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Redonnons existence, dignité et identité positive à nos jeunes ! “La grande affaire du XIXe siècle va être de faire coincider la réalité de l’égalité avec son annonciation révolutionnaire”, tel était le propos de Mona Ozouf (historienne et philosophe spécialiste de la Révolution française). Cela reste aujourd’hui d’une parfaite actualité. Si l’on sait les remarquables…

Partout le sentiment d’inégalité fermente dans les profondeurs des sociétés, nous rappelle Jacques Le Goff, membre de l’Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste  (ASPDH). Cette situation alimente aigreur et ressentiment. Comment justifier, nous dit Jacques Le Goff, que les 1 % des plus riches de la planète possèdent deux fois plus de richesses que 90 % de la population mondiale ? Que 10 % des plus fortunés possèdent, en France, 50 % du patrimoine immobilier ? Une étude approfondie et impartiale en Polynésie révèlerait certainement des réalités équivalentes. Comment justifier qu’un enfant de cadre ait trois fois plus de chances d’accéder aux études supérieures qu’un fils d’ouvrier ? Le vrai problème n’est pas l’inégalité en tant que telle car nous sommes différents et inégaux de par notre ascendance, notre cadre de vie, nos aptitudes et possiblités vitales. Le vrai problème est dans le cumul des inégalités tel que ceux qui en patissent finissent par revêtir l’identité négative des invisibles. N’ayant rien ou si peu pour réussir, il ne leur reste, pensent-ils, que la révolte et la violence. Leur seul discours devient ou reste celui qui faisait dire aux disciples de Babeuf, dans la conjuration des égaux en 1793 : “Nous voulons l’égalité réelle ou la mort”.

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