L’année des Jeux olympiques qui se tiendront à Paris est ouverte et donnera lieu à une multiplicité de débats, mais aussi et surtout à un foisonnement d’activités, d’initiatives et de réjouissances.

Avant de s’engager dans cet évènement planétaire, il est utile de revenir à la genèse des Jeux et aux valeurs qui ont présidé à leur création en 1896 et au projet du baron Pierre de Coubertin aux origines de l’olympisme :
– promouvoir le développement des qualités physiques et morales qui sont le fondement du sport ;
– éduquer les jeunes par le sport dans un esprit de bonne compréhension mutuelle et d’amitié dans le souci de construire un monde meilleur et pacifique ;
– créer une sorte de bonne volonté internationale ;
– rassembler les athlètes du monde dans le grand festival quadriennal que sont les J.O.
Il est important de rappeler également que les J.O de Paris en 1900 sont les premiers à voir les femmes participer. C’est ainsi qu’il a été proclamé qu’il était important que le Comité international olympique (CIO) encourage et soutienne la promotion des femmes dans le sport.
N’oublions pas non plus que, dès l’origine, dans les premiers Jeux, de nombreuses épreuves artistiques telles que la musique, le chant, la poésie, ou encore le théâtre furent organisées à Delphes. Dès le départ, il y a eu la volonté de lier la culture et le sport.
Il faut avoir l’honnêteté de constater et de reconnaître qu’au fil des décennies, l’organisation des J.O a été marquée par des dérives regrettables et condamnables :
– l’exploitation politique par des leaders dont les préoccupations principales étaient davantage l’affirmation de leur pouvoir personnel, de nationalismes exacerbés et de théories à caractère raciste ;
– le gigantisme grandissant conduisant à des investissements et des coûts démesurés, ne correspondant plus forcément aux besoins et exigences des populations ;
– l’utilisation de salariés et de la main d’œuvre dans des conditions ne respectant pas toujours la dignité des personnes au niveau des salaires ou de la sécurité. Parfois les cadences de travail et les horaires sont peu respectueux et en inéquation avec une vie de famille harmonieuse ;
– le respect insuffisant de l’environnement.
Face à ces dérives, le rôle des associations de défense des personnes et de la nature a été essentiel. Leur vigilance a permis de trouver les équilibres nécessaires. Les débats autour des aménagements du site de Teahupoo à Tahiti en sont une belle illustration.
Cette prise de conscience nécessaire des dérives et des corrections à apporter ne peut nous conduire à rejeter le profit de ces J.O comme élément de prise de conscience de notre engagement dans une citoyenneté à valeur universaliste et planétaire à travers la promotion des quatre valeurs cardinales : le RESPECT, la PAIX, la FRATERNITÉ, la CRÉATIVITÉ.

Les premiers Jeux étaient l’occasion d’une trêve dans les affrontements en cours entre les peuples. Espérons que cette tradition se perpétue. Je partage l’interpellation de Yannick Noah face à l’excès de critiques et à la remise en cause permanente par bon nombre de Français des J.O qui se déroulent sur leur sol mais aussi ailleurs sur la planète. Il y a tant de choses qui nous divisent qu’il est judicieux pour les peuples de se rencontrer dans une fête planétaire.
Répondons à l’appel de ce grand sportif et bravo à lui d’avoir accepté de coacher l’équipe de France de tennis pour les J.O. des handicapés. Retenons aussi ce commentaire récent du sociologue Jean Viard qui regrette la critique permanente. On préfère, dit-il, les grands discours négatifs qui ne s’attachent qu’à « l’écume noire des choses » autour des Jeux. Il dénonce cette propension française à critiquer beaucoup le grand évènement planétaire de l’été.
Afin d’éviter une dérive vers le gigantisme, le nombrilisme et des opérations spectacles à usage politique, il est essentiel que les citoyens de tous les pays soient les véritables créateurs de l’évènement. La Fête des Jeux doit être animée et portée par des gens de tous les milieux, de tous les âges, de toutes les traditions culturelles dans les villes, les villages et les campagnes. Ce doit être la Fête des hommes, des femmes, des enfants, des travailleurs, des retraités, des personnes handicapées dans un grand festival créatif. Nous sommes tous propriétaires et maîtres d’œuvre de ces Jeux. Les évènements et le spectacle de Paris ne sont pas le cœur mais simplement le centre géographique de ces Jeux.
Pour concrétiser cette vision des Jeux et ce message d’universalité, ma petite commune rurale d’origine, Meral en Mayenne (1 100 habitants), s’est intéressée à l’idée de partager ses initiatives locales avec les habitants de la Presqu’île, de Teahupoo et de la Polynésie dans le cadre des épreuves olympiques de surf.
Méral Terre de Jeux rejoindra Teahupoo Mer de Jeux dans un projet de fraternité et d’amitié
Depuis 2019, la commune de Meral est labellisée Terre de Jeux 2024. Le conseil municipal a décidé d’ouvrir un Club 2024 pour célébrer les Jeux. Une commission citoyenne de 13 membres a été créée pour proposer un panel d’activités du 26 juillet au 11 août 2024. C’est dans ce cadre que l’idée a germé de s’ouvrir à un échange avec la Polynésie et de se joindre à la Fête des Jeux de Teahupoo. Méral Terre de Jeux rejoindra dans la Fête Teahupoo Mer de Jeux dans un projet de fraternité et d’amitié. Une journée polynésienne a déjà été programmée le 29 mai dans la commune avec la participation des enfants de l’école et la population du village.

En date du mercredi 28 février 2024, l’un des principaux animateurs de l’aventure du village de Méral dans la Terre des Jeux, David Julien, a été retenu par le comité Paris 2024 et le président Tony Estanguet pour être l’un des porteurs de la flamme olympique de Paris 2024 en reconnaissance de son implication territoriale et nationale au service du sport. Au cœur de l’animation locale, il sera aussi le porte-drapeau de tous ceux qui s’engagent dans tous les villages de France hexagonale et d’Outre-mer.
Que la Fête commence !
