs atolls, en particulier Tureia ; mais ce qui à mon avis pourrait aussi être très grave, c’est qu’un tel effondrement libérerait dans l’océan les quantités énormes de produits radioactifs qui sont actuellement confinés dans les cavités de tirs… La zone nord de Moruroa est directement concernée : je rappelle en effet que de nombreux tirs souterrains ont eu lieu dans ce secteur. Certains de ces tirs ont même été effectués dans le corail, à des profondeurs inférieures à 300 mètres. »

Si la France a une « dette d’honneur » envers la Polynésie, comment cela doit-il se traduire selon vous ?

« La mise au point de la force de dissuasion française sur les atolls de Moruroa et Fangataufa est un fait colonial. Cette mise au point qui a duré trente ans a entraîné de profonds bouleversements économiques et financiers en Polynésie. La France a donc aujourd’hui une dette d’honneur envers la Polynésie, et c’est son devoir d’honorer cette dette par le biais de soutiens financiers dans tous les domaines qui sont d’actualité : enseignement, culture, tourisme, infrastructures… »

La création d’un Centre de mémoire est au cœur des préoccupations. Mais l’interdiction par l’État d’accéder aux archives n’empêche-t-elle pas de tourner justement la page du nucléaire en Polynésie ?

« La création d’un Centre de mémoire est une excellente idée. Par analogie avec le CEP, il pourrait s’appeler Centre polynésien de mémoire nucléaire. Cette réalisation permettrait aux lycéens, aux étudiants et aux touristes de bien comprendre pourquoi et comment la France a réalisé près de 200 expérimentations nucléaires en Polynésie. Ce centre de mémoire devrait pouvoir accueillir des conférences et permettre des débats. Sa gestion devra nécessairement être confiée à des personnes hautement qualifiées et habilitées à pouvoir consulter toutes les archives. À ce sujet, je ne comprends pas pourquoi ces archives, si elles ne sont pas classées secret défense, ne seraient pas accessibles. »

« Le motu Colette, une source permanente de diffusion de radioactivité dans le lagon et dans l’océan »

Que souhaiteriez-vous entendre de la part du président de la République française, Emmanuel Macron ?

« Au-delà des discours politiques, je souhaiterais d’abord qu’il présente les excuses de la France pour les conséquences négatives induites par trente années d’expérimentations nucléaires en Polynésie. Je souhaiterais aussi qu’il fasse les annonces suivantes : création d’un accord pour que la France finance rapidement la réalisation d’un Centre de mémoire nucléaire et un accord pour que la France cautionne des gestes écologiques forts afin de diminuer l’impact actuel de la pollution radioactive. Parmi ces gestes, je me permets d’en signaler deux dont la réalisation trouverait certainement un écho très favorable auprès de la population : d’abord la récupération pour stockage dans un lieu sécurisé d’un conteneur rempli de déchets radioactifs issus de l’expérimentation « Meknès » ; je rappelle que ce conteneur a été immergé en face de la passe nord de Moruroa en mars 1983. Techniquement avec les moyens actuels dont dispose la marine, cette récupération est tout à fait possible. Mais aussi : nettoyage et bétonnage du motu Colette, situé dans la zone nord de Moruroa. Je rappelle que ce motu, qui a été hautement contaminé par les tirs aériens, est aujourd’hui une source permanente de diffusion de radioactivité dans le lagon et dans l’océan. »

Avez-vous des anecdotes à partager avec les lecteurs ?

« Parmi toutes les anecdotes qui jalonnent l’histoire du nucléaire polynésien, il y en a une que je tiens à raconter car elle m’a profondément choqué : c’est la fameuse histoire Telsite 2. Voici de quoi il s’agit : en 1985, alors que j’étais à Moruroa, nous avions observé les premiers signes d’un affaissement de la zone Nord. Ces signes étaient inquiétants, car ils pouvaient être les prémices d’éboulements sous-marins, générateurs de tsunamis. La décision a donc été prise d’installer un système de surveillance baptisé Telsite, consistant à installer des sismomètres dans un forage oblique d’environ 300 mètres de long traversant la zone des failles. Le coût total de cette installation fut estimé à 3 millions d’euros. Ce système de surveillance, qui a parfaitement fonctionné pendant de nombreuses années, a permis de suivre les moindres mouvements des failles ainsi surveillées. En 2016, il a été décidé de le moderniser. C’est ainsi que le nouveau système de surveillance, baptisé Telsite 2, a été inauguré en grande pompe en septembre 2018 par le contrôleur général des armées, qui a fièrement annoncé publiquement qu’il avait coûté 12 milliards, soit plus de 100 millions d’euros ! Ce même contrôleur général a conclu en prédisant qu’un effondrement de la zone Nord de Moruroa provoquerait au maximum une vaguelette de 30 centimètres sur Tureia, qui est l’atoll le plus proche ! Je laisse au lecteur le soin d’imaginer l’impact de ces déclarations sur la population polynésienne et sur le contribuable français… »

Quel message voulez-vous adresser aux Polynésiens ?

« Polynésien dans mon cœur, je tiens simplement et modestement à dire à tous les Polynésiens qui s’inquiètent des conséquences des essais nucléaires que je comprends leurs inquiétudes et leurs interrogations. Je souhaite aussi qu’ils ne s’opposent pas à la réalisation d’un Centre de mémoire et surtout qu’ils ne refusent jamais de dialoguer. »

Propos recueillis par Dominique Schmitt

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1 réflexion au sujet de « Décès de Ghislain Houzel, ingénieur retraité du CEA qui partageait notre combat de la vérité du nucléaire »

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