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Qu’y a-t-il de commun entre le Tahoera’a du 4 mars 1972 et le Tahoera’a du 29 juin 2020 ? Presque rien, sauf qu’à sa tête il y a un président à vie, Gaston Flosse, une longévité qui n’est guère acceptable dans une démocratie (maintenant 50 ans à la tête d’un parti : 1972-2022). Qu’y-a-t-il de commun entre le Tahoera’a du 29 juin 1985 et l’Amuitahira’a no te nuna’a Mā’ohi du 30 juin 2020 ? À peu près tout… sauf que le second n’est que l’ombre du premier et que le gaulliste pur et dur, version chiraquienne, s’est mué à différentes reprises en porte-drapeau de l’extrême-droite… Explications.

Le 24 juillet 1971, Rudy Bambridge intronisait Gaston Flosse chef du parti gaulliste de Polynésie (l’UT-UNR). En 1972, le parti prenait le nom de Tahoera’a.  À l’époque, le parti et son chef passaient pour être viscéralement opposés à l’autonomie. Ce n’était que partiellement vrai. Certes, G. Flosse avait déclaré en 1972 : « L’autonomie interne aura été un mythe, semblable à ce colosse aux pieds d’argile, que la pierre des réalités quotidiennes va jeter bas ». Pourtant, quelques mois plus tard, il précisait : « Nous sommes des autonomistes d’action, tandis que nos adversaires sont des autonomistes d’intention ». Son hostilité envers la plupart des représentants de l’État montrait qu’il imaginait déjà une réforme des institutions. Il concrétisa un changement d’attitude politique en 1979-1980 en préparant un projet de loi sur l’autonomie (qualifiée d’interne). Il réussit le tour de force de convaincre les militants que telle devait être la nouvelle perspective. Non sans soubresauts, il obtint de François Mitterrand, en 1984, le statut dont il rêvait (ou presque). Car, de rêves, G. Flosse ne manquait pas …

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