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Le premier tour des législatives, qui a eu lieu dimanche en Métropole, met Mélenchon et Macron au coude-à-coude. Si les résultats diffusés par le ministère de l’Intérieur donnent un léger avantage au parti de la majorité présidentielle, Ensemble ! (25,75 %), devant Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale, 25,66 %), les calculs publiés par Le Monde aboutissent à un ordre inverse, en raison de sa « politique de réétiquetage des candidats ». Quelles sont les raisons de ces divergences ?

La semaine dernière, les citoyens polynésiens ont décidé de mettre en duel le Tapura et le Tavini au second tour des élections législatives (lire notre article ici). Dimanche, la Métropole a voté également pour un affrontement entre le parti de la majorité présidentielle et l’alliance de gauche, deux forces politiques désormais au coude-à-coude.

Jean-Luc Mélenchon se veut « assez confiant » à l’issue du premier tour des législatives. « Matignon ne s’éloigne pas, Matignon se rapproche », a déclaré le patron de la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (Nupes), avant de dénoncer au JT de 20 heures sur France 2 la « bidouille » du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. « Il essaye de tripoter les chiffres », a ainsi affirmé le chef de file de l’alliance de gauche. « Tout ça est fait pour masquer la lourde défaite du parti macroniste ».

En effet, les résultats diffusés par Le Monde diffèrent sensiblement de ceux publiés par le ministère de l’Intérieur. Selon les calculs de nos confrères, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) arrive très légèrement en tête avec 26,10 %, contre 25,81 % pour Ensemble !, alors que le site du ministère de l’Intérieur donne « la coalition gouvernementale juste devant avec 25,75 %, contre 25,66 % à la Nupes ». La différence des chiffres tient à « l’étiquetage des partis et coalitions » qui ont été retenus pour les candidats, qui peut varier de celui du ministère et a été réalisé manuellement par Le Monde.

Les explications du Monde

« Initialement, en diffusant la liste officielle des candidats aux législatives, le 23 mai, le ministère de l’Intérieur avait fait le choix de ne pas considérer la nuance Nupes, mais seulement les partis d’origine des candidats de cette nouvelle alliance (La France insoumise, Parti socialiste, Europe Écologie-Les Verts, Parti communiste, etc…). Les candidats EELV avaient aussi été regroupés dans une large et unique nuance « écologistes » avec les représentants de CAP 21, des Nouveaux Démocrates ou du Parti animaliste, qui ont des identités et des programmes politiques très distincts.

Le Monde, estimant que les choix effectués par la Place Beauvau étaient problématiques, pour permettre une lisibilité des enjeux politiques de ces élections, a alors procédé à sa propre classification. Un travail qui avait déjà été entamé à partir des investitures communiquées par certains des partis et coalitions, et qui a été affiné grâce aux connaissances locales de nos correspondants en région, pour aboutir à une base de 6 290 candidatures mise à jour et diffusée en open data.

Finalement, à quelques jours du scrutin, le 7 juin, le Conseil d’Etat a enjoint au ministère de l’intérieur de « comptabiliser la Nupes comme une nuance politique unique dans la présentation des résultats qui sera faite » lors des deux tours des législatives. Le ministère a dû procéder dans l’urgence au réétiquetage des candidats. »

Des différences d’appréciation dans l’Outre-mer

« Mais des différences demeurent entre la base du Monde et le nouveau nuancier publié par le ministère le 9 juin, notamment dans une partie de l’outre-mer. En effet, l’accord officiel de la Nupes ne portait pas sur ces circonscriptions. Toutefois, dans plusieurs d’entre elles, en particulier à La Réunion, Mayotte ou en Polynésie, les partis de gauche se sont organisés pour présenter un candidat unique, comme dans l’accord métropolitain. Le Monde a donc décidé de les intégrer dans l’ensemble Nupes lors du décompte des résultats, afin de donner à voir les rapports de force potentiels dans la future Assemblée nationale. Et ce compte tenu du fait que ces derniers, s’ils étaient élus, siègeraient dans le même ensemble que La France insoumise, le Parti socialiste, Europe Écologie-Les Verts et le Parti communiste français.

Le Monde décompte ainsi 14 candidats Nupes de plus que le ministère de l’intérieur. Mais c’est vrai aussi dans l’autre camp : dans six circonscriptions, nous avons attribué la nuance Ensemble ! à des candidats que le bureau des élections du ministère catégorise « divers droite » ou « divers centre ». Notre dernière mise à jour, réalisée lundi 13 juin au matin, nous a aussi permis de rectifier deux erreurs concernant des candidates LRM qui n’avaient pas été intégrées chez Ensemble !. »

Deux forces politiques quasiment à égalité

« Au total, ce sont ces légères différences (une vingtaine sur près de 6 290 candidats) qui modifient la somme des voix attribuées à chaque camp et l’affichage, en tête, de l’alliance de gauche dans notre page de résultats.

Selon notre décompte, que nous estimons plus précis que celui du ministère, la Nupes devance très légèrement Ensemble ! sur l’ensemble des suffrages nationaux, de 66 000 voix environ, alors que le ministère voit un écart de 21 000 voix dans l’autre sens. Des écarts dérisoires, alors que chacun des camps a totalisé plus de 5,8 millions de suffrages.

Mais la réalité est surtout symbolique. Les deux camps sont dans un mouchoir de poche, avec la classification du ministère ou avec la nôtre. La vraie information pourrait donc se résumer ainsi : La Nupes et Ensemble ! ont fait jeu égal en nombre de voix à travers le pays. »

Source : Le Monde

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