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Il faudra bien choisir, pour l’autonomie ou l’indépendance, une école adéquate. S’il s’agit de former nos enfants pour reproduire le passé, qu’il soit le plus lointain ou le proche, pas de problème : il suffira de « s’immerger » dans le patrimoine et le tour sera joué. S’il faut, par contre, développer chez nos petits leur potentiel de créativité et promouvoir l’esprit critique (qui n’est pas l’esprit de critique avec lequel on le confond souvent), alors c’est beaucoup plus compliqué.

Il est possible aussi de se décharger sur les écoles privées payantes pour détecter et promouvoir les meilleurs, aménageant pour tous les autres des parcours scolaires « de masse ». C’est un vrai choix, qui  mérite un  débat préalable, lourd de conséquence. Nous voilà donc au pied du mur pour les citoyens à venir. Parvenu près d’un tel carrefour, je me permets, une fois encore, de rappeler que l’école laïque, suspectée d’être celle du diable, est simplement celle du peuple, soit de l’ensemble des citoyens, car laïcité provient de « laos » (le peuple), à la différence de celle du « cléros » (les clercs). Ainsi, on peut être, à l’évidence, laïque et croyant, ou agnostique, ou athée. C’est clair. Alors, concrètement, quelles en  sont les conséquences ?

Tout simplement que la laïcité n’est pas une nouvelle RELIGION mais le choix d’un ESPACE public de NEUTRALITÉ pour l’ensemble des croyants, agnostiques ou athées, chacun conservant, dans son intimité, son type et ses pratiques de spiritualité. Notre espace public s’appelle la République avec les Institutions qui lui permettent de fonctionner, de la base (mairies) au sommet (les Assemblées), les religions ayant leurs lieux de cultes (église, temple, synagogue, mosquée). Par ailleurs, on le sait, se multiplient les associations qui exercent selon leurs projets et ce qui les motive, sous réserve qu’elles ne soient pas en concurrence avec les lois de la République et ne troublent pas l’ordre public. On voit comment il est souhaitable et possible d’améliorer les Institutions actuelles pour préserver le terreau nourricier, avec la séparation des pouvoirs (exécutif et législatif) et de l’autorité judiciaire, qu’on qualifie à tort de troisième pouvoir. Car si les deux premiers sont exercés par des ÉLUS, le troisième est confié à des spécialistes du droit, qui sont NOMMÉS. Cet équilibre est du cousu main que nous devons à Montesquieu, le philosophe, de retour d’Angleterre. On n’a jamais fait mieux.

Disant cela, sommes-nous très loin de l’école ? Bien sûr que non.

C’est aux écoliers du  primaire qu’il faut transmettre, avec rigueur et simplicité, ces INSTRUCTIONS pour le monde à venir, quelles que soient les méthodes choisies.

J’ai fait un rêve, comme un Américain célèbre : celui de revoir, au plus vite, les moments, clairement cadastrés à l’emploi du temps des écoles, de l’éducation morale et de l’instruction civique, avec de vraies pratiques coopératives, les INSTITUTRICES d’aujourd’hui (dont on a fait des professeures !) choisissant, selon leurs élèves, les techniques les mieux adaptées.

Formons-nous les enseignants pour cela ? En Métropole, non. Et ici ?

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