Le samedi 22 juin s’est tenue dans les jardins du Parc Paofai la Journée nationale sur le don d’organes et la greffe. L’association « Un Don une Vie », en partenariat avec le CHPF, a proposé une journée solidaire, ludique et culturelle pour sensibiliser le public à l’importance du don. Cette journée était également l’occasion de célébrer les dix ans de pratique de la greffe de rein au Fenua. En effet, depuis octobre 2013, la greffe rénale a été rendue possible en Polynésie et 164 personnes ont ainsi pu recevoir un rein grâce à des donneurs locaux.

Auparavant, les patients devaient partir en Métropole et attendre la greffe. Désormais, le prélèvement et la greffe peuvent se faire localement. Le don d’organes est d’autant plus important en Polynésie qu’il a une utilité locale : les greffés qui attendent leur don au Fenua attendent un donneur local. Notons que sur le territoire polynésien l’on dénombre beaucoup de malades en insuffisance rénale : contraints de se rendre quatre fois par semaine en dialyse, ces patients attendent un greffon. Cela a des répercussions lourdes sur le quotidien des patients qui dépendent des centres de dialyse et voient leur mobilité réduite. De plus, la dialyse est un traitement assez lourd et qui affaiblit le patient : un greffé recevra mieux le rein s’il n’a pas passé beaucoup de temps en dialyse. Le temps presse donc pour les patients. En 2023, plus de 150 patients attendent de trouver un donneur pour soulager leur quotidien et aspirer à une vie normale.
C’est donc localement qu’il faut communiquer autour de l’importance du don !
Pour cela, la journée organisée par « Un Don une Vie » s’est ouverte par une célébration œcuménique : des représentants des religions présentes au Fenua se sont réunis pour encourager au don d’organe au nom de la vie. Il s’agissait de montrer que la religion n’est pas un obstacle pour le don et notamment le don post-mortem.

Ensuite, la journée proposait des activités familiales, à destination des plus jeunes : Tamure Marathon, jeux traditionnels polynésiens, maquillage, concert… Anaïs, l’organisatrice de la journée, explique l’importance de ces activités pour les enfants : « Il s’agit de s’adresser à la famille, de donner du temps aux parents de se former sur ces questions et de commencer à sensibiliser les plus jeunes. En effet, à partir de l’âge de 13 ans, l’on peut donner ses organes ! » Anaïs entend également s’adresser aux jeunes qui pourront intervenir auprès de leurs parents, de leur famille, pour transmettre l’importance de la communication autour du don d’organe.
Se positionner et s’affirmer en donneur d’organes
Les intervenants insistent sur l’importance de la communication de son vivant ; ils appellent à la formulation explicite de la volonté de donner ses organes. Parlez à vos amis, à votre famille, affirmez que vous souhaitez être donneur. Ce point est très important pour les dons d’un patient décédé.
En effet, dans un cas de mort encéphalique, comme le confirme la loi, toute personne est présumée donneuse. Cependant, les familles peuvent se constituer en obstacle au don : en 2023, ce sont 64 % des familles qui ont refusé le don dans le cas de mort encéphalique. Ce refus peut être expliqué par la peur du jugement et par la religion – d’où l’importance de l’ouverture de la journée par les représentants religieux qui appellent au don au nom de la vie. Les organisateurs enjoignent donc la population à communiquer, à se munir d’une carte de donneur et à informer ses proches de sa volonté de donner.

Il est également possible de donner ses organes de son vivant : pour cela, le donneur devra justifier d’un lien affectif d’au moins deux ans avec la personne en insuffisance rénale et devra se prêter à toute une batterie d’analyses qui vérifieront sa compatibilité avec le receveur. Le don de son vivant permet de pratiquer les analyses en amont, de prévoir la greffe, alors que dans le cas d’un don post-mortem, la greffe est soumise à des impératifs de temps.
La vie prime
Un des objectifs de l’association « Un Don une Vie » pour cette journée était de célébrer la reconnaissance envers les donneurs d’organes. Nous avons-nous même rencontré plusieurs donneurs lors de cette journée. Ils insistent tous sur le même point : la vie prime. La vie de leur proche à qui ils ont offert un rein, leur vie de donneur, leur vie de parent, famille… En effet, le don permet à la vie de continuer à la fois pour le greffé et pour le donneur. Les donneurs témoignent de leur rapide convalescence après le don et encouragent à s’informer sur les possibilités de don pour ses proches. Le fait que le don et la greffe puissent être réalisés localement est extrêmement confortable pour les familles qui peuvent se soutenir et s’assister dans ces moments lourds. « Il faut être bien entouré lors de la maladie, et avoir ses proches avec soi aide beaucoup », affirme Thierry qui a reçu deux dons.
Pour résumer, la journée sur le don d’organe souligne avant tout l’importance de la greffe pour soulager les patients souvent contraints de pratiquer la dialyse plusieurs fois par semaine. L’association « Un don une Vie » appelle donc vivement au don, sinon à la communication autour du don. De son vivant, il convient de s’intéresser aux conditions du don, à la compatibilité avec ses proches, mais aussi d’anticiper en se déclarant explicitement donneur en cas de décès.

Pour plus d’informations :
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