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Pur produit du système communiste, Mikhaïl Gorbatchev n’imaginait pas qu’il changerait la face du monde en devenant le fossoyeur involontaire de l’URSS, source d’un immense respect en Occident mais d’une amertume certaine en Russie. Mardi dernier, Mikhaïl Gorbatchev est décédé d’une « grave et longue maladie » à l’âge de 91 ans en Russie, a indiqué l’Hôpital clinique central de Moscou où il était soigné. Son décès intervient en pleine offensive en Ukraine et dénoncée en Occident comme une résurgence de l’impérialisme russe.
(Une : le 1er décembre 1989, le pape Jean-Paul II salue le dernier dirigeant de l’Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev sous le regard de Monseigneur Manuzzi à Rome, lors d’une réunion historique au Vatican. Photo : AFP)

Simple fils de paysan, Mikhaïl Gorbatchev effectue un parcours classique d’apparatchik pour devenir à 54 ans, le 11 mars 1985, le numéro un d’un empire soviétique alors exsangue sur le plan économique et empêtré dans une guerre sans fin en Afghanistan. Sa jeunesse le distingue. En moins de trois ans, depuis le décès de Léonid Brejnev en 1982, le PC soviétique a connu deux secrétaires généraux vieillissants qui sont morts à ce poste, Iouri Andropov et Konstantin Tchernenko. Conscient que la crise guette, M. Gorbatchev lance une libéralisation baptisée la « perestroïka » (restructuration) et la « glasnost » (transparence) pour réformer le système soviétique et réduire l’influence des vieux caciques du parti. Des millions de Soviétiques découvrent alors des libertés inédites, mais aussi les pénuries, le chaos économique et les révoltes nationalistes qui sonneront le glas de l’URSS, ce que nombre de ses compatriotes ne pardonneront jamais à cet homme au front marqué d’une tache de vin …

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