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Partout dans le monde, l’épidémie de Covid-19 a forcé les gouvernants à adopter des politiques de soutien à l’économie afin d’éviter que la crise sanitaire ne se double d’une gigantesque dépression économique. En France, aides publiques et emprunts garantis par l’État, « quoi qu’il en coûte » selon les termes du président Macron, ont permis d’éviter des licenciements et des faillites durant la phase la plus grave de l’épidémie en 2020 (récession de 8 % du PIB en 2020), puis de faciliter la reprise de l’activité en 2021 (près de 7 % de croissance du PIB permettant en ce début 2022 un retour à la situation d’avant crise sanitaire, voire une amélioration sur le front de l’emploi). En Polynésie française, la même politique de soutien public a permis de limiter la récession en 2020 (entre -7 % et -8 % du PIB) et de voir une reprise significative en 2021, en attendant le retour complet de l’activité touristique.

Cette politique budgétaire expansionniste s’est révélée efficace, mais au prix de déficits publics importants et d’un endettement accru jusqu’à des niveaux que l’on peut juger excessifs. La dette publique française est passée de 2 400 milliards d’euros fin 2019 à environ 2 800 milliards d’euros aujourd’hui, soit une hausse de près de 20 points de PIB (de 98 % du PIB à 116 %). En Polynésie française, la dette publique s’élevait à 80 milliards de Fcfp à la fin 2019 ; elle atteint à présent 130 milliards de Fcfp, soit une hausse de 10 points de pourcentage de PIB (de 14 % à 24 %). Ces niveaux de dépenses et de dettes publiques soulèvent des questions concernant à la fois leur nécessité et leur soutenabilité sur le long terme. Le débat public est souvent tronqué et faussé par la faiblesse des connaissances économiques des divers commentateurs. Un retour aux fondamentaux de l’économie peut contribuer à éclairer la discussion …

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