Le but de la dissolution était la clarification. Qu’en est-il aux niveaux national et territorial ?
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’un tiers des Français espère qu’un parti qui n’a jamais gouverné (si on excepte la France du Maréchal) leur apportera ce que les autres gouvernements n’ont pas pu (ou pas voulu) leur accorder. Ce tiers-là n’a pas retenu grand-chose des leçons d’Histoire des enseignants et encore moins des notions d’économie (comme si aujourd’hui un pays replié sur lui-même pouvait garantir la prospérité). Le slogan « on est chez nous » pourrait devenir dans quelque temps la devise de la ville d’Armentières (chère à Line Renaud et à Dany Boon) : « pauvre, mais fier ». Ne laissons pas croire que le programme du RN pourrait apporter autre chose que l’affaiblissement durable du pays.
Le système électoral (encore lui) pourrait faire que dimanche prochain, un tiers des électeurs imposent leur loi aux deux tiers qui ne veulent pas du premier… Mais est-il possible que tous les Républicains s’entendent pour préserver la France telle qu’on la connaît, avec ses qualités et ses défauts mais une terre de liberté ? Il est vrai que parmi les deux tiers dont je parle, un grand nombre n’a cessé de faire du « France bashing », ce qui rend quelque peu aléatoire la défense de cette terre de liberté.
Le Tavini, victime de ses divisions
Au Fenua, une petite clarification s’est faite jour. Le Tavini est victime de ses divisions, de sa mauvaise préparation à gouverner et de maladresses insignes (qui tournent à la farce) comme les relations avec le groupe de Bakou. Surtout, les députés (à dessein je n’écris pas députée) ont mal interprété le sens de leur victoire et ont cru qu’ils avaient pour mission de préparer l’indépendance du pays. Le député Le Gayic n’a eu de cesse d’utiliser un langage tout droit sorti des années soixante. On peut être jeune et ne pas évaluer ce que le monde est devenu…

Pour autant, le second tour peut permettre au Tavini de « sauver » ses deux députés en ballottage. Si on se réfère aux élections de 2022, la participation électorale passa dans la deuxième circonscription de 39 à 51 %. Si cela se reproduisait, sur qui se porteraient les voix nouvelles ? Un même raisonnement est valable dans la troisième circonscription.
Si clarification il y a, ce serait dans le positionnement de nos futurs députés à l’Assemblée nationale. Côté autonomiste, il a été martelé qu’ils n’iraient pas rejoindre le RN. Nicole Sanquer l’a promis avec force. On aimerait entendre la même chose de la part de Pascale Haiti-Flosse. Quant au Tavini, il a éprouvé le besoin de dire son attachement au Nouveau Front populaire… une façon de se souvenir que l’électorat popa’ā peut être sensible à cet argument, lequel électorat avait permis la victoire du Taui en 2004 ! Souvenirs, souvenirs !
Sur le plan local, la clarification interviendra donc au soir du second tour. On saura si le désaveu du parti au pouvoir se confirme ou s’il est capable de mobiliser encore ses partisans (et de faire oublier ses divisions).
