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Tous les vendredis, retrouvez « L’essentiel de la semaine (LEDLS) » dans PPM, pour ne retenir que le principal de l’actualité…

Village tahitien : le grand projet réduit finalement « à taille humaine »

C’est une vraie télénovela. Le Village tahitien, ancien Mahana Beach, un projet très ambitieux lancé par Gaston Flosse il y a bientôt dix ans, n’est toujours pas prêt de sortir de terre. En effet, les fiascos se sont enchaînés au fil des appels d’offres. Souvenez-vous : d’abord, en 2018, des investisseurs néo-zélandais et samoans avaient fini par jeter l’éponge, puis, en 2021, la procédure d’appel à manifestation d’intérêts pour les six premiers lots avait été déclarée infructueuse. En cause, des baux administratifs de 35 ans renouvelables une fois sur le domaine public du Pays, qui n’autorisaient pas la sous-location et freinaient les leviers de la défiscalisation…

Finalement, le Pays vient de se résoudre à revoir sa copie. Les six parcelles peuvent désormais être acquises par des baux de 99 ans. Surtout, le projet est revu à la baisse, avec des aménagements « à taille humaine » :

  •  La Zone prioritaire d’aménagement et de développement touristique (ZPADT) passe de 60 à 44 hectares
  • Les remblais diminuent ; 450 000 m3 au lieu de 3 millions de m3
  • Le nombre de clés est sérieusement réduit ; 800 contre 1 300 (et même 3 000 à l’époque du Mahana Beach)

Par ailleurs, les résidents locaux profiteront du site, et plus seulement les touristes, puisque des espaces culturels sont prévus au nord, ainsi qu’une longue plage (parc Vairai) et une place publique, avec des commerces et des restaurants. Une promenade piétonne devrait en outre rejoindre une nouvelle marina construite au sud. Le coût total de l’investissement est estimé à 50 milliards de Fcfp.

Si le projet semble plus raisonnable, quelques dents grinceront de savoir que le Pays a enfin donné un nouveau calendrier : l’attribution des six lots devrait se faire en… janvier 2023. Hasard ou coïncidence, juste avant les élections territoriales d’avril !


« 3e mandat » : le président de l’assemblée de la Polynésie française ne saisira pas le Conseil d’État

Alors qu’Édouard Fritch aurait renoncé à demander un « 3e mandat » au Conseil d’État en perspectives des prochaines élections territoriales, Gaston Tong Sang a taclé le Président en assurant, selon nos confrères de Radio 1, ne pas avoir l’intention non plus de le demander bien que sa qualité de président de l’assemblée de la Polynésie française le lui permette. Pour le maire de Bora Bora, Fritch en a la possibilité, mais « le Tapura tient le coup » malgré la « belle gifle » des législatives. « C’est bien de temps en temps, ça réveille », aurait-il même affirmé !


Aéroport de Tahiti-Faa’a : l’État attribue la concession à Vinci Airports

L’État a désigné ce jour le candidat attributaire de la concession de l’aéroport de Tahiti-Faa’a, à savoir la société Vinci Airports. Cette désignation fait suite à la décision du tribunal administratif de Papeete, confirmée par le Conseil d’État, qui avait jugé irrégulière l’offre de l’attributaire initialement désigné.
Le Pays, actionnaire à 49 % de l’aéroport international de Tahiti Faa’a, « veillera au respect des intérêts de la Polynésie française et notamment de la reprise des personnels actuels de l’aéroport qui fait partie de la convention existante« .
Le Pays entamera en outre, « dès que possible, les réunions de travail avec l’attributaire de la concession afin d’examiner la nature du projet qu’il ambitionne pour notre aéroport et qui engage l’avenir du développement touristique de notre Pays, étant donné que le contrat de concession porte sur une durée de 40 ans« .


La prime d’éloignement des fonctionnaires d’État remise en question

Lana Tetuanui a déposé une proposition de loi visant à supprimer l’indemnité d’éloignement des fonctionnaires d’État affectés en Polynésie française. « Les fonctionnaires affectés au fenua ne voyagent plus en bateau à vapeur mais en avion », considère la sénatrice, dont l’objectif est de « prioriser le retour des fonctionnaires polynésiens au fenua et de favoriser l’emploi local ». Environ 9 000 fonctionnaires seraient concernés dont des Polynésiens… Mais les syndicats ne sont pas du même avis. Après une rencontre organisée ce jour à la Présidence, Force Ouvrière suggère, au contraire, l’extension de cette indemnité aux Polynésiens affectés en Métropole. Ainsi, des propositions d’amendement devraient être formulées. 


Te ta’a ra ia ‘oe ou langage châtié en tahitien

Le ministre de la Culture, de l’Environnement et des Ressources marines, en charge de l’Artisanat, Heremoana Maamaatuaiahutapu, a reçu hier matin, Mesdames Sylvia Richaud des Editions Ta’atira’a parau, Ludmila Chin Meun et Christiane Fourgerousse, co-autrices de Te ta’a ra ia ‘oe leur dernier ouvrage. Après Na tatou tera paru en 2021 qui nous a livré les expressions tahitiennes du quotidien d’hier et d’aujourd’hui, le duo d’autrices nous fait découvrir le champ des moqueries, des insultes et des jurons au travers de chants polynésiens connus et moins connus.

On y trouve de simple formule « Aite hare ! » (ne pas y aller car c’est peine perdue) et insulte, « Tutae ‘uri » (crotte de chien) et ses variantes, des expressions truculentes du genre « Ua ora te pua’a ! » (les bêtes sont libérées) et en final, des extraits de chants d’une trivialité remarquable que vous pouvez découvrir en vous procurant l’ouvrage. Si l’ouvrage s’adresse à un public averti, il convient également à tous les publics passionnés de reo tahiti.


Signature du bail commercial pour l’exploitation des pins des caraïbes avec la SAS SEBM

Le ministre de l’Agriculture et du Foncier, Tearii Te Moana Alpha, et le président de la Société d’Exploitation de Bois Marquisienne, Gérard Siu ont signé, jeudi, le bail formalisant la location de la parcelle domaniale référencée section CV n°6 sise commune de Nuku Hiva, d’une superficie de 53 755 m2. Ce bail d’une durée de 25 ans est consenti aux fins d’implantation d’une scierie. Une convention d’exploitation des peuplements de pins des caraïbes du massif domanial de Toovii entre le Pays et la société a d’ores et déjà été signée le 22 décembre 2021, elle a fait suite à un appel à candidatures paru au JOPF.

Avec plus de 800 ha, le massif de Toovii est le plus important du Pays. Une fois à pleine capacité, la SAS SEBM devrait produire quelque 7 500 m3 de sciages par an pour la filière bois de construction de la Polynésie française, soit environ un quart des besoins annuels de la population et entraînera la création de 25 à 30 emplois à temps plein.

Avec l’exploitation des pins du massif de Toovii par la SAS SEBM, le Pays atteindra son objectif de couverture du marché à hauteur de 50 % en bois de construction d’ici 2025 (contre 10 à 15 % actuellement, et une grande majorité du bois de construction importé des États-Unis et de Nouvelle-Zélande).


Compte-rendu du conseil des ministres

Découvrez en intégralité le compte-rendu du conseil des ministres du 7 septembre ci-dessous :

Le communiqué en reo tahiti :


Fritch reçoit le nouveau Haut-commissaire

Le nouveau Haut-commissaire de la République en Polynésie française, Éric Spitz, a été reçu par Édouard Fritch à la Délégation de la Polynésie française à Paris. Ces deux personnalités se connaissent déjà, depuis l’époque où Eric Spitz était Secrétaire général du Haut-commissariat (lire notre précédent article ici). Les deux hommes ont pu échanger sur les sujets qui revêtent une importance particulière entre l’État et la Polynésie française, et notamment la concession de l’aéroport de Tahiti-Faaa’ (c’est finalement Vinci Airports, gérant d’une quarantaine de plateformes dans le monde, qui a remporté l’appel d’offre), les avancées du dossier nucléaire, celui de nos relations avec les États du Pacifique, du câble Chili-Asie, du Fonds Macron de transition énergétique, et de la solidarité nationale dans le domaine social.

Le Haut-commissaire arrivera à Tahiti, le 23 septembre prochain.


Le futur Pôle sportif de combat de la Punaruu se dessine

La pose de la première pierre du futur Pôle sportif de combat de la Punaruu, situé dans la commune de Punaauia, a eu lieu ce jeudi. La construction de ce premier Pôle sur la côte ouest de l’île de Tahiti permet d’initier un schéma d’équipements sportifs pour le développement des sports de combat à l’échelle de la Polynésie.

L’idée est en effet d’avoir « plusieurs écoles de perfectionnement de sports de combat afin de faire évoluer le niveau des compétiteurs et des compétitions locales pour atteindre l’excellence sportive ». Mais le Pays souhaite également « promouvoir les sports de combat auprès de la jeunesse en difficulté, en leur permettant de pratiquer ces sports, non plus dans la rue, mais au sein d’équipements sportifs adaptés et avec un encadrement de haut niveau. »

L’objectif de cette opération est bien sûr d’offrir un lieu approprié pour l’épanouissement de la jeunesse polynésienne, mais aussi des moins jeunes, qui souhaitent s’initier ou se perfectionner dans les sports de combat, tout en respectant les valeurs du sport, et d’accueillir les scolaires.

Sur le plan financier, l’ouvrage représente un coût total de 700 millions de Fcfp, l’État et le Pays participant respectivement à hauteur de 300 millions de Fcfp et de 400 millions de Fcfp. La construction de cet ouvrage permet également de s’inscrire dans les axes stratégiques présentés par le ministère de la Jeunesse et de la Prévention contre la délinquance, en charge des Sports, et du projet « ambition 2027 », porté par le COPF dans la perspective des Jeux du Pacifique.

Les travaux débuteront en début d’année 2023 pour une fin prévue au mois de juin 2024.


Féminicide à Bora Bora : l’hommage à Linda

Le Vice-président, Jean-Christophe Bouissou, a prononcé une allocution vendredi dernier, place Paofai, à l’occasion de la cérémonie organisée par le Conseil des femmes en hommage à Linda, victime d’un féminicide. Dans son discours, Bouissou a souhaité, dans ces moments douloureux, apporter le témoignage et l’engagement de l’ensemble du gouvernement : « Je ne peux, ici devant cette assemblée, taire cette honte et ce dégoût collectif que je ressens tout d’abord comme homme, et que je veux éradiquer en tant que responsable politique. »

Et de rappeler : « Ne restons pas aveugles aux souffrances et muets face aux violences. Aujourd’hui, c’est une priorité que s’est donnée le gouvernement, dans le sillage de l’engagement national dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Vous connaissez l’engagement du Président pour cette cause qu’est la lutte des violences faites aux femmes. »


Colloque de linguistique océanienne

L’Université de la Polynésie française accueille cette semaine les participants au 12e colloque de linguistique océanienne (12th Conference on Oceanic Linguistics, d’où l’acronyme COOL12). Les représentants des trois académies de langues polynésiennes, Fare vāna’a, Te PūTuhuka eō ‘enāna, Karuru vanaga, étaient également présents.

COO12 réunit du 5 au 9 septembre des spécialistes issus de toutes les branches de la linguistique qui ont pour terrain d’études et de travaux l’Océanie. Le ministre de la Culture a salué les scientifiques et les organisateurs. Il a tenu à rappeler que « les langues océaniennes de tradition orale et les communautés de locuteurs ont survécu à bien des épreuves ».

« Pour assurer leur survie, il a fallu s’adapter depuis le XIXe siècle, faire une révolution en s’appropriant l’écriture d’abord et l’imprimerie ensuite. Aujourd’hui, elles doivent encore s’ajuster au numérique. Aujourd’hui, ce sont les menaces climatiques pesant sur la survie du monde océanique qui repositionnent les langues et les pratiques culturelles. »

Le ministre s’est ainsi réjoui de voir surgir la thématique des « langues océaniennes et connaissance sur les écosystèmes insulaires » pour une table ronde.

Avec communiqués

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