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Après mes modestes réflexions de ces derniers mois, toutes consacrées à des classiques de la littérature française ou étrangère, c’est un ouvrage de la francophonie polynésienne, publié il y a exactement dix ans (éditions Au Vent des îles, 2012), que je voudrais évoquer aujourd’hui avec vous, chers lectrices et lecteurs. L’autobiographie de Nathalie Salmon-Hudry a eu un retentissement qui en fait aussi, à sa manière, un « classique » parmi les récits du corpus local. La jeune autrice est désormais une figure bien connue, dont la voix s’est d’autant mieux fait entendre que ses actions sociales et son engagement (auprès des autres personnes handicapées et de celles sans domicile fixe) prolongent et soutiennent sa prise de parole.

Il y a quelques années, Nathalie Heirani a décidé de prendre la plume pour témoigner sur son expérience du handicap. Munie de sa « licorne », un appareil fixé sur sa tête, et de son clavier d’ordinateur, faisant fi de la paralysie qui affecte ses membres, elle s’est lancée dans la rédaction d’un récit autobiographique dont la production constituait déjà une victoire sur le handicap. L’une de ses motivations était, selon ses propres termes, d’en « montrer toutes les faces », de « montrer la différence autrement », pour que cet « aperçu du handicap vu de l’intérieur » (p. 134) permette de dépasser les idées erronées et les préjugés qui, fait-elle remarquer, compromettent souvent la construction d’un lien authentique avec les personnes handicapées …

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