Retour

Le verdict concernant le recours de l’Association des Voiliers en Polynésie (AVP) contre le Plan de gestion de l’espace maritime (PGEM) de Moorea, pour la partie plaisance, a été rendu le 20 septembre dernier. Pour l’AVP, « le PGEM 2021 n’est toujours pas applicable autour de Moorea », faute « d’infrastructures adaptées » et d’une « réglementation cohérente ». Dépités, les défenseurs de la liberté de naviguer au Fenua dressent l’état des lieux de la plaisance au Fenua, et rappellent comment les décisions du Pays ont suscité la stigmatisation d’une communauté pourtant très respectueuse de l’environnement en général, et du milieu marin en particulier. PPM ouvre ainsi ses colonnes à l’AVP, qui s’exprime ici dans une tribune libre.

« Comment en sommes-nous arrivés là ?

Une année-charnière revient souvent pour tenter de trouver un point de départ à tout ça : 2014 ! 8 ans déjà !

En effet, un changement de loi a alors influé sur deux éléments très importants concernant la vision de la plaisance en Polynésie française :
– la réduction de la taxe d’importation (papeetisation d’un voilier, afin de l’autoriser à pouvoir rester indéfiniment dans les eaux polynésiennes) à 7 % au lieu des 27 % précédemment ! Cette taxe d’importation est alors très vraisemblablement devenue une des moins chères du monde, voire peut-être la moins chère ;
– la durée de séjour autorisée dans les eaux polynésiennes, avant importation obligatoire (= papeetisation), est passée de 12 mois à 36 mois. C’est la fameuse « Route des 36 mois », référentiel de développement touristique nautique du Pays.

À ce moment précis, le message proposé est clair : « Plaisanciers, venez en Polynésie française ! ».

La vision de la plaisance semblait s’orienter vers une manne financière possible en considérant ces voiliers comme des touristes à part entière, donc comme des consommateurs qui participeront à l’économie locale, ce qui a d’ailleurs été confirmé par L’étude d’impact de l’économie de la plaisance en PF (2020).

Pourtant, la conséquence de cette décision était simple à envisager.

De plus en plus de voiliers décident alors de rester en Polynésie, le nombre de voiliers intra-Polynésie augmentant immanquablement.

Il semblerait alors que, devant l’augmentation incessante de ces plaisanciers, certains politiques se soient servis de ce phénomène pour stigmatiser cette communauté à des fins de campagne électorale. Certains riverains, suivants bien souvent aveuglément les leaders politiques, se sont alors penchés sur le sujet et ont basculé dans le vigilantisme vu qu’ils se sentaient soi-disant « envahis ».

Au mois de juillet 2020, le conseil des ministres a réduit la durée maximale de séjour des nouveaux voiliers arrivant dans les eaux polynésiennes à 24 mois !

Comment interpréter ce nouveau changement ?

En fait, le gros souci résiderait dans des visions bien différentes de la gestion du problème de la plaisance en Polynésie en fonction des intérêts et logiques des organismes (gouvernement, DPAM, Tahiti Tourisme, maires des communes, …), chacun y allant de ses interventions, la plus marquante restant celle de Cathy Rocheteau, directrice des Affaires maritimes : « Considérez que le mouillage est interdit partout en Polynésie, et que vous avez le droit de ne mouiller nulle part sans autorisation préalable ».

Toujours est-il qu’en 2022, on en arrive à un florilège de réglementations ou d’interdictions concernant la plaisance. La révision du PGEM de Moorea a entraîné avec elle d’autres communes qui prennent, ou ont pris, des décisions ou des arrêtés afin de limiter, voire plus, la présence de voiliers dans leur commune : Bora Bora, Fakarava, Huahine, Tairapu-Ouest … Seule Huahine propose un ensemble de réglementations cohérentes.

Le PGEM de Moorea est, en soi, une bonne chose. Encore faut-il qu’il prenne en compte toutes les informations relatives au mode de vie de la plaisance, ce qui n’a pas été fait et qui aboutit à des situations complètement ubuesques, notamment avec un système de quotas (lire l’encadré « Un nouveau PGEM 2021 inapplicable à Moorea… » ci-dessous).

L’AVP n’a pas déposé ce recours pour obtenir plus de libertés, mais plutôt pour essayer de préserver celles existantes concernant l’accès au domaine public. Beaucoup trop de riverains ont tendance à penser que c’est un espace privé.

D’autant plus que c’est à Moorea que le sentiment d’appartenance du lagon aux riverains est le plus fort (Enquête par les étudiants de la Licence 3 Économie-Gestion de l’Université de la Polynésie française pour une Étude de la sensibilisation de la population polynésienne à la plaisance et aux plaisanciers – octobre 2021).  

Amalgames et fausses vérités

Il apparaît primordial aussi de préciser les différentes catégories de plaisanciers présentes en Polynésie française certes, mais partout dans le monde tout simplement :

– les « tours-de-mondistes » = de passage, autorisés à rester 2 ans dans les eaux polynésiennes, en mode vacances et mine de rien, avec un impact économique certain (vie de tous les jours, réparation et entretien de leur voilier pour continuer le périple) ;

– les habitants à l’année ET plaisanciers = qui déplacent leur « maison flottante » les WE ou les vacances en Polynésie ; ils consomment, travaillent et paient des impôts ici en Polynésie ;

– les habitants à l’année, dits « statiques » = le voilier est une habitation à part entière qui permet à des familles, polynésiennes parfois, de se loger car le passage des maisons en mode « AirB&B » redessine le marché de la location longue durée ; ils consomment, travaillent et paient des impôts ici en Polynésie ;

– les « occasionnels » = ont un voilier en marina, en plus de leur maison … ils habitent donc en Polynésie, travaillent et paient aussi des impôts.

Dans toutes ces catégories, il y a bien évidemment des « brebis galeuses ». Mais des « cons », il y en a partout, dans tous les corps de métiers, dans toutes les administrations, dans tous les sports, etc.

Attention à ne pas généraliser ! Le problème des plaisanciers comme de nombreux autres sujets commencent bien souvent par la généralisation. C’est-à-dire probablement la bêtise.

L’amalgame fait par beaucoup de riverains qui fustigent des « squatters étrangers » et stigmatisent à outrance cette communauté, ne pensent pas qu’il y a aussi des plaisanciers résidents, et malgré tout certains sont polynésiens même s’ils sont loin de représenter la majorité, mais il y en a et certainement plus que ne peut le penser certaines personnes.

Ces plaisanciers, qui vivent ici, consomment ici, paient des impôts ici, ont juste envie de naviguer le week-end et se poser tranquillement sur des mouillages, bien souvent en famille. Cela fait partie de leurs libertés, vu qu’ils ne font qu’une utilisation du domaine public.

Car oui, ce qui est bien souvent reproché aux plaisanciers, c’est « d’occuper illégalement le domaine public du lagon » ! De nombreuses « fausses vérités » sont colportées sur la plaisance en Polynésie française, un précédent article de mai 2020 dans Tahiti Pacifique en parlait déjà. Le plus connu, le plus emblématique et celui qui déchaîne le plus les foules reste tout de même le fameux « pipi-caca ».

Les différents flots de commentaires haineux sur les réseaux sociaux concernant le sujet de la plaisance sont d’une rare violence, sur fond de racisme primaire, écrits par ceux qui étaient expert nucléaire du CEP la veille et expert COVID il y a encore quelques mois !

Le problème dépasse le cadre de la simple Polynésie. Encore en 2020, un article était paru sur Médiapart, « La Polynésie : un paradis qui n’en est plus un – Chronique de la haine ordinaire ». Des encarts apparaissent aussi dans des magazines nautiques métropolitains (Voiles & voiliers…).

À l’heure actuelle, rejeter l’entière responsabilité de tous ces problèmes sur les plaisanciers n’est pas concevable, notamment comme le montre la genèse du souci en 2014.

Les plaisanciers résidents, ou ceux de passage, ne demandent qu’à pouvoir vivre leur mode de vie fait d’itinérances. La très grande majorité d’entre eux sont prêts à accepter des règles sur des mouillages, payer un corps-mort, vider ses cuves à eaux noires dans des installations prévues à cet effet, … mais encore faut-il que les infrastructures et décisions prises concernant la plaisance fassent preuve de bon sens.

De plus, le GIE Tourisme de Tahiti dépense beaucoup d’argent pour l’image de la Polynésie, notamment au travers d’un programme « Croisières & Plaisance ». Il serait dommage de briser cette dynamique à cause de polémiques électoralistes locales qui déteindraient sur le tourisme international.

Au Pays de mettre en place des structures et une réglementation cohérente, en prenant en compte tous les intervenants sur le sujet et par voie de conséquence intégrer les plaisanciers aussi. »

Textes : L’Association des Voiliers en Polynésie


Un nouveau PGEM 2021 inapplicable à Moorea…

« Au pire moment de la crise touristique que connaît la Polynésie, encore une île (Moorea) qui se ferme à ce tourisme pourtant le plus résilient de tous : la plaisance internationale. Le PGEM 2021 est ressenti par l’Association des voiliers en Polynésie comme « un nouveau message fort et clair contre la plaisance en Polynésie française »…

Manque d’infrastructures pour la plaisance en Polynésie ?

La réponse du Pays aujourd’hui à cette problématique au travers du PGEM, est de valider la fermeture de zones de mouillages et restreindre à outrance l’accès pour celles qui restent ouvertes au travers d’un système aberrant de « quotas » ridiculement faibles d’un nombre total de 30 voiliers sur l’ensemble du lagon de Moorea sur une dizaine de mouillages différents pourtant officiellement recensés.

Résultat : plus de 5 000 Ha de lagon tout autour de Moorea, et seulement 10 voiliers sont dorénavant autorisés à venir transiter une ou 2 nuits maximum sur Moorea.
Les 20 autres mouillages en fond de baies de Cook et Opunohu étant plutôt destinés au mouillage de longue durée (et seront occupés par des résidents de Moorea qui ne trouvent pas de place de marina).

Seulement 2 à 3 mouillages sont potentiellement ouverts à tous les plaisanciers qui viendraient de Tahiti, car seule la façade EST de Moorea est accessible sur une durée inférieure à 48h (si ces mouillages ne sont pas déjà occupés par les résidents de la Marina de Moorea qui se trouve à proximité).

La privation de liberté semble donc en croissance continue.

Depuis plusieurs années, tout le monde s’accorde à faire le constat qu’il manque cruellement d’infrastructures en Polynésie pour mieux organiser et recevoir correctement les plaisanciers résidents ou internationaux.
La légère augmentation du flux de ces dernières années, mais surtout les conditions exceptionnelles de la situation sanitaire COVID et la fermeture globale des frontières maritimes dans le Pacifique ouest a retenu un nombre plus important que d’habitude de plaisanciers internationaux dans les eaux polynésiennes.

En 2014, le gouvernement prend la décision du développement de la plaisance en Polynésie avec une extension de l’admission temporaire originelle de 24 mois maximum, et crée “la route des 36 mois”, avec l’objectif de développer des infrastructures pour dynamiser l’économie florissante de la plaisance.

6 ans plus tard, en 2020, ayant échoué à développer de nouvelles infrastructures, le gouvernement décide de faire machine arrière en adoptant à nouveau une réduction du régime d’admission temporaire à 24 mois en espérant limiter le flux des navires internationaux.

En 2021, il n’y a donc AUCUNE nouvelle infrastructure, ni même de projet en cours. En revanche, le gouvernement continue dans sa politique de restriction du nombre de mouillages disponibles.

C’est donc une politique inverse qui est engagée visant à limiter le nombre de navires et augmenter les restrictions en fermant les mouillages les uns après les autres.
En effet, un nombre important de restrictions ont été votées et vont l’être encore pour restreindre la capacité d’accueil des plaisanciers internationaux et pénaliser les plaisanciers résidents qui n’ont plus accès au lagon.

Ainsi la liste des limitations et fermetures s’allonge irrémédiablement :

→ Fermeture du mouillage de la marina Taina.
→ Limitation par des quotas du nombre de voiliers autorisés à mouiller sur l’ensemble de Moorea (uniquement 20 bateaux en mouillage court de 48 heures).
→ Fermeture de l’accès de la moitié OUEST du lagon de Fakarava.
→ Réduction des capacités d’accueil sur l’île de Huahine avec la création de zones de mouillages limitées (prochainement voté).

Zones de mouillage : plus de 5 000 Ha de lagon tout autour de Moorea, et seulement 30 voiliers autorisés à y mouiller.

Mouillages des baies de Cook et Opunohu : + de 25m de fond et effet Venturi.

Ainsi on peut déjà remarquer que la volonté est de concentrer les navires au nord de l’île, dans les baies d’Opunohu et surtout de Cook, qui ne présentent techniquement pas de réels abris, puisque les mouillages se font pour la plupart dans des fonds supérieurs à 25 mètres, dans des baies soumises à de puissants effets Venturi générés par le vent qui s’engouffre par le fond des baies. La sécurité des plaisanciers n’est clairement pas assurée car tous les voiliers n’ont pas 80m ou plus de chaîne pour sécuriser leur bateau dans ce type de mouillage.

Mouillage de Vaiare : Quota de 2 navires pour une marina de 66 navires.

L’autre aberration provient évidemment du fait que cette concentration au nord ne tenait pas compte de l’existence d’un nombre important de navires au sein de la marina de Vaiare à l’est.
Plus de 60 navires à vocation de loisirs qui ont pour but essentiel et primaire de sortir de la marina le week-end et pendant les vacances pour aller se mettre au mouillage à proximité.

Créer un quota de 2 mouillages autorisés pour répondre à un besoin d’une infrastructure existante de 60 navires n’a clairement AUCUN SENS. Surtout quand il faut y ajouter les voiliers éventuels de Tahiti qui viennent passer le WE ou les vacances sur cette côte, la seule accessible sur une durée réduite à 48 heures maximum.

Mouillage de Tahiamanu : Plus aucun navire n’est autorisé à y mouiller désormais.

La mort d’un plaisancier en 2020 lors d’un accident a probablement motivé cette décision. La réponse n’est pas appropriée et il n’y a pas que le monde de la plaisance qui le dit.

Mouillage des Tiki immergés (quai de Papetoai) : Plus aucun navire n’est autorisé à y mouiller désormais.
Supprimer l’accès à ces deux mouillages emblématiques de Moorea revient à “enlever la Tour Eiffel à Paris” : leur renommée est certes locale mais aussi surtout internationale.

Mouillage Maatea entre le PK 14 et 15 : 1 navire autorisé

Comment justifier un seul voilier pour une longueur de mouillage sur fond de sable de plus de 1 km ?

Une instauration irrationnelle d’un système de quotas

À aucun moment, l’Association des Voiliers en Polynésie, représentant majeur des utilisateurs du lagon n’a malheureusement été sollicitée pour émettre un avis ou même représenter les plaisanciers, malgré des requêtes auprès de la commune de Moorea depuis 2017. Les plaisanciers, utilisateurs du lagon au même titre que les pêcheurs, les prestataires, ou les scientifiques ont été volontairement écartés de toute concertation lors de l’élaboration du nouveau PGEM.

La décision de quotas a donc été évidemment prise sans aucune considération d’un certain nombre de facteurs pratiques et techniques évidents liés au monde de la plaisance, et notamment sa vitesse de déplacement.
Pour mieux comprendre la problématique, il faut avant tout avoir conscience des temps de déplacement des voiliers entre chaque zone de mouillage.

Sachant qu’un voilier se déplace exclusivement d’une zone à une autre et ne s’arrête JAMAIS en plein océan et que le lagon est le seul abri naturel dans lequel un voilier trouve sa protection.

Un nombre conséquent de questions pratiques auraient permis d’éviter l’élaboration d’un système de limitations irrationnelles :

1 – Quand un voilier quitte Tahiti pour rejoindre Moorea, comment peut-il savoir s’il aura une place dans le mouillage ?

2- Sachant qu’il lui faudra de 3 à 5 heures pour rejoindre un mouillage, comment peut-il savoir si le mouillage libre au moment de son départ, ne sera pas occupé à son arrivée ?

3 – Qui fera demi-tour en fin de journée pour trouver une éventuelle place ailleurs ? Sachant qu’il faudra au voilier plus de 2 heures supplémentaires pour rejoindre un autre mouillage, sans savoir s’il est aussi déjà occupé.

4 – Comment connaître le statut de chaque voilier présent au mouillage afin de déterminer quand est-ce qu’il devra libérer sa place et à quel moment un nouveau voilier sera en mesure de rejoindre cette place laissée vacante ?

5 – Qui est en mesure d’évaluer la notion de « cas de force majeur » d’un voilier qui vient occuper « illégalement » un mouillage dont le quota est dépassé ?

6 – Qui est en mesure de prendre la responsabilité de faire quitter un mouillage à un navire en difficulté, avec une panne quelle qu’elle soit qui ne lui permet pas de prendre la mer en toute sécurité ?

7 – Que va-t-on dire à un plaisancier qui se retrouve bloqué sur un mouillage à cause d’un changement brusque de météo ?

8 – Qui va définir que la météo est suffisamment bonne pour que le plaisancier puisse quitter son mouillage ? (et par conséquent prendre la responsabilité d’une mise en danger d’autrui éventuelle).

Historique de mise en place de ce nouveau PGEM :

  • Fin 2017 : l’AVP interpellait déjà le maire de Moorea par une lettre dont l’objet était « Propositions de modifications du nouveau projet PGEM de Moorea »… restée sans réponse
  • Mars 2019 : Enquête publique en cours concernant le PGEM 2019 de Moorea avec déjà, par exemple, SEULEMENT 13 voiliers autorisés sur la façade Est de Moorea (vallée Maamaa de Teavaro = Sofitel ; Patae = face à la marina et au Champion ; Maatea). L’enquête publique réalisée en vue de l’élaboration du texte définitif du nouveau PGEM avait interloqué tous les plaisanciers (surtout les résidents) de Moorea comme ceux de Tahiti, par le concept de « quota par mouillage » pour y limiter le nombre de voiliers.

Ces quotas ne sont de toute façon pas en accord avec la réalité pratique d’accès au lagon de Moorea et surtout pas en phase avec la localisation des besoins réels relatifs aux aménagements existants.

  • Août 2019 : obtention du rapport du Commissaire enquêteur relatif à l’enquête publique du PGEM de Moorea avec UNIQUEMENT 14 réponses (inadaptées) sur les 36 observations formulées par l’AVP.
  • Février 2021 : première et dernière rencontre entre l’AVP et les responsables du dossier PGEM de la Commune de Moorea ; il nous a pourtant été confirmé que le mouillage sur fond de sable partout autour de Moorea resterait autorisé 48h.
    La notion d’abri côtier reste donc d’actualité mais cela rentre forcément en contradiction avec la notion de zonage et de quotas.

Pour Tahiamanu, les personnes présentes nous ont confirmé que le mouillage ne serait pas interdit mais que le quota serait de 0. Comment interpréter cette information ?

  • Septembre 2021 : l’arrêté n°2009 CM du 10/09/2021 tombe et le constat est amer, mais prévisible avec la réduction de 83 voiliers au mouillage (déjà bien ridicules sur le projet initial présenté lors de l’enquête publique), à seulement 30 voiliers, avec fermeture de 3 mouillages.
  •  

Et la suite ?

On regrette encore une fois que le tourisme en Polynésie de manière générale va encore largement souffrir d’une image négative au travers du milieu de la plaisance internationale.
Ce sont encore de nouveaux signes qui sont lancés vers une plaisance déjà bien méprisée et stigmatisée, alors qu’elle représente un tourisme à échelle humaine, quasiment non polluant et résilient qui alimente pourtant largement l’économie locale (Étude d’impact de la plaisance sur l’économie polynésienne). On ne peut que regretter et dénoncer ces choix.

L’Association des Voiliers en Polynésie œuvre pourtant depuis des années pour essayer d’entamer le dialogue afin de proposer des choix cohérents en adéquation avec les attentes, les besoins des plaisanciers et la gestion optimale d’un lagon pour tous.
Force est de constater une fois de plus que malgré tous nos efforts, la concertation et la construction positive n’est pas l’objectif premier des décideurs.

L’association va donc évidemment mettre en œuvre tous les moyens dont elle dispose pour enrayer cette escalade et continuera à dénoncer le plus largement possible cet acharnement dont la plaisance en Polynésie fait l’objet. »


MISE À JOUR – SEPTEMBRE 2022

« Le verdict concernant le recours contre le PGEM de Moorea, pour la partie plaisance, a été rendu ce mardi 20 septembre 2022.

Pour les plus courageux, voici le document complet émanant du Tribunal administratif de Polynésie française et rendant compte de ses conclusions : Jugement AVP-PGEM Moorea (sept 2022)

Pour les plus pressés, le tribunal a globalement suivi les conclusions du rapporteur publique, en limitant l’annulation du PGEM aux seuls dispositions jugées illégales, à savoir :

  • – l’article 50 II 1° du rapport de présentation, et donc aussi l’annexe 2, « en ce qu’ils localisent les mouillages de longue durée des voiliers dans la baie de Cook sans prévoir un tel mouillage au moyen de corps-mort »,
  • l’article 50 I et les documents graphiques en ce qu’ils ne prévoient pas « la localisation des accès et aménagements à terre à l’attention des plaisanciers pour les mouillages de longue durée ».

Concrètement, à l’heure actuelle :
– au vu des conclusions ci-dessus ;
– au vu d’un courrier du maire de Moorea en date du 28/03/2022 et dont rien n’a évolué depuis

– au vu de l’information fournie par le Pôle Maritime de la Commune de Moorea qui stipule que dans tous les cas, le texte qui reste applicable pour l’instant concernant le stationnement des voiliers est défini par l’arrêté n°1211 AU du 24/08/1983 ;

– au vu apparemment de l’inaptitude du PGEM 2021 à entrer en cohérence avec le projet de la DPAM concernant la mise en place d’une application de réservation des mouillages de Polynésie française, et ce, dès Panama ;

– et au vu de la décision de l’AVP de faire appel de la décision du jugement devant la Cour Administrative de Paris ;

Nous nous permettons donc de penser que le PGEM 2021 n’est toujours pas applicable autour de Moorea.

Un courrier allant dans ce sens et demandant au Maire de Moorea-Maiao et à la directrice de la DPAM qu’il était nécessaire de trouver un équilibre rapidement comme cela a pu être mis en place à Huahine. Le travail effectué par la commune de Huahine et la DPAM prouve qu’il est possible de trouver des aménagements faisant preuve de bon sens. Pourquoi pas à Moorea ? »

Textes : L’Association des Voiliers en Polynésie


Lire aussi ci-dessous le courrier de l’AVP envoyé à la DPAM et au maire de Moorea

Partage