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Le scrutin européen a été largement dominé par le Rassemblement national (RN) qui a récolté 31,37 % des voix. Dos au mur, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé des élections législatives anticipées. En Polynésie, les trois députés indépendantistes perdent de fait leurs fonctions.

C’est une crise politique qui frappe la France avec le score historique de l’extrême-droite aux élections européennes. Avec 31,36 % des voix et 30 élus au Parlement européen, le RN, mené par Jordan Bardella, devance de loin les autres candidats. Derrière, la liste de la majorité présidentielle, Renaissance, menée par Valérie Hayer, récolte 14,6 % des suffrages, à quelques encablures de l’alliance entre le Parti socialiste (PS) et Place Publique (PP) portée par Raphaël Glusckmann (13,8 % des voix). Arrivée à 9,9 %, La France insoumise (LFI) enregistre, elle, un score final plus élevé que ce que pouvaient laisser penser les enquêtes d’opinion.

Face à ces résultats, Emmanuel Macron a annoncé le soir même dissoudre l’Assemblée nationale. « J’ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote », a déclaré le président de la République. Des élections législatives anticipées se tiendront ainsi le 30 juin et le 7 juillet. Au Fenua, elles sont fixées au samedi 29 juin et au samedi 6 juillet 2024.

Une nouvelle bataille électorale va donc commencer. D’un côté, à droite, Marine Le Pen a déclaré que le RN vise désormais Matignon, avec Jordan Bardella pressenti comme Premier ministre. De l’autre, de nombreuses personnalités de gauche appellent à l’union pour le prochain scrutin national, à l’instar de Raphaël Glusckmann qui a proposé l’ancien syndicaliste Laurent Berger comme Premier ministre en cas de victoire.

Cette montée de l’extrême-droite a été également confirmée dans d’autres pays européens : en Allemagne (l’AfD arrive en seconde place, avec environ 16 % des voix) ; en Autriche (le FPÖ est crédité d’environ 26 % des voix, en tête du scrutin) ; aux Pays-Bas (le parti de Geert Wilders se positionne en deuxième place, avec 17,7 %) ; en Italie (Fratelli d’Italia vainqueur avec 28,8 %).

Quelles conséquences en Polynésie ?

En Polynésie française, le taux de participation était de 13,59 %, contre 22,17 % en 2019. Pourtant, la population devrait s’intéresser davantage à ces élections, puisque les conséquences sur la scène politique locale peuvent être importantes. En effet, la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Emmanuel Macron a mis un coup d’arrêt aux fonctions des trois députés polynésiens. Tematai Le Gayic, Steve Chailloux et Mereana Reid-Arbelot ont ainsi perdu leurs mandats du jour au lendemain, mais Moetai Brotherson, le président du Pays, s’est dit « confiant » en leur réélection.

Sur l’échiquier, à l’échelle du Fenua, le Tavini devra désormais confirmer sa victoire aux territoriales 2023 et aux législatives 2022 : vont-ils présenter les mêmes candidats aux prochaines échéances 2024 et seront-ils encore soutenus ? Quant aux autonomistes, parviendront-ils à trouver un terrain d’entente en si peu de temps ? Réponse dans moins d’un mois…

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