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Faut-il se réjouir de voir, en sortie de Covid, notre Polynésie en fête ou en miettes ? Chaque jour qui passe est l’occasion de s’éblouir dans tous les secteurs de nos îles.

Les Marquises d’après Macron fourbissent  de beaux dossiers qui devraient les hisser au grand mât désiré des élus Unesco ; les Îles Sous-le-Vent peaufinent des batailles interarmes fictives pour des épreuves supposées ; des milliardaires de partout sont ici rassemblés pour que nos îles menacées surnagent, en anglais, aux montées de la mer sur un globe asséché ; chaque archipel célèbre, à grands  coups d’orero et  prières localisées, des éléments de cultures anciennes pour sauver des langues aimées sans que personne ne se demande si le langage du sacré est bien approprié pour apprendre aux enfants comment demander aux parents, aux commerçants, aux voisins, de satisfaire les besoins quotidiens de la vraie vie de chaque jour.

Pour ce qui me concerne, je doute que le : « Je vous salue, Marie pleine de grâce… », cette belle et douce prière, puisse me servir pour acheter des ananas, payer le ticket du bus ou commander le plat du jour. Quand finirons-nous par comprendre que l’apprentissage d’une langue, quelle qu’elle soit, se fait par le biais des saynètes où les couples de questions-réponses permettent d’échanger, d’abord à l’oral, dans toutes les situations de la vie quotidienne : au marché, à la pêche, chez le médecin, au stade… Sommes-nous en fête, en prière ou en miettes ? Toutes choses complémentaires mais qu’on ne peut  confondre.

Matahiapo désolé, j’observe une autre réalité qui nous concerne davantage, me semble-t-il, mais que l’actualité cache sous le tapis. Il paraîtrait qu’en dépit des petits effectifs (15 élèves) dans nos écoles de Tahiti, malgré les progrès supposés des apprentissages du reo tahiti, du reo des Australes et de celui des Tuamotu (qu’un seul inspecteur tahitien anime), en dépit de la forte présence d’autres inspecteurs de différents calibres, experts venus d’autres régions, nos Cours préparatoires et nos Cours élémentaires auraient des résultats de moins 11 points en français et de moins 20 points en mathématiques, comparés aux niveaux de la  Métropole, dont on connaît, par ailleurs, les piètres résultats. À ma connaissance, un seul inspecteur tahitien s’est dit préoccupé de la chose.

Je vous fais le pari qu’on va créer une commission soigneusement aseptisée pour discuter avec un Ministère gestionnaire, peut-être peu pédagogue, un Rectorat discret, une Université censée former ceux du primaire. Et que penser de nos écoles saccagées, la nuit ?

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