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En juillet 1980, Julio Iglesias arrive en Polynésie pour tourner une histoire dans les îles avec huit jolies filles, sous couvert d’un documentaire pour CBS. Déjà, la soirée d’accueil au Beachcomber est assez animée, musicalement parlant, pour en réaliser un très beau sujet qui pourrait intéresser les magazines du monde entier.

Les jeunes filles sont jolies, Julio et son ami notre chanteur John Gabilou offrent un mini tour de chant et moi, je prends mes images, toutes plus exceptionnelles les unes que les autres sans autre effort que de déclencher au bon moment. Mais il y a une plus jolie fille dans l’équipe d’accompagnatrices de la star internationale. Elle s’appelle Vaitiare et son père Heimata Hirshon, habitant à Tahiti, accorde au chanteur la possibilité de la séduire et de sortir avec elle. Enfin, c’est ce que j’avais cru comprendre, vous savez, les journalistes ! Ce qui fera une histoire d’amour qui durera onze mois, et qui mènera Vaitiare de Los Angeles à Miami et une fantastique aventure en Afrique du Sud, couverte par Jesus Carrero, le photographe de la star, attitré lui.

Suite à cette première rencontre, lors de cette soirée mémorable, mes photographies parurent sur dix pages à plusieurs reprises et rendirent heureux les fans quelques jours plus tard, dans plusieurs pays du monde. Sauf Julio qui revint six mois plus tard pour me reprocher d’avoir photographié son mauvais profil ! Le photographe fut désolé, comprit les conseils et ne recommença jamais – plus de mauvais profil en photos avec Julio. Revu une dizaine de fois en tout, celui-ci était devenu quelqu’un avec qui je conversais, que je tutoyais et qui m’invita à rentrer à Tahiti, lors d’un autre voyage, alors que je l’avais rejoint à Bora Bora, pour y réaliser une série de photos.

« J’étais un invité comblé »

Nous étions là, en 1982. Après 40 minutes de vol dans son jet à 40 millions de dollars, un « Grauman G4 », je me retrouvais descendant de la passerelle devant mes confrères photographes, éberlués de voir Pinson arriver en compagnie du célèbre crooner espagnol dans le même jet privé. Leur gentillesse aidant, ils me réalisèrent quelques images en souvenir. Puis Julio me retint à déjeuner, en compagnie de Miranda qui m’avait déjà servi une bière, lors de ce court périple entre l’île de Bora Bora et la capitale, Papeete. Décidément, j’étais un invité comblé. Puis, il repartit vers son « home » en République dominicaine après avoir dormi dans son avion de milliardaire. Je le revis d’autres fois, à Tahiti et deux autres fois à Monaco dans les années 2000, on se rappela les meilleurs moments passés en Polynésie, avec les soirées chez Acajou, au Beachcomber et au Captain Bligh de Punaauia, ou encore à la pizzeria de Mario, au centre-ville.

Julio et John devant un public de 25 000 spectateurs !

À plusieurs reprises, donc, Julio s’arrêtait en Polynésie, de retour d’Australie, pour rejoindre son ami John, car il ne faut pas oublier que Gabilou avait chanté dans de nombreux festivals dans le monde et, une fois à Vina del Mar, avec une chanson écrite par son ami fidèle de longue date devant un public de 25 000 spectateurs !

Ah, si John pouvait appeler Julio et lui demander de nous envoyer son avion, juste pour aller lui dire un petit bonjour en République dominicaine ? On ne sait jamais, une idée comme une autre, n’est-ce pas Gabilou ?

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