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Alors que la jeune représentante du Tavini à l’assemblée de la Polynésie française (APF) souhaitait assainir la vie politique en limitant le nombre de mandats des élus, sa proposition de résolution a été très mal accueillie le 3 novembre dernier au sein de son propre parti, et le vote du texte a été reporté… Découvrez le projet détaillé de Hinamoeura Morgant-Cross et l’exposé de ses motifs.

Militante engagée depuis de nombreuses années dans le combat contre le nucléaire, l’élue Tavini se heurte aujourd’hui au conservatisme des représentants de son parti. Hinamoeura Morgant-Cross a eu en effet le courage de vouloir défendre un renouvellement des hommes et des femmes politiques, mais celle qui est aussi la présidente de la commission des institutions, des affaires internationales et européennes et des relations avec les communes ne s’attendait pas à une levée des boucliers dans son propre camp !

Pourtant, sa proposition de résolution est audacieuse et, surtout, elle rejoint les valeurs défendues (soi-disant) par le Tavini avant les élections territoriales. Concrètement, son projet de texte « a pour vocation de moderniser, dynamiser et assainir notre vie politique en prévoyant de limiter le nombre de mandats exercés par les représentants de l’assemblée de la Polynésie française, à deux mandats maximums. Ainsi, un représentant ne pourra être élu que deux fois au cours de sa vie politique, qu’il ait pu accomplir chaque mandat jusqu’au terme de ses cinq années ou non ».

Éviter les abus ou les dérives politiques

L’objectif est ainsi clair : éviter les abus ou les dérives politiques.Contre toute attente, cette initiative a profondément déplu à de nombreux membres du parti bleu ciel, le président de l’APF Antony Géros en tête, qui lui reprochent de ne pas avoir été concertés avant de lancer les débats dans l’hémicycle. Ce tollé du Tavini est d’autant plus incompréhensible que l’actuel président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, avait déclaré le 27 juin 2018 devant l’Assemblée nationale, alors qu’il était député indépendantiste : « Un lagon sans passe est, à l’instar d’une classe politique éternelle, un écosystème qui finit par s’étouffer, faute de renouvellement ».

Désormais, le vote du texte est reporté… Affaire à suivre, mais les dissensions internes qui secouent de plus en plus le Tavini ne sont pas de bon augure pour la suite. Force est de constater que, quelle que soit la couleur des formations politiques, il est bien difficile à nos représentants de renoncer au pouvoir (et à l’argent) et de laisser son siège à un autre !

Lire ci-dessous le projet de rapport :

Lire ci-dessous l’exposé des motifs :

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Nucléaire : la jeune élue recevra prochainement un prix

Atteinte d’une leucémie depuis 2013, la militante polynésienne contre le nucléaire recevra, le 28 novembre prochain, le prix 2023 Nuclear Free Future Award. La cérémonie aura lieu pendant la semaine de discussions sur le Traité d’abolition des armes nucléaires qui se dérouleront au siège des Nations Unies. Trois autres militants anti-nucléaires se verront également remettre cette distinction.

Par ailleurs, la Polynésienne de 35 ans a été invitée par la députée Arbelot-Reid à participer le 25 octobre prochain, à l’Assemblée Nationale, au débat qui suivra la projection du film de Suliane Favennec, Les oubliés de l’atome.

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1 réflexion au sujet de « Limiter les mandats à l’assemblée de la Polynésie : la proposition de résolution de Hinamoeura Cross crée un tollé au sein du Tavini »

  1. oui en effet, quelle que soit la couleur politique, l’attrait du pouvoir et de l’argent entache fortement la sincérité des élus. Maintenant, il faudrait bien être naïf de croire encore en de tels propos. En l’occurrence, notre jeune représentante et militante a la « foi » (conviction politique), laissons lui ce crédit en espérant qu’elle ne sera pas happée à son tour par les sirènes du pouvoir et de l’argent et ne s’envole dans les limbes de la démagogie.

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