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Lorsqu’on avait 20 ans, on trouvait que les personnes de 40 ans étaient des vieux et qu’ils ne nous laissaient pas suffisamment de place pour construire l’avenir ! Arrivé à 40 ans, on se disait en pleine force de l’âge, prêt à construire le monde, que les jeunes de 20 ans étaient encore des gamins et que les vieux, ceux…

La réponse à la pandémie du Covid illustre cette situation. Ainsi l’on n’a pas hésité à enfermer les jeunes pour protéger les vieux que nous sommes… n’hésitant pas à jouer la carte de la culpabilité : « Si tu ne te protèges pas… si tu ne respectes pas le confinement… tu seras responsable de la mort de tes grands-parents… » La peur de la mort, la peur d’être mis hors-jeu… nous a conduit à des mesures qui ont exclu totalement les jeunes et leurs aspirations !

Sans compter les mesures liberticides telles que l’interdiction de la vente d’alcool, les rassemblements festifs [sauf pour les initiateurs de la loi !!!], le passe-vaccinal [là aussi sauf pour les initiateurs de la loi !!!] Au-delà de ces restrictions, il y a les conséquences économiques des confinements… décision prise encore une fois par notre génération qui sera déjà six pieds sous terre lorsqu’il faudra passer à la caisse…

Les thèmes développés pour la campagne présidentielle 2022 sont une autre illustration de cette « gérontocratie ». Les sondages montrent que les préoccupations des jeunes sont le pouvoir d’achat, l’environnement, les inégalités sociales… celles des vieux sont la sécurité, l’immigration… Quels sont les thèmes essentiellement développés par tous les candidats confondus ? Ceux de notre génération !!!

« Les jeunes ne seront jamais assez mûrs pour conduire la société… » c’est une certitude des anciens, vieille comme le monde. Il y a 3 000 ans on disait déjà cela à Babylone : « La jeunesse d’aujourd’hui est pourrie jusqu’aux tréfonds, mauvaise, irréligieuse et paresseuse. Elle ne sera jamais comme la jeunesse du passé et sera incapable de préserver notre civilisation. » Mais heureusement, les anciens finissent par mourir et le monde continue, ni mieux ni moins bien qu’avant, chaque génération essayant de réaliser ses rêves, ses ambitions…

Qui sommes-nous pour décider d’un avenir qui ne sera pas le nôtre ? Il ne s’agit pas de faire du « jeunisme » ou de nous exclure de la société… mais simplement de nous souvenir qu’il y a un temps pour tout… devenir les sages qui conseillent, qui soutiennent, qui accompagnent… mais qui laissent à la génération qui nous suit de faire les choix d’un demain qui sera le leur et non le nôtre…

Ne soyons pas des « gérontocrates » mais des passeurs !!!


Note :

(1) Gérontocratie : système politique et social dominé par des vieillards.

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