Avant de créer son célèbre mensuel « Tahiti Pacifique Magazine » (1991) dont il resta directeur de la publication jusqu’à son décès en mars 2017 – même après qu’il l’eut vendu en 2015 à Albert Moux – Alex W. du Prel, qui écrivait en trois langues et en parlait six, rédigea en français deux recueils de nouvelles très savoureuses, qui traitent tous deux de la Polynésie : « Paradis en folie » et « Le Bleu qui fait mal aux yeux ». Ses livres furent traduits en anglais, en allemand et même en japonais.
À travers ces deux œuvres, s’expriment la vision qu’avait ce grand connaisseur des îles polynésiennes, qu’il parcourut pendant des années en bateau et où il vécut, et la défense de cette civilisation qu’il aimait tant face au véritable « rouleau compresseur » que fut l’arrivée du CEP et donc de la société de consommation dont par ailleurs il fait le procès. Ces textes sont assez anciens mais certains sont prophétiques, surtout en ce qui concerne l’écologie, et s’y exprime avec une grande profondeur et un humour décoiffant son talent de conteur. Citons le jugement de Louise Peltzer sur ces écrits : « C’est tellement vrai que ça ne s’invente pas… du Prel est l’un des rares auteurs à avoir compris l’âme polynésienne… ».

Après avoir évoqué dans le premier article Le Paradis en folie (dernière édition, éditions de Tahiti, 2002), nous présenterons Le Bleu qui fait mal aux yeux (dernière édition, éditions Au Vent des îles, 1999). Cela peut paraître peu cohérent mai il y avait eu plusieurs éditions de chaque livre avant la dernière et il était difficile de faire un choix dans l’ordre. Nous avons donc présenté d’abord le livre qui comporte le moins de nouvelles mais des nouvelles plus longues et plus didactiques, réservant pour le deuxième article le recueil plus « léger », plus drôle, Le Bleu qui fait mal aux yeux.
I/ Une rapide présentation de l’auteur (rappel du premier article)
Né en 1944 d’un papa américain et d’une maman allemande, Alex W. du Prel, citoyen américain, fit ses études en France, en Allemagne en Espagne et aux USA au gré des postes de son père. Il devint citoyen français en 1993.
Ingénieur de génie civil aux Caraïbes puis en Amérique latine pour des chantiers pétrochimiques, il devint en 1971 ingénieur responsable des hôtels de la chaîne Rockfeller aux Antilles puis en 1973 à Hawaii et il effectua en solitaire la traversée de l’océan Pacifique sur un yacht de 12 mètres qu’il avait lui-même construit. Ce voyage dura deux mois et demi et, durant ce temps, il évolua et décida de changer de vie. Il abandonna donc sa carrière et durant deux ans visita les atolls du centre et de l’est du Pacifique en s’arrêtant plusieurs mois dans des îles presque inhabitées. Il fut totalement séduit par la mentalité polynésienne préservée de ces lieux et devint un défenseur de la civilisation polynésienne menacée par la « modernité ».
Il exerça divers métiers correspondant à sa polyvalence : de soudeur à professeur de langues en passant par cuisinier, etc. C’était un bricoleur de génie capable de réhabiliter des voitures datant de la dernière guerre et de réparer (comme certains de ses personnages de nouvelles) n’importe quel appareil en panne.
Entre 1975 et 1982, il créa à Bora Bora un petit hôtel Le Yacht Club qui devint un lieu de référence pour les grands navigateurs.
En 1982, il épousa une Polynésienne habitante de Moorea, Célia, dont il eut une fille, Poema, et s’y installa après avoir vendu son hôtel. D’abord, durant deux ans, il fut journaliste pour le journal Les Nouvelles de Tahiti puis exerça divers métiers, durant deux ans s’occupa, pour le compte de son ami Marlon Brando, de l’île de Tetiaroa puis, en 1991 fonda le seul mensuel d’information de Polynésie : Tahiti Pacifique magazine, qui devint très vite une sorte de Canard enchaîné local, s’opposant vigoureusement au pouvoir en place durant les années Flosse, puis gardant toute son indépendance de parole après, tout en restant un journal polyvalent culturel, économique, etc. qui fit l’admiration des plus grands journaux français.

Son bureau, juste à côté de sa maison, était tapissé des couvertures des numéros sortis durant des années et il travaillait presque seul sur son ordinateur, avec un relecteur et surtout de multiples personnes bénévoles (officielles ou officieuses) qui lui fournissaient articles et révélations, pour certaines au grand dam des puissants ! Il affronta de nombreux procès sans jamais se décourager. Il écrivit parfois encore des nouvelles dans son mensuel en plus de ses articles.
Il nous quitta malheureusement en 2017 avec son élégance habituelle : seule sa famille était au courant de la gravité de ses problèmes de santé.
Son journal, qui paraissait à partir de 2016 en quinzaine lui survécut jusqu’en 2021 puis cessa de paraître.
Dès mars 2022, Dominique Schmitt, rédacteur en chef de Tahiti Pacifique, créa un webzine Pacific Pirates Média avec les mêmes orientations et presque la même équipe que Tahiti Pacifique. Ce journal, mensuel d’information libre, est devenu gratuit à partir du 1er juillet 2025. L’esprit d’Alex W. du Prel continue à être sa référence.
II) Le Bleu qui fait mal aux yeux (éditions Au Vent des îles, 1999)
Ce recueil comporte douze nouvelles, toutes assez courtes, onze se passent en Polynésie française et une seule en Polynésie anglophone. Elles présentent, comme celles de son autre recueil, divers aspects de la Polynésie et caractéristiques de ses habitants et certaines ont une portée didactique mais de façon moins prononcée. La femme polynésienne y apparaît de façon toujours très importante mais plus variée. Les méfaits de « l’importation » des mentalités étrangères y sont encore dénoncés et certains récits mettent en scène des personnages pittoresques. Mais la nouvelle finale retiendra d’abord notre attention pour une partie de son contenu.
L’évocation d’un atoll merveilleux
Le Bleu qui fait mal aux yeux, la dernière nouvelle du recueil (pages 141 à 162), est en partie une déclaration d’amour à l’atoll Tetuara (dans lequel on reconnaît le très fameux atoll de Tetiaroa qui appartenait à Marlon Brando, grand ami d’Alex W. du Prel) dont l’auteur-narrateur s’occupa durant toute une période mais qu’il dut quitter pour les raisons personnelles (la scolarité de sa fille) mais aussi médicales (d’où le titre de la nouvelle). Au début de la nouvelle, le narrateur explique de façon détaillée et passionnante comment se forme un atoll puis décrit la façon dont Mike Benton l’a aménagé, de façon à la fois écologique et ravissante, pour y accueillir quelques visiteurs qui logent dans des bungalows locaux peu nombreux et peuvent visiter l’île sans déranger les oiseaux qui sont les maîtres des lieux. Les descriptions de l’atoll sont magnifiques. Mais le narrateur au bout d’un an doit donc quitter cet atoll sublime et quand il y revient quelques temps après c’est pour comprendre pourquoi le petit hôtel de vingt bungalows fonctionne mal avec un nouveau directeur.
Les dysfonctionnements qu’introduit « la modernité » dans la société polynésienne
La première et la dernière nouvelle du recueil ainsi que deux courtes nouvelles montrent comment l’introduction des normes occidentales bouleversent l’équilibre d’une société qui fonctionne selon ses codes.
Dans la nouvelle Teiki (pages 7 à 24), le personnage éponyme, un plongeur paumotu, Teiki, se voit interdire de faire plonger les clients du petit hôtel de Mark, malgré tous les efforts de son patron, qui essaye de contourner les contraintes administratives mais n’y parvient pas : Teiki n’a pas de diplôme de moniteur de plongée. Il connaît son lagon depuis son enfance, sait vivre en harmonie avec les requins et emmène ses clients ravis faire de merveilleuses rencontres avec ces « monstres marins » mais Mark doit payer une amende pour infraction à la loi. Il se trouve obligé d’embaucher un Français détenteur du fameux sésame, qui ne connaît rien de la Polynésie, de ses lagons et encore moins des requins. Teiki, qui ne veut pas travailler sous les ordres de Mark, devient jardinier et un jour le drame arrive : Jacques, le nouveau moniteur veut emmener les touristes voir les requins (ce que Mark lui avait interdit) et l’accident a lieu…Tout s’arrange car les papiers sont en règle mais Teiki rit chaque fois qu’il passe devant Mark et ne révélera la cause de son rire qu’au narrateur !
Dans la suite du Bleu qui fait mal aux yeux, le narrateur découvre qu’un couple de Français, embauché par la société d’experts-comptables à la laquelle Mike a confié la gestion de son île, a tout bouleversé car l’épouse du directeur, qui s’est fait nommer secrétaire, a voulu changer radicalement toutes les habitudes, se comportant en « patronne » et non de façon amicale comme le faisait le narrateur quand il dirigeait l’affaire. Les employés sont passés de 15 (polyvalents) à 52. Des rapports écrits étaient rédigés sur les travailleurs, les serveuses ne devaient plus tutoyer les clients, seulement 12 bungalows sur 20 furent loués aux touristes car il fallait loger tout ce monde, etc, etc. « Heureusement », un petit cyclone fit partir ces gestionnaires calamiteux et détruisit une partie des bungalows et lorsque le narrateur fit le bilan de tout cela il s’aperçut, qu’en plus, en un an, un déficit très important s’était creusé. Mike vint inspecter les dégâts et il prit la chose avec ironie. Beaucoup de choses étaient à reconstruire mais l’île était débarrassée de ses mauvais gestionnaires.
La courte nouvelle La Honte du Vieux (pages 75 à 77) met en scène un vieil homme conscient d’avoir gaspillé toutes les richesses du lagon en abandonnant la pratique du rahui (régulation des périodes de pêche selon les moments ou les espèces) et d’avoir fait de la surpêche, cédant au désir de se procurer tous les biens de la société de consommation du réfrigérateur au bateau à moteur et à la voiture. Il a honte car il a dépossédé les générations à venir. (Ce texte fut donné comme support à des questions de DNB il y a quelques années)
On peut citer aussi Métal profond (pages 97 à 100) qui montre des scientifiques qui jouent aux apprentis sorciers afin de récupérer, grâce à leurs prouesses techniques des métaux rares censés être enfouis dans les profondeurs de l’océan depuis des millions d’années.
L’évocation de personnages hors du commun
De même que dans Le Paradis en folie l’auteur présentait un « homme nature » (dans L’Ermite de Tahiti) il évoque le curieux personnage d’Un sujet de Sa Majesté (pages 63 à 73), l’Anglais Alistair, qui a si bien cultivé l’accent d’Oxford qu’on le prend pour un personnage important alors qu’il vit dans la presque misère avec sa femme polynésienne et ses enfants.
Il raconte également l’histoire de Christine, une infirmière tellement éprise du chanteur Jacques Brel (qu’elle n’a jamais connu personnellement) que pour faire le deuil de sa mort, elle se rend aux Marquises sur sa tombe et, là, rencontre une autre vie et le bonheur : Les Marquises ça se mérite (pages 35 à 45). La nouvelle est aussi l’occasion de présenter au lecteur l’extraordinaire bateau L’Aranui qui relie Papeete aux six îles habitées des Marquises en passant par les Tuamotu pour livrer des marchandises mais permet aussi à un assez petit nombre (à l’époque de la rédaction de la nouvelle) de touristes de découvrir ces îles dans une ambiance de grande convivialité et d’immersion dans la culture polynésienne.
Le personnage de Francesco dans la nouvelle éponyme (pages 25 à 33) met en scène un Italien don juan qui parcourt le Pacifique dans le but de séduire les femmes les plus riches et distinguées possibles, exerçant ses talents de séducteur sans avoir à affronter ses compatriotes et qui découvre le charme de la simplicité en amour grâce à une serveuse polynésienne de Rangiroa.
Les caractéristiques des Polynésiens, les mœurs
Chaque nouvelle, à travers ses personnages permet de découvrir un ou plusieurs aspects des mœurs des Polynésiens authentiques : la gentillesse, la gaieté, la fierté, l’absence de « ségrégation sociale », la polyvalence. Mais deux nouvelles évoquent des sujets particuliers, en plus de façon très amusante.
Le Fantôme du Palace Hôtel (pages 47 à 62) raconte l’histoire d’un fantôme qui hante un hôtel dont la construction l’a dérangé dans son sommeil éternel en détruisant son marae et rappelle à quel point les Polynésiens croient aux revenants (tupapau) au point de laisser toujours une petite lumière éclairée dans leur maison la nuit pour éviter une visite perturbante. La nuit personne n’accepte de se rendre à l’étage où le fantôme peut se manifester et une gouvernante suisse incrédule très rationnelle, qui s’y rend la nuit malgré les avertissements, en fait les frais.
C’est le directeur de l’hôtel qui a détruit lui-même le marae car aucun employé ne voulait le faire et le frntôme va faire des siennes au point que le directeur sera obligé de faire appel à un tahua (ici un désenvoûteur car tahua ne signifie pas sorcier mais spécialiste). C’est l’occasion d’offrir au lecteur la description d’une marche sur le feu (cérémonie de purification pour apaiser le fantôme). Le directeur se trouve moralement obligé d’y participer et récolte quelques brûlures aux pieds car il n’a pas assez cru au fantôme. Et quand il veut s’en prendre au tahua le fantôme se remanifeste ! La nouvelle, pleine d’humour, est très drôle et pittoresque.
Une Perle rare (pages 79 à 95), la seule nouvelle qui se passe en Polynésie anglophone, dans un petit atoll isolé, assez loin de Rarotonga, montre l’esprit de partage et le sens de la collectivité de la population et en même temps le mode de vie dans ces atolls éloignés de tout. L’attraction principale est la venue du commerçant coréen qui apportant des denrées introuvables sur l’île mais se fait payer très cher en nacres et en perles qui ont bien plus de valeur que ses denrées ou les gadgets qu’il propose. Or une jour un habitant va lui vendre « une perle rare » et récupérer énormément de marchandises. Tout sera dévoré par la collectivité dans une grande fête et lorsque le marchand revient dans l’île car il se rend compte que pour une fois c’est lui qui a été dupé, il ne reste plus rien !
Les femmes : des évocations diverses
Comme dans Le Paradis en folie, les femmes sont à l’honneur dans ce recueil : leur beauté, leur gentillesse, leur simplicité dans les rapports humains sont présentes mais on découvre divers visages de la femme polynésienne et les femmes françaises ou d’autres nationalités sont aussi évoquées.
Lalia, la jeune serveuse, qui fait découvrir la implicité en amour à Francesco, dans la nouvelle éponyme, ressemble par bien des aspects à Marcelline d’Une compagne tropicale du recueil, Le Paradis en folie. Elle est belle, spontanée, chaleureuse et généreuse.
Par contre on découvre dans Le Bleu qui fait mal aux yeux bien d’autres visages de la femme polynésienne non évoqués dans Le Paradis en folie.
Madame Dorita, l’héroïne de La Malle de l’espoir (pages 101 à 116) démontre la capacité à un amour profond et total de la femme polynésienne, complétement à l’inverse des préjugés coloniaux qui la décrivent comme futile, légère, en fait incapable d’amour vrai. Elle attend pendant 35 ans son premier amour, un GI de Bora Bora qui l’a quittée enceinte de 6 mois en lui promettant de revenir. Certes elle a un nouveau compagnon dont elle a deux autres enfants mais sous conditions qu’elle reviendra avec Mike lorsqu’il tiendra sa promesse. Et toutes les semaines elle astique la malle et les outils que ce dernier a laissés chez elle en partant, comme elle le lui a promis. Le narrateur, intrigué par cet amour hors du commun retrouve Mike qu’il interviewe sous prétexte de faire un article sur les GI à Bora Bora. Ce Texan s’est marié depuis aux États-Unis, dans son pays natal. Et, en fait, le lecteur s’aperçoit que, pour lui, Dorita n’était qu’une amourette et il tient même au narrateur des propos racistes : « […] il faut comprendre que même pour nous les blancs su Sud, il nous arrive parfois d’être attirés par des femmes indigènes. Surtout lorsqu’il n’y a rien d’autre sous la main…Vous me comprenez, non ? »
Il me fit un clin d’œil en riant.
Ces propos montrent l’océan de différence de profondeur des sentiments qui existaient entre Dorita et Mike. Ce dernier apparaît comme « minable » alors qu’il ne semble pas un méchant homme par ailleurs.
Une note clôt la nouvelle après cette chute « édifiante » et indique que 132 enfants furent engendrés par des GI avec des jeunes femmes de Bora Bora et qu’un seul vint rechercher sa compagne pour l’épouser !
La nouvelle est aussi l’occasion de parler de Bora Bora durant la présence américaine, qui dura quatre ans (1942-1946) et de la jalousie des gens de Tahiti qui n’avaient pas bénéficié de tout ce qu’avaient apporté matériellement les Américains. On apprend qu’ils sont venus, après leur départ tout prendre ou tout casser.
A contrario la nouvelle Douce Vahine, douce vengeance (pages 117 à 127), dont le titre est une antiphrase, met en scène une femme profondément croyante qui a supporté pendant des années les violences et les humiliations de son mari popa’a alcoolique mais se venge avec une extrême violence de tous ses sévices lorsque sa maladie finale le met sous sa dépendance.
La vraie classe ou Tropical High Society (pages 129 à 139), elle, a pour héroïne une très belle Polynésienne « demie », qui apprend, lors d’un séjour en Grande Bretagne dans sa famille paternelle, toutes les bonnes manières et les raffinements de la grande bourgeoisie et décide de les reproduire chez elle. Elle choisit donc un mari riche et crée un intérieur d’une exceptionnelle beauté au fil des années, que ce soit en ce qui concerne les meubles, la décoration, la vaisselle etc. Elle fait preuve du goût inné de nombreux Polynésiens pour l’embellissement des lieux mais ce n’est pas ce trait de son caractère qui est le plus étonnant mais sa capacité (et celle de sa sœur) à passer de la conversation un peu tendue à une forte colère dévastatrice. Et, par contre, le narrateur décrit le sang-froid, « la classe » avec laquelle elle reprend ses esprits dans son séjour dévasté par sa soeur et invite ses invités (dont le narrateur) à passer boire le café sur la terrasse qui a échappé au désastre.
On voit que ces portraits apportent beaucoup de nuances à la vision que l’on peut avoir de la vahine, tellement éloignée, dans ces nouvelles, des stéréotypes.
Enfin le recueil offre deux images différentes des femmes popa’a.
Christine (Les Marquises ça se mérite), comme Dorita, est capable d’un amour absolu (qui frise la folie chez elle) et elle est très sympathique.
Par contre, les grandes bourgeoises sophistiquées sont présentées avec humour et ironie dans Francesco. Et les féministes françaises (en tout cas celles qui sont excessives et veulent tout diriger) sont caricaturées dans la lettre du narrateur à Mike dans Le Bleu qui fait mal aux yeux et par l’intermédiaire du personnage de l’épouse du Directeur, petite cheffe tyrannique et stupide qui mène son mari par le bout du nez et maltraite les travailleurs polynésiens qu’elle ne comprend absolument pas.
Ce recueil est complémentaire du Paradis en folie. Il est moins didactique, plus léger (certaines nouvelles sont très drôles), mais l’auteur garde son esprit critique, son ironie, son humour qui nous permettent de découvrir dans ses écrits la Polynésie traditionnelle et ses habitants mais aussi mettent en lumière et désamorcent les préjugés, hélas trop fréquents, qui continuaient et continuent à exister. Un vrai plaisir de lire ces textes tellement « vrais » même si ce sont des fictions.

