Retour

Certains parents se plaignent de ne plus avoir la maîtrise de leurs petits. Un peu partout, ces derniers échappent aux adultes et tracent leur route d’enfant sans en avoir  les moyens, ni la permission, dans l’inconscience de leur âge. Une telle réalité devrait nous obliger à une réflexion à propos de nos échecs possibles de parents et de nos ignorances coupables, afin de reprendre la main et de redresser une situation qui, en Polynésie notamment, est un signal d’alarme évident.

Il fut un temps, celui de nos enfances, où nous savions, grâce à l’école publique ou privée, aux diverses associations de jeunesse, aux temples et aux églises, à l’armée le moment venu, que nous avions à ingurgiter un certain nombre de valeurs pour mieux vivre ensemble, faire équipe, ou tribu, ou peuplade, ou société, selon la taille de notre espace géographique. Et la fameuse « socialisation » se faisait, tant bien que mal, chacun exprimant, dans son langage propre, fût-il ésotérique, ses permis et ses interdits qui, sous des vocables divers, étaient très souvent identiques.

Pour ce qui me concerne, alors que je ne fréquente pas les lieux de cultes mais les respecte, je crois qu’on ne pourrait pas glisser une feuille de papier entre la morale dite « laïque », la mienne, et ces morales confessionnelles, la première ayant hérité des deuxièmes. A cet égard, j’attends avec impatience le jour où la France déclarera qu’elle est héritière des valeurs judéo-chrétiennes et de la philosophie des Lumières, y compris d’un éventuel athéisme. Alors, l’Islam de notre quotidien qui veut nous mettre en tutelle, ici, en rendant des services, là, en pratiquant la violence, sera, de ce fait, exfiltré.  Les historiens en conviennent, qui savent pourquoi les grandes Ecoles françaises se nomment Saint Louis, Louis Le Grand, Henri IV, qui furent, grosso-modo, celles des jésuites. L’Ecole de la République, mine de rien, y a pas mal puisé.

Et nous sommes, en rappelant cela, au cœur de notre problème : il n’y a pas d’Education, que l’on soit républicain, royaliste, colon, colonisé, petit ou grand, noir ou blanc, de gauche ou de droite, sans un équilibre effectif et fragile entre deux balises fondamentales de taille : l’interdit (le tabou, le péché) et le permis (ce qu’on peut faire), selon son âge.

De familles décomposées en familles recomposées, la mère et le père ne savent plus que faire. Comment se répartissent les devoirs de tendresse et d’autorité ? Chacun dire à hue et à dia, hésite sur son choix de vie personnelle, se confie à ses proches, en oubliant parfois que les enfants entendent et agissent. Comme tout animal, dont nous sommes, ils font le choix du meilleur, du plaisir, sans se demander ce que seront les conséquences. Ainsi, l’un s’initie en catimini à la drogue, l’autre pratique ses galipettes en moto, le troisième ne prend aucune précaution pour éviter une maladie vénérienne. Et les derniers, enfin, ne savent plus les rituels de simple politesse et de gentillesse, poutres maîtresses polynésiennes, qui sont pourtant les ingrédients minimums des sociétés civilisées.

Allons au fond des choses. Nous avons le devoir de réhabiliter, sous des formes nouvelles sans doute, un quotidien scolaire qui redonne sa place à l’Instruction Civique et à l’Éducation Morale. Nous avons le devoir d’impliquer des parents défaillants à leur obligation d’éduquer leurs enfants car, à défaut, l’École, relais des familles, ne pourra pas « instruire ».

Nous avons le devoir de rappeler, tout simplement, qu’un petit enfant de candeur mais aussi de caprices (quand il exprime ce qu’on nomme le « ça ») doit, en famille et à l’école, construire un « moi » qui l’équilibre, au milieu des autres, ainsi qu’un « surmoi » de valeurs, meilleur garant de son entrée en société.

Alors, enfin ! il admettra qu’il n’est pas seul au monde (cet individualiste de naissance) et partagera des valeurs héritées de sa cité (le groupe). Et s’il est vrai que de dire « non » à un enfant est fort désagréable, pour celui qui le dit et son destinataire, il faut se contraindre à le faire.  

A défaut, privé de « surmoi », l’humain, c’est clair, aura décliné.

A l’autre bout, le citoyen démocrate et festif sera livré au califat obligatoire, voilé, mortifère.

Amis lecteurs inconnus, vous avez bien compris qu’avec ces quelques références théoriques minimales, je n’ai rien inventé, mais que je transmets un relais en vous parlant… de nos réalités quotidiennes immédiates.

image_printImprimer/PDF

Laisser un commentaire

Partage