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Anthony Tchekemian, maître de conférences en géographie humaine et aménagement du territoire, soutiendra son Habilitation à Diriger des Recherches (HDR), sur le thème « L’agriculture vivrière et des jardins collectifs urbains face à la pandémie d’obésité qui touche la Polynésie française ». Rendez-vous jeudi 19 octobre, à 20 heures, dans l’auditorium du nouveau bâtiment « recherche » de l’Université de la Polynésie française. Découvrez ci-dessous une courte présentation de cette recherche, qui devrait également intéresser les acteurs territoriaux, de la santé, mais aussi des secteurs économiques et sociaux.

En Polynésie française, 70 % des adultes sont en surpoids (dont 40 % au stade de l’obésité) et 36 % des enfants le sont également (dont 16 % au stade de l’obésité). La Polynésie française se classe ainsi parmi les pays les plus touchés au monde. Si, l’obésité est devenue un problème de santé publique majeur que les institutions polynésiennes tentent de contenir au travers de politiques publiques, de mesures éducatives et sanitaires, son évolution serait en lien avec celle des modes de vie, les « bricolages identitaires » consécutifs à la globalisation. L’ampleur du problème lié au surpoids ainsi que ses impacts sur la santé humaine ont été des facteurs de comorbidité lors de la pandémie de la COVID-19. Le développement de la sédentarité, des changements alimentaires et la consommation de produits ultratransformés seraient parmi les principaux facteurs d’obésité en Polynésie française.

En raison des effets sanitaires de la pandémie d’obésité qui ont affecté la société polynésienne, et de l’impact encore limité des mesures et des actions récentes en matière de santé publique, nous dressons un état des productions locales agricoles polynésiennes. Peuvent-elles assurer un approvisionnement régulier en produits locaux, à des prix supportables, tout en répondant aux attentes des consommateurs en termes de diversité et de qualité de l’offre, complétées par des denrées importées ? Si l’agriculture polynésienne innove et évolue vers des modèles locaux, traditionnels et de qualité, elle permettrait de mieux contrôler le lien « agriculture – alimentation – santé ». Par ailleurs, ces modèles faciliteraient l’autosuffisance alimentaire, afin que le territoire maîtrise au plus près son avenir et sa gestion des crises (sanitaire, économique, environnementale).

Face au développement de l’obésité sur l’île de Tahiti, aux difficultés économiques qui touchent certaines familles, jusqu’à l’envie de cultiver et manger ses propres produits, les jardins collectifs semblent une réponse adaptée, notamment pour les familles issues des quartiers prioritaires. Or, ces initiatives sont souvent accompagnées d’une formation en permaculture. L’intérêt de cette technique agricole repose sur son approche, durable et respectueuse, du fait qu’elle ne nécessite pas d’apport en intrants de synthèse, tout en assurant des rendements viables. Ces cultures sont plus saines pour les consommateurs et permettent aux familles de réaliser des économies substantielles, de tendre vers une autosuffisance, notamment en fruits et légumes, tout en sensibilisant les usagers aux bonnes pratiques de jardinages et aux bienfaits d’une alimentation équilibrée. Dans l’agglomération de Papeete, cette technique se développe tout particulièrement dans les jardins collectifs. Ainsi, nous étudions l’émergence des liens « santé – agriculture – alimentation » en période de crise, notamment au travers de nouvelle forme d’agriculture urbaine.

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1 réflexion au sujet de « « L’agriculture vivrière et des jardins collectifs urbains face à la pandémie d’obésité » : Anthony Tchekemian soutiendra son HDR jeudi 19 octobre »

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